Le centre-ville de Marseille vers la renaissance ?

Publié le mardi 05 février 2013

Malgré la crise et l’arrivée d’équipements en périphérie, le centre séduit encore de grandes enseignes

Moribond le centre-ville ? Peut-être pas tant que ça vu l’engouement sans faille des enseignes qui se refilent les bons emplacements et même doublent leur présence souvent de la Rue de la République à la rue Saint-Fé.

Rues désertes et sales. Vols à l’étalage. Rideaux tirés des magasins, passants -pas de clients !- qui se comptent sur les doigts d’une main comme un 1er janvier. Bref, une vision apocalyptique d’un centre-ville à l’agonie.

Telle est la version futuriste de certains professionnels qui jouent volontiers les Cassandre en annonçant la fin de centaines de commerçants entre la rue de la République et Castellane. Motif : un centre-ville mal fichu et des projets titanesques prévus en 2014 qui vont l’achever.

800 000 € d’investissement

Alors le centre-ville, chronique d’une mort annoncée ? Pas si sûr à en croire des groupes plutôt confiants comme Del Arte qui signe pour un deuxième restaurant sur le quai des Belges, après s’être offert l’Escale Borély pour Noël. C’est un coup de poker comme le rappelle Laurent Martinez à la tête du restaurant de l’Escale et qui gère l’ouverture du nouvel établissement à la place du Bistrot 31.

« Pour l’Escale Borély, c’était une opportunité avec un emplacement sur 600m²« . L’enseigne a dégainé 800 000€ d’investissement. Et compte remettre un budget conséquent pour le centre-ville. « On n’a pas hésité pour le Vieux-Port qui doit ouvrir en mai. C’était important pour nous d’être à Marseille car nous ne sommes pas trop implantés dans le sud. Or le Vieux-Port, mondialement connu, et refait, est primordial en terme de communication« .

« Le commerce appelle le commerce »

Comme de nombreuses enseignes, Del Arte connaît les atouts et les faiblesses du centre historique. »Oui, il y a des choses à améliorer au niveau de la sécurité peut-être mais la Ville et la Communauté urbaine ont déjà repris en main pas mal de choses. Marseille est quand même la 2e ville de France. On y croit vraiment. Et moi qui reviens de Toulouse, je peux vous dire que Marseille n’est pas plus propre ! »

Un point pour la ville donc… largement défendue par Solange Biaggi. Qui « entend les inquiétudes de certains« . Mais souligne que « le commerce appelle le commerce« . L’adjointe UMP au commerce n’hésite pas à rappeler la stratégie initiale de la municipalité : »Il fallait déjà agrandir le centre-ville. On partait à la base de trois rues ! Saint-Fé, Rome et Paradis. Avec le tramway, on a ouvert sur République, là on ouvre via Castellane vers le Stade Vélodrome ou la Capelette. L’objectif est toujours de faire du centre l’agora, l’espace attractif. Et on y arrive avec des infrastructures et des réfections. Place Lulli, le flux piéton a augmenté de 17 %, de 12 % rue de la République dont la deuxième partie commence à se faire« .

Lifting pour la rue de Rome

L’artère fête de nouvelles arrivées comme l’EFS, le McDo, la Brioche Dorée, le Monoprix et un Picard. L’élue a des arguments dans sa besace, de ceux qui devraient changer la donne et les flux de circulation : »Le musée d’histoire, la réfection du Centre Bourse, fort déjà de 7 millions de visiteurs qui va ouvrir la circulation vers Belsunce« . Elle n’oublie pas la Canebière qui fait encore grise mine : »On est encore en dessous de nos souhaits mais on mise sur l’Odéon refait, l’Université et les logements étudiants, le Gymnase et bien sûr à l’îlot Feuillants, l’hôtel 4 étoiles du Groupe Avenir avec la brasserie et l’épicerie fine de Christian Ernst (le tout pour 25 millions d’ de budget et une ouverture en 2015)« .

La rue de Rome aura droit elle aussi à son lifting grâce au tram. Une urgence car elle demeure franchement boudée par les enseignes : »Elle s’est vraiment paupérisée c’est vrai« . Vivement la requalification ad hoc. « On travaille beaucoup sur les locaux manquants mais aussi des animations avec des artistes dans le cadre de MP 2013« .

Booster l’attractivité du centre-ville

Solange Biaggi compte par ailleurs s’atteler à un vieux serpent de mer, la rue Paradis, laissée pour compte (budget oblige) au profit du Vieux-Port : »Il faut qu’on s’attaque à la partie Estrangin-Canebière en agrandissant les trottoirs, améliorant les livraisons« . Idem pour la rue Saint-Fé, totalement abandonnée depuis la tentative infructueuse de relooking : »On refait l’éclairage. Il faut que tout soit rénové« . Le plus étonnant c’est que l’état de dégradation de l’artère n’altère en rien son dynamisme et son poids en chiffre d’affaires.

Résultat, le groupe Inditex s’offre un nouvel espace pour une de ses marques. Après Zara (et Zara Home), Pull & Bear, Massimo Dutti, Bershka, c’est Stradivarius qui va s’installer dans l’hyper centre à la place de Magnetic. Et d’autres géants devraient s’imposer place Félix Baret avec un nouveau Starbucks et même un Apple Store éphémère (en attendant l’ouverture des Terrasses du Port !)

Enfin côté luxe, l’aménagement en fanfare de Vuitton rue Grignan est pour l’élue un symbole du rayonnement de la rue. D’ailleurs, Hermès suit le mouvement et va déménager d’ici quelques mois. Enfin, pour preuve de la complémentarité avec les futurs grands projets, Solange Biaggi cite les Terrasses du Port. Hammerson va mettre à partir de l’an prochain et pendant quatre ans 500 000 € sur la table pour booster l’attractivité du centre-ville. Qui, malgré tout, en a donc bien besoin.

Agathe Westendorp

http://www.marseille.fr/sitevdm/economie/le-commerce-a-marseille

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