Carrefour lorgne les magasins discount Eki en Argentine

 

 

Par Pauline Damour | Publié le 06/05/2012

 

Ce pourrait être la première acquisition de George Plassat, le nouveau patron de Carrefour: le rachat des magasins discount Eki en Argentine.

En cessation de paiement depuis novembre 2011, les 129  supermarchés et leurs 2300  employés seraient en effet sur le point de tomber dans l’escarcelle du numéro deux mondial de la distribution. Ce dernier renforcerait ainsi sa position d’un point sur le marché argentin – 18,4% de part de marché, juste derrière Cencosud (Jumbo, Disco) à 19,4%. Chez Carrefour, dont le gros des ventes l’an dernier a été tiré par l’Amérique du Sud (Brésil en tête), on affirme qu’il est trop tôt pour communiquer. Il manque encore le feu vert des autorités de la concurrence de la province de Buenos Aires. Le groupe doit également vérifier l’état du passif de l’entreprise auprès de ses créanciers.

Vendredi, le ministère du Travail publiait cependant un communiqué faisant état de l’avancement du dossier, le groupe français s’étant engagé à reprendre l’ensemble des employés, à payer les arriérés de salaires et à relancer l’activité des magasins dès le mois de juin au terme d’un investissement global estimé à près de 52 millions d’euros.

Il faut dire que la chaîne Eki a connu pas mal de déboires ces derniers temps, accumulant une dette de près de 38 millions d’euros malgré un chiffre d’affaires de l’ordre de 173 millions d’euros en 2011.

Essor des petites surfaces

Depuis six mois, les grèves se sont multipliées dans les enseignes, alors que les salaires ne sont plus payés dans leur intégralité et que les rayons manquent cruellement de marchandises. Malgré la bonne tenue du commerce de détail en Argentine, il semble que les anciens supermarchés Leader Price, qui avaient été vendus par le groupe Casino en 2010 au fonds d’investissements américain Nexus Partners, puis reconvertis sous l’enseigne Eki, aient souffert de la concurrence des magasins discount Dia (ex-Carrefour) et des supermarchés de proximité chinois, en forte croissance dans la métropole argentine. Ayant changé plusieurs fois de propriétaires, l’enseigne avait fini par être rachetée l’an dernier par un groupe d’investisseurs argentins mené par Eduardo Gonzalez, ex-patron de la filiale argentine du groupe alimentaire italien Parmalat.

L’intérêt de Carrefour pour Eki tiendrait surtout à l’opportunité pour le français – implanté depuis 1984 en Argentine et disposant de 107 supermarchés et de 71 hyper – de reconvertir une partie des enseignes sous sa marque Carrefour Express et Carrefour Market (une trentaine en Argentine).

Cet engouement pour les enseignes de proximité s’explique par la propension des Argentins, pressés par la forte inflation (entre + 25 et 30% par an depuis 2007), à effectuer de plus en plus des achats au jour le jour dans des petites surfaces, lesquelles ont gagné 5 points de parts de marché de 2000 à 2011 (à 29%), au détriment des supermarchés.

Carrefour, qui aurait accepté de reprendre le passif de Eki, a désormais tout intérêt à ce que l’affaire se règle rapidement alors que le poids de la dette augmente de près de 700.000 euros par semaine.

 

Laisser un commentaire


NOTE - Vous pouvez utiliser les éléments et attributs HTML tags and attributes:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>