PPR n’aime plus la distribution…mais ouvre des magasins

LUXE – 17/02/2012
En 2011, PPR a injecté 173 millions d'investissements opérationnels dans ses marques de luxe. Photo : Gucci Paris(Avenue Montaigne)

En 2011, PPR a injecté 173 millions d’investissements opérationnels dans ses marques de luxe. Photo : Gucci Paris(Avenue Montaigne)

Par Juliette Garnier

Gucci et Balenciaga multiplient les nouvelles boutiques pour hommes. Yves-Saint-Laurent s’installe avenue Montaigne. Partout dans le monde, le groupe présidé par François-Henri Pinault, qui veut céder sa filiale Redcats, investit les plus chères avenues de shopping.

PPR ne croit plus à la distribution grand public. Il veut céder Redcats, sa filiale chargée de la vente à distance. Puis viendra la vente de la Fnac. Mais François-Henri Pinault, PDG de PPR, sait combien un réseau de magasins est indispensable à la croissance de ses marques de luxe tout autour de la planète. Pour preuve : en 2011, PPR a injecté 173 millions d’investissements opérationnels dans ses marques de luxe. Les deux tiers de cette somme étaient consacrés aux surfaces de vente. Il en va de son avenir. « En 2020, 54% des 24 milliards d’euros de chiffre d’affaires, que PPR a l’ambition de réaliser, proviendra de son réseau de magasins en propre », a précisé jeudi 16 février son PDG, François-Henri Pinault, lors de la présentation de ses résultats annuels.

Gucci se taille la part du lion

Après un toilettage de son réseau en 2009, le groupe a renoué avec les ouvertures de manière offensive. L’an dernier, PPR a ainsi inauguré 110 magasins dans le monde, portant à 801 son réseau. Parmi eux, devant les 22 ouvertures de magasins de Bottega Veneta, Gucci se taille la part du lion, avec 59 ouvertures réalisées en 2011. La marque italienne en vaut la chandelle : elle a généré 60% du 1,6 milliard d’euros de résultat opérationnel de l’année. En 2012, rebelote : Gucci s’adjugera 47 des 110 ouvertures de magasins prévues en 2012, dont une vingtaine en Asie. Ces nouvelles adresses doivent mieux vendre le prêt-à-porter Gucci (12% de ses ventes aujourd’hui) et masculiniser sa clientèle. Car la marque de sacs à mains veut conquérir les hommes : cette année, elle signera ainsi l’ouverture de boutiques dédiées à ses jeans, costumes et cravates. Ce sera notamment le cas en Chine où les hommes, plus encore que les femmes, aiment s’habiller de logos de luxe.

Yves Saint-Laurent s’installe à côté de Chanel

PPR fait de même avec ses autres marques. Balenciaga, elle aussi, s’aventurera sur le marché masculin en Chine. Mais aussi en France. La marque fondée en 1937 avenue George V ouvre rive gauche, rue de Varenne, dans un quartier où APC, Paul Smith et Kenzo ont pignon sur rue. En 2012, toujours à Paris, elle ouvrira aussi rue du faubourg Saint-Honoré où les valeurs locatives des magasins flirtent avec les 6.500 euros par mètre carré et par an.
Yves Saint-Laurent va aussi réinvestir Paris. Et toujours à une adresse aux loyers exhorbitants. La marque, qui a dégagé 40 millions de résultat opérationnel en 2011, va s’installer en grand avenue Montaigne. Sur cette artère que le microcosme de la mode baptise l’avenue Bernard Arnault, en référence au chapelet de marques que LVMH y exploite, Yves Saint-Laurent aura pour voisin direct un autre grand nom du luxe français : Chanel qui, début mars, ouvrira les portes de son deuxième magasin de l’avenue Montaigne sur 600 m².

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