Un article passionant sur le luxe à Gaza, paru dans la presse arabe…

Rédigé par le Jul 13th, 2011  

Un article passionnant sur l’explosion économique de la bande de Gaza vient d’être publiée par l’agence palestinienne Maan News Agency. L’article n’a été publié que sur le site en arabe et pour pouvoir le partager avec le plus grand nous avons décidé de l’adapter en français… Histoire de faire savoir quelques vérités non-dites dans les langues non-arabes…

La Bande de Gaza est en plein boom touristique avec l’ouverture d’un certain nombre de stations balnéaires, de simples hôtels ou d’hôtels de luxe ; avec comme dernier exemple en date, les derniers espaces touristiques dans le nord. Un boom qui n’est pas cependant conforme avec le faible niveau des salaires dans la bande de Gaza où la situation économique est compliquée à cause du blocus.

L’ouverture de cette dernière station balnéaire dans le nord de la Bande de Gaza n’est pas réellement ouverte à tout le monde malgré ses superbes divertissements. Les prix affichés sont plus a la portée de la bourse des fonctionnaires du gouvernement qu’a celle de la population locale. Par exemple, profiter du dernier téléphone mobile à la mode requiert un salaire mirobolant.

L’hôtel Deira

Malgré tout, ces prix n’arrêtent pas tous les gazaouis dont beaucoup puisent dans leur propre dette pour aller dans ces restaurants ou passer une nuit dans un hôtel de luxe. Un problème de taille pour les propriétaires des nombreux restaurants de luxe qui expliquent que beaucoup de clients viennent “manger, boire et se divertir en partant sans payer au motif que leur salaire n’a pas encore été reçu ce mois-ci.”

Mohamed Ismaïl Haniyeh, responsable d’un restaurant, explique à notre correspondant : “tous nos clients sont membres des Organisations Non-Gouvernementale, des businessmans étrangers et des journalistes. Seul 20% de notre personnel est occupé à travailler à plein temps dans une journée normale.

Abou Issam, un client de ce restaurant 5 étoiles de Gaza, explique que ses notes ne dépassent jamais les 1.600 shekels (320€) et qu’il “réfléchit mille fois avant d’y entrer” parce que sa famille est composée de six personnes et qu’une pareille dépense pourrait nuire à la santé économique de son foyer.” Il ajoute : ” Nous ne pouvons en aucun cas y aller tous ensemble, je préfère acheter des légumes, de la viande et demander à ma femme qu’elle me prépare les mêmes plats que ceux proposés aux  touristes.”

Restaurant Rootsclub


A la question de savoir si, fréquenter ces restaurants, ce n’est pas comme aller à l’étranger, Abou Issam répond : “mes enfants et moi voyageons à l’étranger bien que le prix des billets soient très chers, mais  profiter d’un tel restaurant pour se divertir l’été, c’est, il est vrai, suffisant.”

Le restaurant luxueux  Deira offre le même standing de prestations,  la clientèle est bourgeoise, ou appartenant aux ONG. Samir Sutton, Directeur Général de l’Hôtel et du restaurant Deira, explique que son institution jouit d’une réputation de “première classe” et que de grandes familles y dinent régulièrement. “Parce que les services touristiques dans la bande de Gaza ne sont pas des services de base pour les citoyens, mon restaurant devient un plaisir pour les riches et les propriétaires aux revenus élevés.”
Quand aux moins chanceux comme Faihmad, en économisant de l’argent toute l’année, il a pu s’offrir son spa annuel et même le trajet en taxi pour y aller…

Un article pour le moins intéressant qui offre une réponse cinglante à l’article du Nouvel Obs intitulé “selon les internautes israéliens, il y a des hôtels de Luxe à Gaza, vraiment?” ou la journaliste explique que s’il y a bien quelques espaces de luxe, tout le monde n’en profite pas. Peut-être la journaliste devrait t-elle comprendre que ce qui fait le luxe, c’est que tout le monde ne puisse pas en profiter, non ? Une chose est sûre, dans l’article que nous avons traduit, nous voyons bien que le quidam ne peut pas se payer le restaurant en question… Comme tout à un chacun, peu importe le pays au monde où il vit‏.

Adapté de l’arabe par Niso Amzar, avec le concours de Margalit Meyer – JSSNews

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