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Vive le nouveau Made in France !

 

Thème majeur de la course à l’Elysée, le made in France est de retour. La France sans usines, c’est dépassé. Le « made in » est la voie de l’avenir.

Par Étienne Gless pour LEntreprise.com, publié le 

« Produire en France dans nos métiers revient sept fois plus cher que produire en Asie mais j’arrive à proposer des costumes haut de gamme à des prix compétitifs, de 500 à 1 500 euros. » Gilles Attaf est-il le dernier des Mohicans ou le pionnier d’un renouveau du « produire en France » ? A la tête de Smuggler (10 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé, 150 salariés, dont 130 à l’usine de Limoges), il a choisi une stratégie de « verticalisation » pour maintenir sa fabrication de costumes à 100 % en France. « Nous produisons nous-mêmes et nous vendons nous-mêmes dans nos dix magasins, nous avons éliminé les intermédiaires et les marges en cascade. » Sa société est la première du secteur textile à être labellisée Origine France Garantie. « Les politiques nous courtisent beaucoup en ce moment mais l’idée du made in France est une demande qui vient de la base. Les consommateurs y sont réellement sensibles », estime Gilles Attaf.

La chanson est reprise en choeur par tous les candidats à l’Elysée. Du « produire en France » de François Bayrou à l' »achetons français » de Marine Le Pen, en passant par le « patriotisme industriel » de François Hollande. Les paroles changent mais l’air reste le même et il plaît aux électeurs. D’après un sondage TNS Sofres de mars 2012, plus des trois quarts (76 %) des Français jugent ainsi que l’industrie doit rester une priorité pour l’économie tricolore et qu’il faut tout faire pour la renforcer.

Vive les relocalisations !

Car le décrochage industriel français est patent : 600 000 emplois perdus en dix ans. « La France se vide de son sang industriel », déplore le chef de l’Etat. Durant une décennie, l’idéologie du « make or buy » a fait des ravages et poussé nombre d’entreprises à acheter plutôt qu’à fabriquer. On en revient. « Une France « fabless », c’était une connerie ! », lâche Jean-Yves Hepp, président d’Unowhy, qui a rapatrié la production de sa tablette numérique Qooq à Montceau-les-Mines. En France aussi, l’air du temps est à l’insourcing pour se remettre à produire ce que l’on a fait fabriquer dans les pays à bas coûts.

C’est qu’après quinze ou vingt ans, l’outsourcing montre ses limites : la Chine devient chère, c’est loin, on ne maîtrise plus toutes les étapes… Sans parler des soucis d’image. Au milieu des années 2000, alors que l’industrie française commençait à décrocher, certains voulaient croire que le pays devait se spécialiser sur ses points forts. A nous la conception, le design, la création, aux pays à bas coûts la fabrication à faible valeur ajoutée. Cette stratégie est remise en cause aujourd’hui.

Le débat sur le made in France reflète ainsi la tardive prise de conscience qu’une économie fondée sur les seuls services et qui laisse filer l’industrie se condamne à un chômage de masse encore plus important. « En trente ans, la France a perdu 2 millions d’emplois industriels et gagné 2 millions de chômeurs ! », affirme un industriel qui n’a pas peur des raccourcis qui fâchent.

Une plus grande réactivité

« Il faut plus de deux mois pour faire venir des produits d’une usine asiatique, témoigne Eric Bascle, directeur industriel du groupe Devanlay, qui fabrique les polos Lacoste. Or, nos grands clients ont des exigences de flexibilité, de moindres stocks… Nous pouvons réassortir les magasins Printemps en moins de trois semaines à partir de nos huit usines en France. Cela nous a poussés à relocaliser une de nos productions à fort enjeu de service. » Sans compter que garder des usines dans l’Hexagone est la clé de la conquête de marchés étrangers. « Si on ne fabriquait pas nos polos en France, la marque perdrait en crédibilité auprès de notre clientèle américaine ! Même si celle-ci est desservie par notre usine au Pérou ! », souligne Eric Bascle.

En outre, le goût retrouvé pour le local coïncide avec la montée des préoccupations écologiques et sociales. « Nous avons en France les normes sociales et environnementales les plus élevées au monde. Faisons-en un atout, préconise Yves Jégo, député UMP, auteur de « 10 Recommandations pour lutter contre la mondialisation anonyme » (lire ci-dessous). Montrons aux consommateurs que nous avons une éthique sociale, environnementale et sanitaire et affichons-la. »

Un outil de conquête

« Face à des concurrents dont le coût du travail est très inférieur, il faut actionner des leviers de compétitivité autres que le prix : l’innovation, la qualité, le savoir-faire, l’attrait pour la marque France », constate Jacques Huybrechts, du réseau Entrepreneurs d’avenir, qui a réuni des dizaines de patrons dans les locaux de L’Entreprise, en février, pour rédiger un appel en faveur du « produire en France ». « Avec un positionnement haut de gamme, en étant créatif, souple et réactif, en évitant les marges en cascade, on peut encore produire en France », témoigne Gilles Attaf.

Le made in France doit donc être offensif, une stratégie marketing de conquête et non un repli sur soi. « Mondialisez-vous ! », plaide Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, qui dénonce deux croyances fausses : « L’une est que l’industrie est sale et qu’il faut s’en débarrasser, l’autre que la croissance se fera par la consommation intérieure. » Point de salut pour le « produire en France » sans la conquête de marchés extérieurs.

Ce débat met aussi en évidence les failles de l’économie hexagonale, comme le manque de solidarité entre les entreprises, quand les allemandes défendent ensemble le made in Germany ; et le manque de préférence nationale chez les acheteurs publics. « La commande publique a une culture du low cost. Elle ne valorise pas l’innovation mais le mieux-disant. Elle retient le produit ancienne génération qui a été outsourcé en Chine par les concurrents, déplore Philippe Joffard, PDG de Lafuma (vêtements outdoor). Or la meilleure vitrine pour mes concurrents d’outre-Atlantique est l’armée américaine, qui est équipée avec leurs produits. » Message reçu cinq sur cinq et transmis au prochain locataire de l’Elysée, quel qu’il soit.

http://www.smuggler.fr/

 

 

Pourquoi le commerce adopte enfin la RFID

Actualités Emballage du 21-07-2011  

Défi à la fois économique, technique et organisationnel, la RFIDest, selon GS1 France, en train de trouver sa vitesse de croisière.

Défi à la fois économique, technique et organisationnel, la RFID a désormais trouvé sa vitesse de croisière. Quelques chiffres l’attestent, le marché des étiquettes EPC (Electronic Product Code) a connu en 2010 une croissance de 125% (en volume d’étiquettes), les prévisions pour 2011 et ces prochaines années sont plus qu’optimistes : leur consommation sera multiplié par cinq. L’univers du textile représentant à lui seul cette année, 1,5 milliard de tags EPC pour le marquage des vêtements. La diversité des secteurs d’activité, qui aujourd’hui utilisent cette technologie, est aussi un signe. Si la mode et l’habillement ont ouvert la voie, une série d’initiatives prometteuses ont eu lieu dans l’univers de la bijouterie, de l’électronique grand public, du bricolage, du sport, des vins et spiritueux.

La 2ème édition de l’International RFID Congress (4 et 5 octobre 2011 à Lille) arrive donc à point nommé pour relater et débattre autour des expériences menées par le monde du retail. GS1 sera co-organisateur de cet événement avec le Centre National de la RFID, le PICOM (Pôle de Compétitivité Industries du Commerce) et le CITC (Centre d’Innovation des Technologies sans Contact).

Aux Etats-Unis, la mise en œuvre du marquage EPC des articles prend depuis 2010 une tournure collaborative. Quinze distributeurs sont désormais fédérés au sein d’un groupe de travail animé par l’association VICS (Voluntary Interindustry Commerce Standards) et GS1 US. Ces acteurs s’accordent sur le ciblage des catégories de produits et les cahiers des charges de marquage. En l’occurrence, définir les modalités pratiques de mise en œuvre demandées aux fournisseurs. Cette approche tournée vers la concertation et la mise en commun, dans la droite ligne de la démarche GS1,  facilite grandement le déploiement.

Par ailleurs, les paybacks des développements sur le marché américain sont estimés dans une fourchette de 12 à 18 mois pour les distributeurs intégrés, de 6 à 9 pour les autres qui n’ont pas à leur charge le coût des étiquettes. Les projets de déploiements de l’EPC entrent ainsi dans un cadre beaucoup plus conventionnel au regard des critères d’éligibilité des projets d’investissements.

Enfin, l’opportunité de combiner et de rentabiliser au sein d’une seule technologie, trois usages cruciaux en magasin : le contrôle des stocks magasin, le contrôle et l’accélération des flux logistiques ainsi que la suppression des marquages antivol, est un argument de poids pour l’usage d’EPC. Sachant que l’on observe qu’il n’est nullement obligatoire de les cumuler pour obtenir un ROI attractif dans le secteur de la mode et de l’habillement.

Le 4 et 5 octobre, l’International RFID Congress consacrera ces 2 jours de conférences aux enjeux métiers pour le secteur du commerce et des biens de consommation. De nombreuses têtes d’affiche seront présentes… Patrick JAVICK, VP Industry Engagment – Apparel and General Merchandise, GS1 US, présentera le retour sur expérience du déploiement de la RFID aux Etats Unis qui a révolutionné l’industrie du textile notamment chez les distributeurs tels que JC Penney, Wal-Mart, Levi’s, Macy’s… La plénière d’ouverture se fera en présence d’Arnaud Mulliez du groupe Auchan. 

Pour faciliter les échanges, les sessions seront organisées par thématiques : « Limiter les ruptures et augmenter la satisfaction client », « Lutter contre la démarque inconnue », « Optimiser vos organisations supply-chain ». Des espaces de démonstration présenteront au public les solutions innovantes en magasin et pour la supply chain