LVMH rachète le tailleur Arnys

PARIS (Reuters) – LVMH a annoncé jeudi avoir racheté le tailleur parisien Arnys, un des derniers spécialistes indépendants du costume pour homme sur mesure.

Cette acquisition, réalisée auprès de la famille Grimbert, qui était propriétaire de 100% du capital, permettra au géant mondial du luxe d’apporter le savoir-faire d’Arnys au bottier Berluti, la pépite du luxe masculin que LVMH entend développer.

Le bottier, qui a lancé au début de l’année sa première collection de prêt-à-porter haut de gamme, offrira ainsi à ses clients raffinés à compter de 2013 des costumes sur mesure griffés « Berluti by Arnys », dont la direction artistique sera assurée par le styliste de Berluti Alessandro Sartori.

Le magasin historique d’Arnys, situé rue de Sèvres, dans le VIIe arrondissement de Paris, sera rebaptisé Berluti et offrira l’ensemble du vestiaire de luxe proposé par la marque.

Fondé en 1933 par Léon Grimbert, le discret « faiseur » pour homme est un spécialiste de la « grande mesure », la haute couture de la confection sur mesure, avec des costumes à partir de 6.000 euros.

La veste forestière datant de 1947 reste un de ses modèles emblématiques, créé à la demande de l’architecte Le Corbusier qui souhaitait un modèle souple libérant le mouvement, à la fois élégant et nonchalant.

La société réalise un chiffre d’affaires de moins de 10 millions d’euros et emploie une vingtaine de salariés.

Elle compte parmi ses célèbres clients l’ancien Premier ministre François Fillon ainsi que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Elle a aussi habillé François Mitterrand ou Jean Cocteau.

L’an dernier, le groupe PPR s’est offert le tailleur italien Brioni, dans un marché du luxe masculin en pleine explosion devenu la nouvelle terre de conquête des acteurs du secteur.

Pascale Denis, édité par Dominique Rodriguez

Saint-Germain-des-Près, le nouveau terrain d’affrontement entre LVMH et Hermès


Juliette Garnier

Berluti, filiale de LVMH, ouvrira un megastore rue de Sèvres à Paris, à la place d’Arnys. Un emplacement de 1.000 m² que toutes les marques de luxe convoitaient. Il fait face au magasin d’Hermès, grand rival de LVMH.

Chanel et Ralph Lauren ont convoité ce local de plus de 800 m².

LVMH pousse ses pions rive gauche à Paris. Le groupe de luxe vient d’annoncer le rachat d’une icône du quartier Saint-Germain-des-Près, confirmant une information du magazine Challenges. Ce magasin fondé rue de Sèvres en 1933 par Léon Grimbert est connu pour ses services sur-mesure pour hommes. François Mitterrand y aurait fait faire ses costumes. LVMH y installera Berluti, le bottier préféré de son ami Roland Dumas. « Cette acquisition scelle la rencontre de deux Maisons qui, dans leurs univers respectifs, incarnent depuis des générations l’excellence, le savoir-faire et la créativité », fait valoir par communiqué Antoine Arnault, directeur général de Berluti.

Diversification dans le prêt-à-porter

La marque se dote ainsi d’un point de vente pour sa ligne de prêt-à-porter, diversification qu’Antoine Arnault a confiée à Alessandro Sartori, ancien directeur artistique du haut de gamme de Zegna. Bientôt, les petites mains de l’atelier de sur-mesure d’Arnys grifferont vestes forestières, pantalons et gilets d’une étiquette « Berluti by Arnys ».

Ralph Lauren et Chanel le convoitaient

Le magasin dont l’ouverture est prévue mi-2013 sera gigantesque. Derrière ses vitrines surannées, Arnys occupe aujourd’hui plus de 800 m², dont 500 sont consacrés à la vente. Toutes les marques ont convoité ce local situé à un jet de pierre du Bon Marché, grand magasin luxueux exploité par LVMH. Ralph Lauren y avait étudié l’ouverture d’un flagship. Chanel en rêvait aussi. Et, en novembre 2010, face à Arnys, l’ouverture d’un magasin Hermès a totalement relancé l’attrait pour cette adresse. Le succès de ce magasin Hermès n’a pas échappé à son grand rival, LVMH entré par surprise à son capital fin 2010.

5.000 euros par mètre carré

« Depuis, LVMH et Hermès se disputent le territoire », observe, médusé, le représentant d’une association de commerçants du quartier. Et, par conséquent, les valeurs locatives des surfaces commerciales du quartier flambent. « Depuis l’ouverture de Hermès, les valeurs locatives de ce petit tronçon de la rue de Sèvres sont passées de 3.000 à 5.000 euros par mètre carré en zone A », estime Nicolas Olivaux, négociateur immobilier du cabinet Draco Partners. A son tour, l’ouverture du magasin Berluti devrait relancer les cartes. A cette date, Hermès devrait avoir ouvert un deuxième magasin rue de Sèvres. Il sera dédiée à sa marque chinoise, Shang Xia.

http://www.arnys.fr/

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