La success story des Love Store

Depuis 2004, la success story des Love Store ne fléchit pas. Ces nouveaux magasins dédiés au développement durable du couple n’ont absolument rien à voir avec les sex-shops, version années 70 du quartier Pigalle et ils le revendiquent haut et fort. Situés dans des quartiers animés et branchés, entre une boulangerie et une agence immobilière, ils affichent un franc sourire en pleine période de morosité. Les vitrines sont ouvertes, colorées, savamment faites pour attirés le chaland surtout s’il a entre 30 et 50 ans et qu’il est en couple. Le design intérieur est aussi soigné, moderne et flashy. L’ambiance est bon enfant et décontracté. Les conseillères sont sympas et répondent volontiers à toutes vos questions. La palette des prix est assez large tout en restant raisonnable. Un premier orgasme, buccale, est possible pour quelques euros. Détendez-vous ! Il s’agit d’un swing gum aux effets ravageurs…

fficiellement , ce concept de love store vient de Grande Bretagne mais certains parlent de Buenos Aires…

En France, en 2002, Sonia Ryckiel propose, à ses clientes les plus fidèles, des petits canards très glamours au sous-sol de sa boutique rue de Grenelle, dans le 6ème arrondissement. En 2006 le premier Love Store de France est ouvert à Montpellier : Lilou Plaisir. Paris ne tarde pas à suivre. A signaler dans la capitale : l’Enseigne Passage du Désir qui ouvre en 2007 sa première boutique, dans le 4ème arrondissement, affichant fièrement ses couleurs : violet et rouge. Leur slogan, visible sur leur site internet, est très clair « boutique de sex toys, cadeaux coquins et cadeaux romantiques. L’antithèse du sexe shop à Paris et à Lille. » En 2008, ils reçoivent la très prestigieuse récompense de « L’enseigne d’or ; Meilleur nouveau concept de distribution ».

Depuis, et à une vitesse vertigineuse, d’autres love store se sont implantés à Paris.

Citons, par exemple, YOBA, 1969, DOLHOUSE, LE SANS INTERDITS. En Province, le phénomène est aussi important : SECRET D’ALCOVE, à Gap, LILOU PLAISIR, à Montpellier, LES SECRETS D’APHRODITES, à Saint-Cyr-sur-Loire, CARRÉ ROSE, à Nîmes, OLLY BOUTIQUE, à Lyon, BY LOVING, à Tours, EASY SHOP, à Cannes, LOVE SHOP à Aix en Provence… PRINCESS BOUDOIR à Reims. Ce dernier a été ouvert par Laetitia Doucet grâce au soutien de « Reims Initiative » (association pour créateurs et repreneurs d’entreprise) qui accorde des prêts allant de 3 000 à 23 000€ sans intérêts (soutien financier de la Ville de Reims). C’est dire que le marché est porteur !

En période de crise, le marché des love store fonctionne bien, même très bien.

On y trouve aussi bien des bougies aux phéromones que des préservatifs, des lubrifiants, des costumes de tous genres et bien sur des sexe toys ! Les gérants prônent tous l’épanouissement durable du couple, une sexualité sans tabous grâce à des produits à la fois érotiques et élégants, dans une ambiance ludique.

Le sexe se banalise. Alors faut-il s’effrayer pour autant de l’alliance sexe-marketing? Voyons voir…

Historiquement, les love store n’ont rien inventé. Lors d’une fouille d’un site archéologique près d’Ulm, des archéologues ont découvert un objet étrange dont la forme phallique ne laisse aucun doute. D’une vingtaine de centimètres, en pierre, il aurait été poli il y a environ 28 000 ans…On en retrouve un peu partout sur le globe et à différentes périodes. Seuls les matériaux et les dimensions changent (la plupart sont entre 16 et 20 cm tout de même). Des périodes dites plus romantiques n’en étaient pas moins coquines, comme au XIXème siècle. Dans le poème, intitulé Le Nombril, , Poésies libertines, Théophile Gautier écrit : « Œil blanc dans le marbre sculpté, Et que l’Amour a mis au centre, Du sanctuaire où seul il entre ». Le sexe féminin présenté comme un « sanctuaire », voilà le grand changement. Aujourd’hui le sexe est désacralisé, dédramatisé. Est-ce bien ou mal ? A chacun sa réponse. Pour ceux qui ont besoin d’un zeste d’interdit, c’est peut-être moins bien…à eux d’évoluer avec la société ! Ils n’ont qu’à regarder la série « Sexe and the City » qui sacre, elle, « Jack the rabbit » meilleur ami des filles…
Les Love store ont tout de même deux gros points forts : leurs nouvelles proximités (boutiques somme toutes attrayantes) et leurs choix. Tous indépendants, il n’y a pas encore de franchises, l’ambiance de ces boutiques est spécialement chaleureuse et participe ainsi à la vie des quartiers. Si l’on est qu’un peu motivé, il n’est plus nécessaire de passer trois quart d‘heures plongé dans les catalogues de Vente par correspondance pour tomber enfin sur un choix …oui mais… unique.

Les sexologues sont partagés. Il paraitrait que certains recommandent, aux couples en thérapie, d’aller se balader dans les love store ; d’autres sont plus mitiger car, disent-ils, sans l’amour, aucun miracle n’est possible !

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