Le « come-back » de Souleiado


Par Aliette de BroquaMis à jour 
Les tissus de Souleiado sont inspirés des cotonnades aux couleurs vives arrivées d'Inde.
Les tissus de Souleiado sont inspirés des cotonnades aux couleurs vives arrivées d’Inde.

La marque provençale, reprise en 2009, mise sur le prêt-à-porter.

Souleiado, la marque provençale qui a échappé deux fois à la mort, semble repartie du bon pied. Elle essaime à nouveau ses magasins à l’enseigne ensoleillée. L’entreprise a été reprise en 2009 par Daniel Richard et son fils Stéphane à Louis Nicollin, qui a fait sa fortune dans les déchets mais n’a pas su redresser l’indienneur créé en 1806.

Daniel Richard a une longue expérience dans la distribution. Il a été président des 3 Suisses puis de Sephora, directeur du développement des Galeries Lafayette et il est aujourd’hui à la tête du groupe Nova Presse. Stéphane, après une carrière dans des multinationales, a déjà repris une affaire, Sanoflore, qu’il a redressée et revendue à L’Oréal.

Un patrimoine de 50.000 planches

Les deux hommes ont été séduits par un patrimoine exceptionnel: 50.000 planches de dessins gravés ou sculptés, héritage du dernier des indienneurs, ces éditeurs de tissus qui au XVIIIe siècle se sont inspirés des cotonnades aux couleurs vives arrivées d’Inde.

«La mode est éphémère alors que le style Souleiado est intemporel», note Daniel Richard. Avant sa reprise, la marque ne faisait plus qu’un million d’euros de chiffre d’affaires essentiellement dans la décoration, et accumulait les pertes. Elle ne comptait plus que quatre magasins en propre, et voyait ses franchisés fermer les uns après les autres… L’an dernier, elle est enfin redevenue profitable. «Nous sommes quatre-vingts aujourd’hui contre dix en 2009 et nous doublons notre chiffre d’affaires tous les ans. Nous ferons plus de 7 millions en 2012 après 4,4 millions en 2011», annonce Stéphane Richard.

Cinq nouveaux magasins ouvriront fin avril dans le sud, à Saint-Raphaël, Antibes, Nîmes, Menton et Toulon. La marque comptera alors dix-neuf points de vente détenus en propre. Hyères est en négociation. L’an prochain, une dizaine de boutiques sont encore programmées. L’entreprise vient de reprendre pied au Japon avec un magasin et une présence dans une chaîne comptant trente points de vente. Les États-Unis et la Suisse sont les prochaines cibles.

«Notre objectif est de reconstruire cette marque qui a eu jusqu’à 2 000 points de vente dans le monde en renouant avec les fondamentaux de son origine pour reconquérir le cœur d’une clientèle qui n’a jamais oublié la couleur de Souleiado», commente Daniel Richard. Le bureau de style conçoit les modèles. À partir de là, le tissu est créé en puisant des motifs dans ses riches archives. La marque s’est recentrée sur le prêt-à-porter féminin et les accessoires (foulards, bijoux, chaussures, ceintures et sacs). L’homme, qui compte 119 références de chemises aura une vraie collection l’hiver prochain. La décoration est poursuivie mais restera marginale. La nouveauté viendra de la cosmétique. Les Richard projettent de se lancer dans ce secteur fin 2013, ce qui pourrait passer par la création d’une nouvelle chaîne de magasins.

http://www.souleiado.com/boutiques

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