Dix propositions pour relancer le Made in France

 

Soutien à l’innovation des PME/PMI, nouvelle fiscalité des entreprises, coopération renforcée avec les grands groupes et mise en place de critères sociaux et environnementaux dans les appels d’offres… Tour d’horizon des priorités défendues par Entrepreneurs d’Avenir pour relancer la compétitivité française… dans la perspective des présidentielles.

Par Anne Bariet pour LEntreprise.com, publié le 

 

1. Le soutien à l’innovation

Si le crédit d’impôt recherche (CIR), réformé en 2008, peut être perçu comme un point positif du quinquennat de Nicolas Sarkozy, des améliorations restent à faire. Car le  » CIR a surtout bénéficié aux grands groupes déjà suffisamment structurés pour capter des financements, y compris européens  » Pour redistribuer les cartes de manière plus équitables, Entrepreneurs d’Avenir propose donc qu’il bénéficie en priorité aux PME, PMI et ETI (entreprise de taille intermédiaire) et qu’il  » soit dégressif selon la taille de l’entreprise « . En outre, son périmètre devrait être élargi :  » l’aide à l’innovation doit aussi recouvrir l’amorçage, le développement, la mise sur le marché, l’usage et le progrès social et environnemental « .

Appel pour un « Made in France » d’avenir

2. La revalorisation des métiers industriels

Pour l’association, les métiers industriels souffrent d’un déficit de notoriété auprès des jeunes. Avec le risque, pour les employeurs, d’être confrontés à une  » paupérisation des compétences « , à la fois d’ingénieurs et d’ouvriers qualifiés. D’où la nécessité de rendre ces métiers plus attractifs en renforçant notamment les partenariats entre entreprises et Education nationale et en créant un nouveau contrat d’apprentissage « du collège à l’enseignement supérieur « . Autrement dit, qui multiplierait les périodes d’immersion en entreprise tout au long de la scolarité. Ce mode de formation est plébiscité par les employeurs, l’apprentissage permettant d' » identifier les talents  » et de mieux  » sécuriser les recrutements « .

3. La coopération entre grands groupes et PMI

Cette approche est jugée indispensable pour conquérir les marchés internationaux.  » C’est d’ailleurs l’une des dimensions qui explique le succès de l’Allemagne « . Outre l’export, cette collaboration peut s’exercer en matière de recherche & développement ou de présence dans les salons internationaux.

4. Obliger l’Etat à prendre en compte la production française dans ses appels d’offres

Si la commande publique est encadrée par des normes européennes, basées sur le  » mieux-disant financier « , elle  » ne valorise en aucun cas la production française « . Pour inverser la tendance, Entrepreneurs d’Avenir recommande  » d’introduire des clauses de production locale », comportant des critères sociaux et environnementaux afin de mieux informer les donneurs d’ordre de l’origine des produits.

5. Mettre en place une gouvernance territoriale

Le soutien des PME/PMI doit être repensé au niveau territorial, meilleur échelon pour coordonner les politiques publiques que ce soient en termes de financement, d’innovation ou de formation.  » Car jusqu’ici, la centralisation des aides a surtout bénéficié aux grands groupes au détriment des petites structures « .

6. Favoriser une nouvelle fiscalité

Augmenter la TVA pour compenser la diminution des cotisations sociales patronales n’est pas une réponse adaptée aux problèmes du coût du travail, selon l’association. A la place de la TVA sociale, elle plaide pour  » des dispositifs d’incitation à la relocalisation et la mise en place d’une TVA réduite pour les produits fabriqués sur le sol français « . Surtout, la politique fiscale tout comme la législation du travail doit faire l’objet d’une  » négociation avec les partenaires sociaux « .

7. Promouvoir l’artisanat

Véritable gisement d’emplois, l’artisanat doit être encouragé. Les solutions ?  » Des circuits courts de distribution et la mise à disposition pour ces professionnels de locaux publics ou privés pour présenter et vendre leurs produits « .

8. Créer un organisme public territorialisé qui soutienne l’industrie

Outre un rôle de soutien aux entreprises, cet organisme serait chargé  » d’informer et de promouvoir l’industrie locale « . Avec le concours des chambres consulaires,  » réorientées vers l’industrie et l’emploi « . Côté gouvernance, des représentants d’élus, d’entreprises et d’organisations syndicales pourraient siéger au sein de cette nouvelle structure.

9. Capitaliser sur le label Origine France Garantie

Plusieurs études montrent que les Français sont prêts à payer 5% plus cher un produit Made in France. Un atout à exploiter pour dynamiser les ventes, à travers le label rénové – Origine France garantie. Ce label peut, toutefois, être amélioré en renforçant  » la traçabilité sociale et environnementale du produit « .

10. Promouvoir la marque France

A l’image du luxe et de la gastronomie qui bénéficient d’une image de marque prestigieuse, l’association recommande de promouvoir les produits d’origine française, quel que soit les secteurs d’activité, en termes de savoir-faire.

 

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