Kesa prêt à vendre sa branche anglaise Comet pour se concentrer sur Darty

Tout en poursuivant le redressement de son réseau d’outre-Manche, le distributeur d’électrodomestique, dont le premier actionnaire est le fonds activiste Knight Vinke, va étudier « d’autres options stratégiques ». Son enseigne française a contribué à l’essentiel des bénéfices de l’exercice 2010-2011.

Les faits sont têtus. A l’exception de la contribution de 15,5 millions d’euros des activités du Benelux, Darty France a été en 2010-2011 le seul contributeur au résultat d’exploitation de Kesa. Sur les 107 millions publiés hier par le groupe franco-britannique de magasins spécialisés dans l’électrodomestique, la chaîne française a apporté 149 millions quand l’enseigne Comet a généré outre-Manche une perte de 10,3 millions. Même contraste sur le plan du chiffre d’affaires : Darty France a progressé de 4,6 %, à 2,9 milliards d’euros, quand les ventes Comet ont baissé de 3 %, à 1,8 milliard.

Il apparaît donc logique que les dirigeants du groupe aient décidé d’envisager la cession de la branche britannique. « Nous examinons d’autres options stratégiques afin d’optimiser la création de valeur pour nos actionnaires », a indiqué pudiquement David Newlands, le président de Kesa, dans un communiqué. Des actionnaires au premier rang desquels se trouve, avec désormais 18 % du capital, le fonds Knight Vinke, qui n’a jamais démenti son intérêt pour une telle scission. « Ces options peuvent inclure une vente de Comet ou un joint-venture », précise le directeur général, Thierry Falque-Pierrotin, qui a par ailleurs précisé qu’un retrait de la Bourse de Londres pour une cotation à Paris n’était pas « aujourd’hui » à l’ordre du jour…

Le titre a gagné 6 % en séance

Le projet de vente a semblé intéresser immédiatement les investisseurs, puisque le titre Kesa gagnait 6 % en séance au London Stock Exchange. Selon l’agence Dow Jones Newswires, les noms de fonds d’investissement potentiellement intéressés par Comet circuleraient déjà. « Pour autant, nous sommes prêts à poursuivre le redressement de Comet, explique aux « Echos » Thierry Falque-Perrotin. Nous avons optimisé le parc de points de vente, réduit la taille des magasins et renouvelé le management. » Le directeur général de Kesa souligne : « Comet possède tout de même 9 % du marché britannique et n’est pas la seule enseigne à souffrir sur le marché. L’américain Best Buy y affiche aussi des pertes, par exemple. »

Le patron du groupe se félicite des économies de coûts qui ont permis d’augmenter de 2,3 % le résultat ajusté avant impôt (à 93,2 millions d’euros) pour l’exercice clos le 30 avril 2011, malgré l’effritement du résultat d’exploitation global. Thierry Falque-Pierrotin souligne aussi le succès du lancement de Darty France dans le secteur de la cuisine et, surtout, du déploiement de la stratégie multicanal. Internet représente plus de 10 % des ventes. « Par rapport à certains concurrents, nous développons des magasins de taille moyenne, d’environ 1.200 m2. Cela nous permet de pratiquer une vraie vente assistée sur une sélection de produits. Avec Internet, nous pouvons proposer, en magasin ou depuis le domicile du client, une gamme élargie. Et Darty.com bénéficie à plein de l’image de qualité de service de l’enseigne », ajoute Thierry Falque-Pierrotin.

Par ailleurs, avec 310.000 abonnés, la DartyBox a atteint l’équilibre d’exploitation, selon le dirigeant.

PHILIPPE BERTRAND

Laisser un commentaire


NOTE - Vous pouvez utiliser les éléments et attributs HTML tags and attributes:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>