La griffe Paule Ka se vend à un fonds d’investissement

Le président fondateur, Serge Cajfinger, et sa famille conservent 30 % de la société. 

C’est une page de l’histoire de Paule Ka, la marque de prêt-à-porter haut de gamme, qui vient de se tourner. Serge Cajfinger – président, directeur artistique et fondateur de la griffe il y a vingt-trois ans – et sa famille ont cédé le contrôle de l’entreprise à un fonds d’investissement, Change Capital, spécialisé dans la distribution et les biens de grande consommation. Serge Cajfinger, 56 ans, reste aux commandes, mais ne conserve avec sa famille que 30 % du capital de Paule Ka, connue pour ses robes inspirées des icônes de mode des années 1950 et 1960.

L’arrivée de Change Capital marque également le départ de la Caisse des dépôts, qui détenait 17 % de l’entreprise depuis 2007 via l’un de ses fonds, Patrimoine et Création.

C’est une success story à la française que Change Capital, qui a été actionnaire de la griffe Jil Sander et du distributeur de meubles de jardin Unopiu’, ajoute à son portefeuille. «Paule Ka habille les femmes de 25 à 55 ans, à la fois pour le travail et les occasions spéciales, en alliant une qualité digne du luxe et des prix abordables, explique Stephan Lobmeyr, associé chez Change Capital, créé en 2004 par Luc Vandevelde, ancien président de Carrefour et de Marks & Spencer. Il n’y a pas beaucoup de marques avec un tel positionnement et une croissance aussi régulière»/

La griffe, qui a traversé la crise sans trou d’air, affiche une croissance de 17 % de son chiffre d’affaires (40 millions d’euros), liée aux ventes de ses boutiques en propre (8 points de vente) et à l’accélération de son carnet de commandes venant des grands magasins (29 points de vente) et des multimarques (370).

Ségolène Royal en 2007 

Le nouvel actionnaire majoritaire veut passer à la vitesse supérieure. En province, il entend développer le nombre de boutiques en propre dans les grandes villes. À Paris, où la marque est née dans le quartier du Marais, l’ouverture en 2007 de son navire amiral de la rue Saint-Honoré lui a donné une plus grande visibilité.

Quant à l’international, Paule Ka est présent dans 53 pays, il pourrait représenter d’ici cinq ans 65 % des ventes, contre 50 % aujourd’hui. Les dirigeants et son nouvel actionnaire planchent sur une implantation aux États-Unis, avec l’ouverture d’une boutique à New York d’ici un an. Ils se verraient bien installer la marque sur Madison Avenue. «Dans les pays où nous ne sommes pas encore présents, nous entrons avec un flagship, puis nous visons une croissance à 50-50 entre les boutiques en propre et les multimarques», explique Antoine Bing, directeur général adjoint de la société.

En Chine, autre marché phare pour l’avenir, Paule Ka a signé un accord avec un partenaire franchisé, le groupe Hengdian, qui prévoit d’ouvrir 14 corners en cinq ans et une première boutique d’ici à la fin de l’année à Hangzhou, à deux heures et demie de Shanghaï. En Asie, la griffe – qui avait habillé Ségolène Royal pendant la dernière campagne électorale – a déjà séduit les fashionistas de Hongkong, Singapour et du Japon. En Europe, la société espère doubler le nombre de ses boutiques en propre d’ici cinq ans, à commencer par une implantation à Madrid dès septembre. En élargissant ainsi le territoire de Paule Ka, Change Capital entend doubler le chiffre d’affaires de la marque d’ici à 2016.

Lentschner, Keren

Laisser un commentaire


NOTE - Vous pouvez utiliser les éléments et attributs HTML tags and attributes:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>