Les Chinois vont à l’usine pour le luxe à moindre prix

La Chine est bien parti pour s’imposer comme le plus grand marché mondial des produits de luxe, et les griffes haut de gamme font la cour à sa classe moyenne avec des arguments qui font sourire les portefeuilles.

Les magasins d’usine sont l’une des dernières tendances de la distribution à s’imposer en Chine. Le concept serait né il y a plus d’un siècle aux États-Unis, avec l’objectif affiché de remplir les espaces vides et écouler les stocks et autres articles invendus.
En Chine, les consommateurs peuvent désormais se rendre dans les magasins d’usine pour acheter du Versace, du Burberry, du Prada ou du Zegna à moindre prix, dans les 160 boutiques du Florentia Village, qui s’étale sur 60 000 mètres carrés dans la ville champignon de Wuqing, à mi-chemin entre Pékin et Tianjin.

Moins d’intermédiaires
Les magasins d’usine permettent de supprimer les intermédiaires entre le fabricant et le client et de proposer des prix imbattables, avec des rabais compris entre 30 et 80% par rapports à ceux pratiqués en boutiques.

Le Florentia Village, dont la construction a coûté un milliard de yuans (124 millions d’euros), s’inspire des sites touristiques de la péninsule italienne. On y trouve des gondoliers qui monnaient les balades sur ses canaux, ainsi qu’une reconstitution du Colisée. L’espace a ouvert ses portes au public l’année dernière, et son énorme succès a inspiré d’autres entrepreneurs, d’après les médias chinois, qui citent une douzaine de projets pharaoniques de ce type à travers le pays. Une goutte d’eau dans les plus de 400 projets immobiliers de cette envergure construits ou annoncés ces dernières années en Chine.

Le Shanghai Brilliance Group – l’un des poids lourds de la distribution en Chine – a ouvert son troisième magasin d’usine en février. Il s’étale sur 130 000 mètres carrés à Wuhan, dans la province centrale de Hubei. L’entreprise a annoncé que son parc de centres commerciaux dédiés aux magasins d’usine comptera dix centres opérationnels supplémentaires d’ici 2014.

CLSA, filiale asiatique du Crédit Agricole, avait prédit l’année dernière que la Chine s’arrogerait 44% du marché mondial des ventes de produits de luxe d’ici 2020, contre seulement 15% de nos jours. L’entreprise de conseil Bain & Company, qui s’est penchée sur les chiffres de ventes de produits de luxe de l’année dernière, indique que les consommateurs chinois ont dépensé 275 milliards de yuans (342 millions d’euros) en produits de luxe (en Chine et à l’étranger) en 2011. Dans ce contexte, l’explosion des magasins d’usine en Chine ne surprendra personne.

La proximité de ces magasins est un autre atout de taille pour les consommateurs chinois, comme l’explique Anthony Chan, président du groupe immobilier Scitech, spécialisé dans les centre commerciaux, dans un entretien récent avec le quotidien South China Morning Post: «Si les consommateurs chinois sont prêts à prendre l’avion pendant 10 à 20 heures pour profiter de bonnes affaires aux Etats-Unis, c’est qu’il doit y avoir un marché pour cela dans leur pays d’origine».

Laisser un commentaire


NOTE - Vous pouvez utiliser les éléments et attributs HTML tags and attributes:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>