A la peine au Royaume-Uni, Tesco prévoit d’y créer 20.000 emplois

Après une alerte sur ses profits en janvier, le distributeur britannique a vu sa part de marché chuter à son plus bas niveau depuis 2005 sur son marché domestique. Il mène une réflexion stratégique pour s’y relancer. 5/3/2

La transition entre le légendaire Terry Leahy et Philip Clarke à la tête du géant de la distribution Tesco est-elle plus chahutée que prévu ? Tandis que le nouveau patron ne parlait que de continuité lors du passage de relais il y a un an presque jour pour jour, le groupe britannique accumule les déconvenues et reconnaît «  faire face à des problèmes de fonds » dans son modèle économique.

En janvier dernier, après une saison de Noël ratée, Tesco a ainsi lancé sa première alerte sur ses profits en vingt ans, ce qui lui a valu une chute en Bourse de 16 % en un jour. Et en fin de semaine dernière, le bureau Kantar WorldPanel a calculé que sa part de marché au Royaume-Uni, qui représente encore l’essentiel de ses ventes et profits, avait chuté en janvier à son plus bas niveau depuis 2005, à 29,7 % (voir illustration).

Certes, Tesco est encore une entreprise qui prospère, avec des profits de 3,7 milliards de livres en 2011 pour des ventes de 68 milliards. Mais après des dizaines d’années pendant lesquelles une des tâches les plus difficiles du groupe était d’obtenir les autorisations locales pour construire de nouvelles implantations et accroître sa force de frappe, cette stratégie n’est plus forcément la solution pour tirer la croissance future. «  Est-il besoin de construire des hypermarchés géants au Royaume-Uni quand l’Internet génère une telle croissance ? », a questionné Philip Clarke récemment.

Un geste envers les jeunes

En attendant, les analystes notent que Tesco perd des clients à la fois dans le haut et le bas du marché. La chaîne Waitrose, détenue par ses salariés, grignote des points grâce à la qualité de ses produits, tandis que les discounters Aldi et Lidl récupèrent les consommateurs plus fragiles financièrement et affectés par l’environnement économique, notamment la forte inflation. Tesco a mis en place une campagne à 500 millions de livres de baisse de prix, dont la quatrième vague a été lancée récemment. Mais le groupe a reconnu que cet effort avait pâti des campagnes de coupons menées par ses concurrents.

En fin de semaine dernière, la presse britannique affirmait le groupe de Philip Clarke mettrait les dernières touches à un investissement de 300 millions pour se relancer sur son marché domestique. Lundi, Tesco, premier employeur privé du pays avec 290.000 salariés, a finalement annoncé qu’il prévoyait d’ouvrir de nouveaux magasins et de créer 20.000 emplois au Royaume-Uni au cours des deux prochaines années. Très critiquée pour sa politique d’emploi vis-à-vis des jeunes, la chaîne a également prévu de faire appel à des jeunes sans emploi et de proposer 10.000 contrats d’apprentissage (article actualisé le 05/03/2012).

NICOLAS MADELAINE, CORRESPONDANT À LONDRES
http://www.tesco.com/

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