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Les magasins Hema mis en vente par le fonds britannique Lion Capital

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Malgré une situation déficitaire persistante, le propriétaire britannique de la chaîne néerlandaise espère attirer les acheteurs par les perspectives de croissance à l’étranger.

Solidement implantée en France où elle exploite 55 magasins, la chaîne néerlandaise Hema est en quête d’un nouveau repreneur. Lefonds d’investissement britannique Lion Capital, propriétaire de l’enseigne depuis dix ans, a annoncé son intention de la vendre avec ses 720 points de vente dans 7 pays européens, dont 534 aux Pays-Bas.

C’est la deuxième tentative du genre, après la cession ratée de Hema au leader néerlandais de la distribution Ahold en 2011. L’opération intervient au moment où le distributeur néerlandais a creusé sa perte nette au premier semestre, à 41,5 millions d’euros, contre un déficit de 24,3 millions un an auparavant. Hema, qui emploie 11.000 salariés, n’a enregistré que deux exercices bénéficiaires depuis 2007, et encore perdu l’an dernier 26 millions d’euros.

Stratégie de conquête

Cette situation précaire provient d’une stratégie de conquête de l’Europe menée tambour battant sous la houlette de Lion Capital. En dix ans, la chaîne néerlandaise a fortement étendu son rayon d’action à des pays limitrophes (Allemagne, Espagne, France, Royaume-Uni) après la Belgique et le Luxembourg. Le nombre de magasins a dans le même temps plus que doublé. Le chiffre d’affaires des six premiers mois de 2017 a encore progressé de 4 %, à 570,4 millions d’euros.

Néanmoins, le groupe reste pénalisé dans le financement de son expansion à l’international par le poids de son endettement. Et son marché domestique génère encore 80 % de son chiffre d’affaires. « L’expansion de Hema à l’étranger a été menée aux dépens d’investissements aux Pays-Bas. A mon avis, le rachat du groupe va nécessairement se traduire par une réduction du parc de magasins aux Pays-Bas », anticipe Cor Molenaar, consultant spécialisé du secteur de la distribution.

Succès aux allures de feu de paille ?

Le succès rencontré par l’enseigne sur ses nouveaux marchés, comme la France, suscite aussi des interrogations. En l’état, nombre de banquiers examinant le dossier de cession veulent s’assurer que la croissance d’Hema n’a pas les allures d’un feu de paille, lié à la nouveauté du concept aux yeux des consommateurs sur ses nouveaux marchés. Credit Suisse, banque-conseil pour le compte de Lion Capital, est chargé d’éclairer les éventuels acheteurs.

source: https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/030649001727-les-magasins-hema-mis-en-vente-par-le-fonds-britannique-lion-capital-2118857.php

https://www.hema.fr/

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Chez l’espagnol Desigual, la croissance passe par l’exportation

LE MONDE | |

Par Sandrine Morel (Madrid, Correspondance)

Grâce à la hausse des exportations, constante depuis 2010, et dans une moindre mesure, à la baisse des importations, la balance commerciale de l’Espagne a été proche de l’équilibre en mai. Dans ce pays, très dépendant énergétiquement de l’extérieur, cette performance relève presque de l’exploit.
Selon les chiffres publiés vendredi 19 juillet par le ministère espagnol de l’économie, le déficit commercial s’est réduit à 27,5 millions d’euros, alors qu’il s’élevait à près de 2 milliards d’euros en mai 2012 et à 8 milliards d’euros en mai 2008, avant la crise.

Dans un contexte de crise, marqué par la fragilité de la demande interne et la faiblesse de la consommation des ménages, les entreprises espagnoles se tournent de plus en plus vers l’extérieur. D’autant qu’elles ont, avec les restructurations des années de récession, gagné en compétitivité. De mai 2012 à mai 2013, les exportations de l’Espagne ont augmenté de 7,3 % ; et de 2,4 % sur un mois par rapport à avril 2013. De janvier à décembre 2012, elles avaient progressé de 3,8 %, de 15,2 % en 2011 et de 16,8 % en 2010.

La démarche s’avère payante : les résultats des exportations redonnent des couleurs à l’Espagne après quatre ans de crise, et offrent une planche de salut aux grandes multinationales comme aux petites et aux moyennes entreprises du pays. Ainsi, la marque de textile espagnole Desigual, connue pour ses vêtements bariolés, en est un exemple.

Dans son siège flambant neuf, un édifice en verre de 24 400 m2 situé sur la plage de Barcelone et inauguré en juin, l’entreprise dont le slogan est « La vida es chula » (la vie est chouette) affiche une croissance presque insolente par les temps qui courent. Rien d’étonnant à ce que l’Happymetro, un écran sur lequel les employés indiquent leur humeur, affiche un taux de bonheur de 54 %.

OUVERTURE SUR LE MONDE

En 2012, le chiffre d’affaires de Desigual a atteint 702 millions d’euros, en hausse de 20 % sur un an : en dix ans, il a été multiplié par 90. Et pour 2013, la marque qui décline ses collections sur trois thèmes, « Sex, fun and Love », ambitionne d’engranger 820 millions d’euros, 18 % de plus, et d’ouvrir une centaine de magasins dans le monde.

Profitant de la conjoncture pour négocier d’excellents emplacements à bons prix et se positionner pour l’après-crise, Desigual est en plaine expansion. Présente dans 109 pays, avec 350 boutiques en propre et 11 000 points de vente, Desigual serait donc épargnée par la crise.

« Auparavant nous avions une croissance de 50 %… », nuance M. Jadraque. Voire de 75 % ou 100 %. En 2008, la marque dégageait un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros… La clé : une politique d’expansion rapide. « A surface comparable, nos chiffres sont légèrement positifs », précise le directeur général Manel Jadraque au Monde, tout en refusant de communiquer ses bénéfices.

Après les vêtements pour femmes, hommes puis enfants et la maroquinerie, Desigual s’est lancé dans le linge de maison et les chaussures, ce qui lui a permis de diversifier sa clientèle. Elle envisage aussi de lancer à la fin de l’année une ligne de vêtements sportifs et un parfum en 2014.

Ambitieuse, globale, innovante, la marque s’est fait connaître aussi pour ses campagnes de marketing provocantes, comme celle qui consiste à offrir une tenue aux 120 premiers clients qui se rendent en boutique au premier jour des soldes. Son objectif : placer l’un de ses vêtements dans chaque placard du monde.

NEW YORK ET L’ASIE

Cela fait dix ans que Desigual, créée à Ibiza en 1984 par le Suisse Thomas Meyer, exporte en Europe mais Manel Jadraque reconnaît que ces derniers temps, « comme tout le monde, nous avons mis les bouchées doubles pour nous installer à l’étranger. »

Il y a quatre ans, la marque a débarqué aux Etats-Unis, où elle possède 14 boutiques en propre. En septembre, elle défilera pour la première fois à la Fashion Week de New York, et célébrera l’ouverture d’un nouveau magasin sur la 5e avenue.

Déjà présente depuis 2006 en Asie, où elle produit 80 % de sa collection, Desigual a ouvert en 2012 sa première boutique en Chine. Cette année, elle met le cap sur le Brésil, où elle crée une filiale.

Et même quand elle vend en Espagne, elle s’adresse aux touristes étrangers, « qui connectent avec la marque, évocatrice de positivisme et de vacances », souligne le directeur général. Ce qui lui permet de contourner la chute de la consommation nationale.

Si le premier marché de cette marque plutôt chère reste l’Espagne où elle réalise près de 20 % de ses ventes, M. Jadraque assure que ce n’est plus pour longtemps. « En 2014, la France sera notre premier marché. En 2012, nous y avons réalisé 18 % de nos ventes, dans nos 50 magasins propres et 1 000 points de ventes. Et nous ouvrons 15 nouvelles boutiques en 2013, avec pour objectif d’atteindre les 100 magasins propres en 2015. »

Sur le futur de l’Espagne le directeur se dit optimiste. « Nous avons beaucoup de gens disposés à travailler, des prix intéressants pour les terrains, les bâtiments et le coût du travail, beaucoup d’argent privé qui doit commencer à se mobiliser et de plus en plus de gens qui envisagent d’investir en Espagne. Je pense que 2014 sera encore difficile mais que 2015 sera puissante », conclut M. Jadraque, fidèle à la valeur d’optimisme de la marque.

www.desigual.com

Changer le monde, un café à la fois

Les «cafés suspendus» pour passer sa chance au suivant

3 janvier 2014 | Florence Sara G. Ferraris |
Pour Julie Gilbert, propriétaire du café montréalais Ô deux sœurs, dans Rosemont, les cafés « suspendus » qu’elle offre depuis quelques mois créent un lien entre ses clients réguliers et ceux qui sont dans le besoin.
Photo : Annik MH De Carufel – Le DevoirPour Julie Gilbert, propriétaire du café montréalais Ô deux sœurs, dans Rosemont, les cafés « suspendus » qu’elle offre depuis quelques mois créent un lien entre ses clients réguliers et ceux qui sont dans le besoin.
Une association québécoise

Depuis quelques mois, un site Web a été conçu afin de regrouper sous une même bannière les commerçants qui adoptent la formule des « suspendus ». Le but : créer un lieu d’échange et permettre de trouver rapidement ces bons samaritains.

Ainsi, qu’on soit à Sherbrooke (Le Tassé – Café de quartier), à Belœil (le Café Portalia), à Tadoussac (le Café Bohème) ou à Montréal (La Petite Cuillère), il est dorénavant facile de trouver un endroit où passer sa chance au suivant.

De nouveaux venus ont fait leur apparition en 2013 sur les menus de certains cafés indépendants et petits restaurants du Québec. « Cafés en attente », « sandwichs suspendus » et « bouffe solidaire » sont devenus autant de manières de faire du bien avec peu.

Le tableau noir est tout simple. Au menu : cafés, sandwichs et soupes, tous « en attente ». Loin d’être une nouvelle méthode de torréfaction ou de cuisson, la mise en suspens de produits alimentaires consiste ni plus ni moins qu’à donner au suivant.

« Ce n’est pas compliqué, explique Julie Gilbert, propriétaire du café Ô deux soeurs, situé à deux pas du métro Rosemont. Les gens viennent ici, ils achètent un café pour eux et un pour quelqu’un dans le besoin. »

Ouvert depuis trois ans, ce commerce de quartier a adopté le principe au début de l’été 2013 : il était alors le premier de la métropole. D’abord arrivée au Québec par l’entremise de l’équipe du Tam Tam Café, au coeur du quartier Saint-Roch de Québec, l’idée européenne a rapidement fait des petits de notre côté de l’Atlantique.

Depuis avril dernier — mois au cours duquel ce café indépendant a ajouté à son menu les victuailles solidaires —, une dizaine d’autres se sont joints au mouvement. Alors que la nouvelle année débute, il est maintenant possible de mettre des cafés en suspens aux quatre coins de la province, de Tadoussac à Montréal en passant par Sherbrooke et Beloeil.

« Tout le monde le faisait déjà, soutient la propriétaire du café rosemontois avec un sourire convaincu. Mais personne ne l’assumait vraiment. » C’est à la suite d’un échange estival qu’elle-même a décidé de se lancer officiellement dans l’aventure. Elle a confectionné une ardoise et hop ! le tour était joué. Le bouche-à-oreille a fait le reste du travail.

Clients et commerçants

C’est d’ailleurs cette nouvelle rumeur urbaine — et une page Facebook bien partagée — qui a mené, à la mi-novembre, Patrick Pilon, propriétaire du Café-Bistro Bobby Mcgee, à prendre le relais à son tour. « Ça « fitte » parfaitement ici, lance-t-il dans un éclat de rire. Tu es socialiste ou tu ne l’es pas ! »

Plus sérieusement, il explique qu’il s’agit d’une initiative somme toute banale pour les tenanciers. « Il ne faut pas oublier que ce sont les clients qui payent. Ce sont des gens qui sont contents de débourser 10 $ de plus pour offrir deux sandwichs à des étrangers. »

Pour les commerçants, il s’agit surtout de créer un lien entre les consommateurs réguliers et ceux qui n’ont plus les moyens de se payer un simple café, même si ce n’est parfois que pour un temps.

« Il n’y a pas juste des itinérants, insiste Julie Gilbert. Ça peut être un étudiant qui est au bout de ses prêts et bourses et qui, avec ses vingt heures de travail par semaine, n’arrive plus. Ou encore quelqu’un qui commence un nouvel emploi et qui n’a pas eu sa première paye. Je ne suis pas là pour juger et tout le monde peut, un jour, ressentir le besoin d’être aidé. »

Même son de cloche dans Hochelaga-Maisonneuve, bien qu’il s’agisse là du quartier montréalais où les indicateurs de pauvreté sont les plus élevés. « Au-delà des problèmes sociaux, ce sont surtout des gens qui vivent beaucoup d’exclusion, ajoute Patrick Pilon. Venir demander un café ou un sandwich, c’est parfois quelque chose de très nouveau pour eux. »

Difficile, parfois, lorsqu’on a le ventre plein, de concevoir ce que des gestes aussi simples demandent à ceux qui n’ont pas eu de quoi se remplir la panse depuis quelques jours. « On ne s’en rend pas compte, mais venir dans un lieu public et faire le choix de ce qu’on va manger peut vraiment être ardu quand ça ne fait plus partie de notre quotidien », renchérit la propriétaire du café Ô deux soeurs.

Et c’est justement ce lent processus de « réinsertion » qu’elle veut intégrer tranquillement au concept des cafés suspendus. « La première fois se résume souvent à un café pour emporter. Ça peut prendre quelques semaines avant que la personne décide de rester pour manger, souligne la jeune entrepreneure. Récemment, une dame a même donné un rendez-vous galant sous le couvert des cafés suspendus. »

La bonne fortune

La tradition est née à Naples, dans le sud de l’Italie, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Elle voulait alors que celui à qui la chance sourit prenne un caffè sospeso — ou café suspendu — pour ainsi partager sa bonne fortune.

« C’est le moins qu’on puisse faire, soupire Patrick Pilon. On m’a déjà dit que personne ne planifie de finir dans la rue.Ça se déglingue vite, une vie, quand ça va mal, et ces gens, malgré leurs problèmes actuels, ont tous un passé. »

Dans l’absolu, nul ne sait ce que l’avenir lui réserve. Devant cette incertitude, ces propriétaires au coeur sur la main préfèrent donner au suivant, quitte à ne jamais rien recevoir en retour.

DS World Paris : le luxe assumé

Le Point.fr – Publié le 

Le positionnement du label DS nécessitait un show-room au luxe assumé. C’est l’objectif du DS World Paris, avenue François Ier.

Ouvert au public dès ce mercredi 27 novembre 2014, le DS World Paris se veut une boutique de luxe de la marque avec l'univers qui va avec. C'est réussi !
Ouvert au public dès ce mercredi 27 novembre 2014, le DS World Paris se veut une boutique de luxe de la marque avec l’univers qui va avec. C’est réussi ! © DR
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C’est un Philippe Varin tout sourire qui inaugurait hier soir le nouveau show-room DS World Paris, au 33, rue François Ier avec ses 600 m2 sur trois niveaux derrière une façade Art déco classée. Comme presque soulagé de ne pas avoir à ruser avec les journalistes pour annoncer officiellement la nomination de son successeur, Carlos Tavares, tout juste intronisé (lire notre article).Soulagé aussi que Renault ait levé la clause de non-concurrence de son poulain qui emmène tout de même avec lui tout le plan produit à long terme de Renault et, plus partiellement, de Nissan. Soulagé surtout de passer le flambeau à ce fin connaisseur de l’automobile en savourant son choix et méditant sur le peu de temps qu’il lui reste pour boucler les dossiers en cours.

Aucune référence à Citroën

Philippe Varin était donc assez fier d’ouvrir symboliquement les portes du second DS World à Paris après celui de Shanghai en mars dernier (lire notre article), dans le triangle d’or de la capitale, entre les Champs-Élysées avec son C42 dévolu à la marque au double chevron, mais qui ne peut légalement signer de contrat de ventes, et l’avenue Montaigne où les vitrines du luxe à la française révèlent l’image plus que premium des marques nationales : Dior, Lanvin et autre Chanel.

Ici, aucune référence à Citroën, la « ligne DS » devient une marque à part entière, franchissant sans ostentation le segment du premium pour celui du luxe assumé. Unique en Europe, cette vitrine du constructeur DS fait un clin d’oeil au passé avec une DS 19 de 1956 qui accueille le visiteur, comme pour mieux souligner la filiation avec le haut de gamme mythique. 

Signes distinctifs du luxe

Ensuite, la gamme actuelle est déclinée avec une DS3 DS World – nouvelle série très limitée et exclusive à 15 exemplaires – et une DS3 Cabrio posées l’une derrière l’autre au rez-de-chaussée. Les DS4 et DS5 Faubourg Addict (aimable référence à votre gazette préférée…) sont exposées en sous-sol, dans une ambiance feutrée, noir, champagne et carmin, signes distinctifs du luxe. Les peausseries de cuir avec un nuancier, les échantillons de tissus et les vitrines font volontairement dans la présentation luxueuse d’un grand bijoutier implanté à quelques encablures.

Enfin, la marque DS expose le concept car Wild Rubis, dévoilé à Shanghai en mars dernier en même temps que le show-room chinois (lire notre article). Dommage que cette future DS6 ne soit pour l’heure que dédiée à la clientèle de l’empire du Milieu alors qu’un SUV aussi « premium » tiendrait la dragée haute aux concurrents allemands…

Positionnement luxueux, services premium et les clients du DS World Paris auront droit à un petit tour de la capitale en DS23 avec chauffeur ou pourront même louer cette voiture ancienne. On passera rapidement sur la livraison à domicile de sa DS, du service jockey lors de l’entretien ou encore de la conciergerie gratuite pendant un an, des « bonus » devenus monnaie courante dans l’automobile, même avec les marques « low cost ». Précisons enfin que la boutique propose toutes sortes de gadgets, de luxe s’il vous plaît, dans la collection DS Lifestyle : portefeuille, étui de téléphone, porte-clés et ligne de bagagerie en cuir sorti des tanneries Roux et travaillé par le maroquinier Renouard dont le sac DS 48H.

Les fragrances de l’automobile

Bref, un positionnement assumé dans le luxe pour l’automobile et son univers pour une clientèle prête à s’y identifier. Un beau cas de marketing industriel à étudier dans les écoles de commerce ! Philippe Varin pouvait savourer une des grandes réussites de son constructeur et humer une dernière fois l’univers DS… grâce aux fragrances distillées par les bougies et parfums conçus par Antoine Lie de chez Scentys : « Un savant accord, concentré de l’esprit DS, de gingembre, cardamome, poudre d’iris, muscs transparents sur fond de cèdre de Chine et de vétiver d’Haïti » (dixit le patron des lieux, Julien Faux). Gageons queCarlos Tavares, plus habitué aux circuits automobiles, ne sera pas insensible à ces accords parfumés dont Carlos Ghosn pourrait s’inspirer pour le futur haut de gamme Renault, l’Initiale Paris !

 

Luxe à la russe : pourquoi les Russes sont-ils prêts à payer cher?

Rusina Shikhatova publié Mercredi 27 novembre 2013

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Un achat sur quatre de produits de luxe dans le monde est effectué par un citoyen de la Fédération de Russie, indique l’enquête Digital IQ index Russia. Les Russes ont dépensé, en 2012, 8,6 milliards de dollars en objets de luxe. Les chiffres de la société Global Blue, qui assure le service Tax Free, indiquent enfin que la Russie occupe la deuxième place mondiale, après la Chine, en termes de valeur des achats réalisés par ses citoyens à l’étranger.

Luxe à la russe : pourquoi les Russes sont-ils prêts à payer cher?

Les Russes sont des habitués des magasins des Champs-Élysées et de la Via Monte Napoleone : à ce titre, toute boutique européenne digne de ce nom possède, dans son équipe, un vendeur russophone. Et les magasins de la ruelle Stolechnikov à Moscou ne sont pas désertés pour autant : le cabinet américain de consulting Bain&Co estime le volume du marché du luxe en Russie entre 5 et 7 milliards d’euros, ajoutant qu’il continue de croître de façon stable de 12 à 13 % par an. Tout en sachant, comme le souligne Jamil Khaled, directeur général de la société JamilCo, un des leaders de la distribution des marques haut de gamme en Russie, que les produits de luxe coûtent dans les boutiques moscovites minimum 20 à 30 % plus cher qu’à Londres, et 35 à 40 % plus cher qu’à Paris. En effet, les distributeurs, pour couvrir des taxes douanières de 15 % et la TVA à 18 %, établissent des marges de 200 à 300 % sur le prix d’achat. Mais les consommateurs russes ne semblent pas s’en effrayer.

Connaître son prix

À en croire Daria Yadernaya, directrice exécutive du cabinet de consulting Esper Group, les acteurs de l’industrie du luxe qui arrivent tout juste sur le marché russe craignent tout sauf un déficit des ventes. « Les problèmes rencontrés par une nouvelle marque peuvent être liés aux questions de douane ou à la recherche d’un emplacement commercial très fréquenté – surtout à Moscou, où beaucoup de lieux stratégiques importants sont déjà occupés et attribués », précise-t-elle. C’est aussi l’opinion d’Alexandre Chetchikov, du cabinet Luxor Management : « En Russie, assure-t-il, vous pouvez vendre absolument tout ce que vous voulez. » Mais qui est-il donc, ce consommateur de la Fédération de Russie prêt à tout engloutir ?

Luxor Management estime que 0,3 à 0,5 % des citoyens de Russie achètent régulièrement des produits de luxe, avec des consommateurs âgés en moyenne de 35 ans et plus. Il s’agit pour la plupart de gros entrepreneurs, de top managers et de responsables politiques. Ils sont, en outre, fidèles à leurs marques favorites – Chanel, Dior, Gucci et Louis Vuitton, – les mêmes depuis déjà plus de 20 ans. Pour ces clients, l’excellence du service est plus importante que le prix.

Ruelle Stolechnikov à Moscou

Ruelle Stolechnikov à Moscou

Toutefois, on voit surgir dernièrement de nouvelles catégories d’acheteurs. « Pour les gens de 20 à 33 ans, et à la différence de leurs aînés, acheter des objets de luxe n’est pas une fin en soi – pour eux, le luxe, ce sont des sensations hors du commun, des émotions, des aventures », souligne Julia Bevzenko, directrice générale de la société All About Luxe.
Les nouveaux consommateurs de marchandises de luxe peuvent tout aussi bien être des représentants des milieux créatifs et intellectuels que des employés de la sphère des services. Daria Yadernaya a ainsi baptisé « New Luxury » cette génération de consommateurs regardants, sensibles aux prix et qui n’hésitent pas à tester la nouveauté. Leur préférence, en règle générale, va à des marques jeunes, telles Stella McCartney ou Maison Martin Margiella – et ils réalisent souvent leurs achats sur Internet.

La troisième catégorie des consommateurs de luxe pourrait être qualifiée d’« hédoniste » : ce sont des gens qui n’ont pas de marques préférées. Ils aiment simplement faire les magasins, et peuvent allier des marques chères à des produits plus accessibles, leurs marques fétiches – Zara et H&M – ne relevant pas de la classe luxe.

Marques et tendances

Pour les marques haut de gamme présentes en Russie, le principal défi est de faire en sorte que les clients achètent leurs produits sur le territoire plutôt que d’aller faire leur shopping, pour des prix plus avantageux, à Londres ou Paris. Pour atteindre cet objectif, de nombreux fabricants jouent sur l’attrait des Russes pour les produits uniques, et créent spécialement pour eux des collections limitées.

« Près de 40 % de toutes les éditions limitées d’objets de luxe sont vendues en Russie », note Alexandre Chetchikov. Il semble ainsi que plus le lot est mince, plus la demande est élevée – qu’il s’agisse du dernier iPhone ou du sac en python Birkin. Et sur le marché de la Fédération a fortiori, l’achat de marchandises rares est perçu comme une réalisation personnelle. Même les programmes de fidélisation, présents dans presque toutes les chaînes commerciales, jouent de plus en plus sur le sentiment que les marchandises que le client aimerait acquérir sont inaccessibles. « Imaginez que vous recevez une invitation pour une vente privée d’une collection limitée, explique Daria Yadernaya. Vous avez immédiatement envie d’aller voir ce qu’il en est – et, sur place, les vendeurs font tout ce qu’il faut pour que vous ayez envie d’acheter. »
Près de 40 % de toutes les éditions limitées d’objets de luxe sont vendues en Russie

Attirer les nouveaux acheteurs peut aussi passer par une « accoutumance » progressive à la marque, et ce, idéalement, dès le plus jeune âge. Prada et d’autres maisons de couture lancent des collections enfants non seulement pour faire plaisir aux parents, mais aussi en espérant ainsi éduquer « leur » client. C’est dans cette même optique que Louis Vuitton fabrique des porte-clés, des porte-cartes de visite et d’autres petits objets : « En expérimentant un objet au coût accessible et en se persuadant de sa qualité, le consommateur se tournera ensuite vers quelque chose de plus cher », affirme Julia Bevzenko.

De nombreux propriétaires de magasins de luxe à Moscou transforment également leurs boutiques en espaces ludiques de discussion, où les clients peuvent boire un café, bavarder avec un vendeur et apprendre les dernières nouvelles de la marque sur l’écran de leur iPad. « Acheter des objets de luxe a cessé il y a longtemps, pour les Russes, d’être une sortie occasionnelle, confirme Daria Yadernaya. On peut considérer que le shopping est devenu, plutôt, une manière intéressante de passer le temps. »
Les clients russes succombent volontiers lorsque les marques les gratifient de petites attentions – surtout ceux dont le temps est précieux.

« Souvent, les gens n’ont pas le temps d’aller s’acheter un tailleur à Londres, même s’il y coûte moins cher. Pour une ou deux marchandises, ils restent faire leurs achats à Moscou », précise Alexandre Chetchikov. Autre argument de taille pour acheter chez soi : les cartes de fidélité. De nombreuses boutiques moscovites de luxe proposent ce genre de cartes qui ouvrent des réductions souvent très importantes, de 25 à 50 % – chose qui serait parfaitement inimaginable en Europe. C’est ça, l’âme large à la russe : quitte à acheter – c’est du luxe, quitte à solder – c’est au double.

Le luxe des régions

En mai 2013, la direction de Chanel a décidé la fermeture de la première boutique régionale de la marque, à Ekaterinbourg, au bout de quatre ans d’existence.
« L’ouverture dans les régions russes d’un magasin mono-marque est avant tout une question de prestige que de bénéfice réel », déplore Daria Yadernaya. Toutefois, le potentiel du marché de l’Oural et de certaines autres régions est plus important que, par exemple, à Saint-Pétersbourg. Esper Group estime ainsi que les acheteurs réguliers de luxe dans la capitale du Nord ne dépassent pas les cinq cents personnes, et que la proximité de la Finlande et les conditions avantageuses de délivrance des visas incitent les consommateurs potentiels du luxe à acheter à l’étranger. Les habitants de l’Oural et d’Extrême-Orient, en revanche, partiront bien plus volontiers à la « chasse au luxe » à Ekaterinbourg qu’à Moscou – et Louis Vuitton n’a d’ailleurs nullement l’intention de fermer sa boutique de la capitale ouralienne.


Mais que fait cette énorme valise Louis Vuitton sur la place Rouge ?

Le même Louis Vuitton a par ailleurs ouvert, en août 2013, une nouvelle boutique à Sotchi et d’autres marques envisagent également une ouverture dans la future capitale olympique comme un placement prometteur. Par ailleurs, Esper Group souligne que les ventes augmentent aussi de façon stable à Kazan et Krasnodar.

Les positions des acteurs principaux

Le marché des produits de luxe est apparu en Russie dans les années 1990. Et c’est à cette période que sont nés dans le pays les trois groupes de distribution qui se sont, en pratique, partagé le marché entre eux : Bosco di Ciliegi (1991), JamilCo (1993) et Mercury (1994). Depuis, leur position dominante sur le marché n’a quasiment pas bougé ; toutefois, souligne Julia Bevzenko, les nouvelles marques n’ont plus peur de venir en Russie de façon indépendante, vu que le marché et la demande y sont aujourd’hui relativement stables.

La contrefaçon

Sur la contrefaçon, les experts sont partagés. Selon Esper Group, la contrefaçon et l’import « gris » représentent jusqu’à un tiers du marché global du luxe en Russie. Néanmoins, pour Daria Yadernaya par exemple, la contrefaçon ne nuit en rien à la réputation des marques, vu que les consommateurs de copies et ceux de productions authentiques ne se croisent pas. Julia Bevzenko n’est pas d’accord avec cette opinion : « En Russie, souligne-t-elle, à la différence d’autres pays, la contrefaçon ne se cache pas. Et un faux Prada vendu dans un passage souterrain de la place Pouchkine risque d’altérer l’image que les gens ont de la marque et d’influer négativement sur leur envie de se tourner vers elle. » Pourtant, les sociétés elles-mêmes ne cherchent pas à lutter contre la production contrefaite, vu que, assure Alexandre Chetchikov, même l’achat d’un faux peut accoutumer l’acheteur et finir par l’attirer vers la marque authentique.

Le marché des vêtements en Russie

Luxe : 16 %
Premium : 7-8 %
Moyenne gamme : 41 %
(Esper Group)

Croissance du marché, pour 2011 :
Luxe : +11,1 %
Moyenne gamme : +8,45 %
(Bain&Co)

Le groupe Richemont souhaite finalement conserver Lancel

 
L’Expansion.com avec AFP – publié le 08/11/2013 

La rumeur de cession courait depuis plusieurs semaines. Mais le groupe suisse Richemont a décidé de conserver la célèbre marque Lancel. C’est ce qu’a indiqué ce vendredi Gary Saage le directeur financier du groupe.

Le groupe suisse Richemont, le numéro deux mondial du luxe, entend conserver la marque de maroquinerie Lancel, au centre de rumeurs de marché ces dernières semaines, a indiqué vendredi son directeur financier.
« Cela a plus de sens de la conserver », a indiqué Gary Saage lors d’une conférence téléphonique à l’occasion de la publication des résultats du premier semestre du groupe.
Les spéculations autour d’une cession de Lancel se sont multipliées récemment. En mai, Johann Rupert, le fils du fondateur et président du conseil d’administration, avait fait savoir qu’il n’excluait pas de vendre les marques dont les performances s’étaient avérées décevantes.
Mais les rumeurs s’étaient amplifiées après le départ de Marty Wikstrom, qui pilotait la division de mode et accessoires. Elles se concentraient sur Lancel, considérée par les investisseurs comme la marque en première ligne pour une éventuelle cession.
« Richemont est pleinement engagé dans toutes ses marques »
Lors de la conférence téléphonique ce vendredi, Gary Saage a reconnu que Richemont avait annoncé à ses employés qu’il entendait étudier toutes les options possibles pour la marque, ce qui a également alimenté les rumeurs.
Fondée en 1876 à Paris par Angèle Lancel, Lancel est entrée dans le giron de Richemont en 1997. La marque est cependant considérée par les analystes comme un des « enfants à problème » au sein du groupe.
Sur les six premiers mois de l’exercice 2013/2014 décalé, achevé fin septembre, son bénéfice net a affiché une hausse de 10% à 1,18 milliard d’euros, a indiqué le groupe genevois dans un communiqué. Mais la déception est surtout venue de son résultat d’exploitation, qui est ressorti en baisse de 1% à 1,3 milliard d’euros, plombé par des effets négatifs de change.
Résultats décevants
Ses ventes ont en revanche progressé de 4% à 5,3 milliards d’euros, portées par une forte croissance en Europe, où le groupe a continué de bénéficier des achats touristiques, ainsi que dans la région Amériques, où ses recettes ont bondi de 17%.
Dans le détail de ses autres activités, le propriétaire de Cartier et de Van Cleef & Arpels a vu ses recettes progresser de 2% à 2,6 milliards dans ses maisons de joaillerie. La croissance a été plus soutenue dans son portefeuille de marques horlogères où ses ventes ont grimpé de 9% à 1,5 milliard, en particulier grâce à ses montres de haute horlogerie. La maison Montblanc, connue pour ses prestigieux stylos-plume, s’est cependant inscrite en recul de 3% à 358 millions d’euros.
Le groupe a également vu la performance de ses marques de mode Alfred Dunhill et Chloé se détériorer, a-t-il indiqué sans fournir d’indications chiffrées.
Pour le second semestre, le groupe s’est montré prudent face à « l’atonie de l’environnement économique ». Il a prévenu que les risques concernant les taux de changes devraient peser sur ses résultats.
En octobre, après la clôture des comptes, les ventes ont toutefois progressé de 6%, a précisé Richemont qui a mis en lumière des ventes exceptionnelles en haute joaillerie dans la région Asie Pacifique.

www.lancel.com/

Restauration commerciale 2012 : panorama, chiffres clefs et tendances

 
Le 19 juin 2013
2012 marque un ralentissement de l’activité pour la restauration commerciale tant en restauration traditionnelle assise qu’en restauration rapide. Face à cette situation, certains professionnels de la restauration cherchent des solutions de transition et prennent ainsi de nouvelles initiatives afin de se différencier.

Principaux chiffres

Fréquentation en baisse

Alors qu’en 2011 une légère hausse de la fréquentation laissait présager une relance de l’activité (+0.6% en 2011 par rapport à 2010), l’année 2012 a été frappée par une baisse de la fréquentation de la restauration commerciale : -2.2% par rapport à 2011, soit uneperte de 114 millions de visites (source : panel CREST de NPD Group).

Consommation

Selon NPD Group et son panel Crest, les dépenses totales de la restauration commerciale sont estimées à 36 milliards d’euros en 2012, soit – 0.3 % par rapport à 2011.(Périmètre de l’étude incluant en restauration rapide : fastfoods, vente à emporter/livrer, sandwicheries, boulangeries, traiteurs, GMS, cafétérias et restauration traditionnelle assise : cafés, bars, brasseries, pubs, restuarants à thème et non thématiques)

Cependant, la dépense moyenne par visite a augmenté de 1.7 %, elle compense donc, en partie, le recul de la fréquentation et maintient les dépenses totales.

Le nombre de produits consommés par visite et par Français en restauration commerciale a diminué de 3% en 2012 par rapport à l’année précédente avec une baisse en particulier des boissons chaudes et des desserts (Source : NPD Group).

Focus segments de la restauration commerciale

Tous les segments ont été touchés. En effet, la restauration rapide, jusqu’ici épargnée par la crise, connait également un repli de la fréquentation de -2.2%, équivalent à une perte de 77 millions de visites. La restauration traditionnelle assise peine à nouveau avec un recul de la fréquentation à 2%.

Part de marché

CA TTC

en Mds €

Evol.

2012/2011

Fréquentation

Nb d’établis-

sements

Nombre de salariés

Restauration traditionnelle

55,5 %

20

-0.4 %

– 2 %

66 970

366 300

Restauration rapide

44,5 %

16

-0.2 %

– 2.2 %

22 984

156 089

Sources: Xerfi/NPD Groupe, panel Crest France 2012

 Faits marquants du secteur en 2012

  • Retour en force de la gamelle et de la restauration collective.
  • Hausse du coût des matières premières et donc des prix d’achats.
  • Période de crise entrainant une chute du PIB avec une hausse du chômage et donc une baisse du pouvoir d’achat des Français.
  • Hausse de la TVA prévue en janvier 2014 à 10% (vs 7% en 2013).
  • Méfiance des consommateurs face à l’image négative du secteur agroalimentaire et ses nombreux scandales alimentaires.
  • Météo capricieuse.

Face à cette période de mutation, tirer son épingle du jeu en proposant de nouvelles initiatitives est nécessaire

  • Recentrage des enseignes sur le coeur de métier avec cessation d’une partie de leur activité. A titre d’exemple, le groupe Elior a cédé son pôle « concession ». De la même manière, le groupe Frères Blanc a vendu son enseigne, chez Clément, à SDW Services fin 2012.
  • Acquisitions d’enseignes pour renforcer les positions. Le Groupe Le Duff a racheté les chaînes Timothy’s Coffee et Mimi’s café en 2012 en Amérique du Nord après Bruegger en 2011.
  • Emergence de concepts au plus près des attentes consommateurs : les concepts « anti-crises », ceux à thème ou encore les concepts avec une forte théâtralisation : cuisines ouvertes par exemple…
  • Affirmation accentuée de l’identité des enseignes afin de fidéliser la clientèle. A ce titre, Quick a retravaillé le positionnement de son produit leader le burger, qui devient « The power burger ».
  • Renforcement de la communication sur les nouvelles technologies telles que les sites internets, applications mobiles, réseaux sociaux.
  • Diversification produits avec de nouvelles offres innovantes. Par exemple, Domino’s Pizza propose une nouveauté toutes les six à huit semaines en 2012, avec des pizzas en édition limitée. Ou encore, Quick a lancé 37 nouveaux produits dont 17 burgers inédits en 2012.
  • Mise en avant de la qualité des produits, qualité du savoir-faire culinairequalité du serviceavec pour objectif premier : un discours rassurant pour le consommateur.

Performances des enseignes

Les performances des grands groupes de restauration commerciale (aux chiffres d’affaires de +120 M d’euros) sont disparates en 2012. Le groupe leader de la restauration française reste McDonald’s, très largement devant le second Agapes Restauration.

Certains groupes ont connu de très bonnes performances en 2012, notamment grâce aux ouvertures de magasins réalisées. C’est le cas de Subway (+ 90 magasins), La Pataterie (+ 41 magasins), Sodexo (+ 17 magasins), Sushi Shop (NC) et KFC France (+ 11 magasins) . Néanmoins certaines enseignes ont souffert particulièrement comme Autogrill France, le Groupe Flo, Elior ou La Mie Câline .

Groupe Enseignes

CAHT 2011 en M€

Evol 2011/2010

Nb Etablissements

Evol 2012/2011

McDonalds  

4350

+3.6%

1260

+3.4%

Agapes Restauration Flunch, Pizza Paï, Il Ristorante, 3 Brasseurs, Sogood Café, Salad & Co International

960

+3.8%

527

 +2.3%
Quick  

801

+5.2%

379

+0.3%
Elior  

740.5

-0.5%

831

-2.1%
Buffalo Grill  Buffalo Grill, Pizza Pub

610*

NC

330*

+1.2%
Groupe Flo Grandes Brasseries, Hippopotamus, Bistro Romain, Tablapizza, Taverne de Maître Kanter, brasseries, Flo concession

530

-4.7%

284

+2.2%
KFC France

423.5

+10%

146

+8.1%
Holder Paul, Ladurée

395*

NC

340*

NC
Le Duff Brioche Dorée, Fournil de Pierre, Pizza Del Arte

393.2

+7.9%

474

+3.3%
Sodexo Prestige

et Loisirs

Bateaux parisiens, Lenôtre, Lido, Yachts de Paris, Restaurants de la Tour Eiffel, L’Affiche, Sodexo Prestige, Sodexo Sports et Loisirs

331

+35.1%

77

+28.3%
Casino Restauration Casino Cafétéria et Comptoirs Casino, A la Bonne Heure, Cœur de Blé, Villa Plancha

305*

NC

NC

NC
Groupe Bertrand Bert’s, Viaggio, Eris, Bars&Co, Au bureau, Café Leffe, Irish Corner…

295*

+1.7%

270*

NC
Courtepaille

288.9

+2.3%

242

+3.4%
Autogrill France

242.1

-4.9%

405

+8%
SSP Bonne Journée, Café Select, Scappucci, Upper Crust…

197.9

+0.2%

258

-2.6%
Subway France  Subway

185

+39.6%

413

27.9%
Domino’s France  Domino’s Pizza

155

+9.9%

215

+9.7%
Lagardère Services Relais H Café, Trib’s, Hubiz, Panier Frais, Départ Immédiat, Chez Jean, Eric Kayser (franchise)

145.7

+12.8%

379

21.1%
Sushi Shop

135

+22.7%

NC

NC
La Pataterie  

133.2

+36.2%

162

33.9%
Monts Fournil  La Mie Câline

133

-0.7%

198

stable
Groupement des Mousquetaires Poivre Rouge, Restaumarché, Bistrot du Marché

124

+10.7%

229

+3.2%
Newrest  

121*

+11%

Léon de Bruxelles  

120

+0.8%

68

+3%

Des petites enseignes ou groupes émergent avec des concepts innovants et enregistrent des performances prometteuses notamment en terme de chiffres d’affaires. Les enseignes concernées surfent toutes sur la vague du nomadisme/snacking.

 Coffe Crepe
Fast casual New saveurs exo
Bagels

 

Analyse des différents segments de la restauration commerciale

Le secteur est toujours dominé par les Burgers avec une part de marché de 45.6 % en 2012 et une évolution de + 4.1 % par rapport à à l’année précédente. Une des meilleures progressions est réalisée par le segment Terroir, avec une évolution en 2012 de + 35.7 % par rapport à 2011. En cette forte période d’insécurité alimentaire, ce segment Terroir rassure le consommateur avec des produits souvent du qualité rappelant les produits d’antan de nos grands-mères.

Les différents segments de « Saveurs d’ailleurs » ont des performances hétérogènes. Le segment Wok et Thaï, prometteur l’an passé, est en baisse de 1.1 % de chiffre d’affaires entre 2011 et 2012. Le segmentItalie/Sud ne progresse, lui, que très faiblement + 1%.

Les segments en bonne santé :

  • les Sushis + 25.3 % de chiffre d’affaires entre 2011 à 2012
  • les nouvelles saveurs d’Amérique du Sud (Mexique, Argentine) ou Amérique du Nord (Bagels, Hot-dog)
  • les concepts provenant d’Afrique.

De nouveaux concepts émergent. Le segment Fast Casual détient encore une part de marché faible en 2012 (1.1%) mais enregistre une forte évolution de chiffre d’affaires (+ 12.1% en 2012 par rapport à l’année précédente). Le Fast Casual est un segment de marché à la frontière entre la restauration rapide et le bistrot gourmet :

  • Restauration rapide pour le temps de service et les prix.
  • Bistrot gourmet pour la qualité de la nourriture et l’ambiance.

Le segment des Coffee Shops prend également de l’ampleur avec une part de marché proche de 1 %, progressant de 19 % en chiffre d’affaires de 2011 à 2012.

Evol CA par segments.jpg.

* Mexique, Argentine, Afrique

**Bagels, hot-dogs, frites, quenelles

Répartition CA par catégorie

Autres : Restauration traditionnelle (0.9%), Bars/Pubs (0.9%), Coffee Shops (0.9%),

Pâtes (0.6%), Exotique (0.4%), Crêpes/Gaufres (0.3%), Wok/Thaï (0.1%)

Source : B.R.A Tendances Restauration / Food Service Vision, Mars 2013

Sources : d’après Néorestauration Mai 2013 et BRA Tendances Restauration Avril 2013.

De nouveaux concepts de restauration imaginés pour le plus grand bonheur des enfants !

Le 20 septembre 2013

L’enfant est aujourd’hui roi. Le secteur de la restauration l’a bien compris et propose ainsi une offre dédiée aux bambins, à l’exemple de Flunch Kid et P’tit Clément. L’objectif visé : séduire l’enfant pour attirer la famille et ainsi générer du chiffre d’affaires !

En temps de crise, 95 % des Français ont tendance à se replier sur la famille et l’entourage proche selon le baromètre Cevipof réalisé en décembre 2012 (instrument de mesure de la confiance des Français sur les questions sociales et politiques).

La famille étant au coeur des préoccupations françaises, la restauration hors domicile se doit d’intégrer ce phénomène dans sa réflexion stratégique. Dès lors, nombre de concepts pour le bien-être et la satisfaction de la famille toute entière affluent. Afin de convaincre le noyau familial, séduire l’enfant avec une palette de services spécifiques et ludiques est un atout indéniable. Focus sur ces nouveaux concepts en restauration.

L’enseigne chaînée Flunch a crée le concept Flunch kid. Il est issu des retours d’expériences des clients, de remontées d’informations des collaborateurs et de tests effectués sur des sites pilotes. Au sein de cet espace de restauration et de jeux, l’enfant est acteur de ses propres choix ce qui le reponsabilise pour le plus grand bonheur des parents.
En effet, le « jeune client » sélectionne lui-même son repas sur des écrans tactiles dimensionnés à sa hauteur. Il va ensuite récupérer sa commande au comptoir, conçu sur-mesure. Il peut également se servir des légumes à volonté au buffet. Le menu enfant est varié, sain, équilibré et est à un prix attractif. Une aire de jeux très colorée et ludique est à disposition afin de laisser aux enfants un excellent souvenir.

Les restaurants Chez Clément (11 restaurants en France, principalement à Paris) accordent une place toute particulière à leurs hôtes en culottes courtes. Parce que l’éducation gustative se fait dès le plus jeune âge, P’tit clément mise sur la découverte des saveurs en proposant 3 menus plutôt gourmets à base de produit de saison :
Le menu Bambin à 5.80€ pour les moins de 3 ans s’articule autour de l’oeuf bio à la coque et ses mouillettes.
Le menu Junior à 8.90€ pour les 5-7 ans comprend au choix une saucisse ou poulet rôti ou un pavé de saumon et une purée de pommes de terre maison ou des légumes de saison.
Le menu Gastronome à 12.75€ pour les enfants de 8-12 ans : plats issus de la carte des adultes.
En parallèle, la mascotte P’tit Clément offre aux enfants à leur arrivée un diabolo fraise, une toque de chef à leur nom et un set de coloriage avec des crayons de couleurs. Des ateliers ludiques sont également proposés au cours de l’année : ateliers de cuisine, chasse aux oeufs, récrés du goût… Le samedi, l’enfant aura la possibilité d’avoir une pomme d’amour s’il reste bien sage à table aux côtés de ses parents.

L’intégration des préoccupations des enfants dans les nouveaux concepts de restauration 

Dans un contexte de crise, les clients ont plutôt tendance à déserter les restaurants. Preuve en est, la baisse de fréquentation de la restauration commerciale de -2.2 % en 2012 par rapport à 2011, soit une perte de 114 millions de visites (Source : panel CREST/Npd Group). Panorama de la restauration commerciale avec les chiffres clés et les tendances 2013 disponible ici.

Par ailleurs, au vu du nombre réduit des sorties en famille au restaurant, le moment partagé doit être « mémorable », convivial et sans stress pour l’ensemble du foyer. Réussir à captiver l’enfant par des moyens ludiques et pédagogiques semble être un excellent moyen de fidéliser la clientèle familiale existante. Mais aussi de séduire de nouvelles familles tout en générant un chiffre d’affaires supplémentaire pour le restaurateur.
Ces concepts de restauration avec une offre enfant ont donc une carte à jouer et peuvent constituer un réel levier de croissance.

Auteur Emilie MARTIN, CCI Rennes

Prise de commande flunch

Grands bouleversements au BHV

Stéphane Martinelli ©
The Nail Kitchen au BHV/Marais
L’enseigne parisienne culte du bricolage et de l’art de vivre s’offre un lifting ! Nouveau nom, nouveau logo et nouveaux rayons, le BHV/Marais espère séduire une nouvelle clientèle, celle des « urbains créatifs », amateurs de fait-maison et bons vivants.

« Le plus vaste et le meilleur marché du monde ». C’est ainsi que s’autoproclamait le Bazar de l’Hôtel-de-ville au XIXème siècle. L’enseigne culte parisienne opère aujourd’hui un virage notable, en changeant son nom historique de « BHV », et en inaugurant de nouveaux rayons dans son magasin du 4ème arrondissement de Paris. Un lifting pour se remettre dans la course des grands magasins parisiens.

Nouveau nom, nouveaux rayons, nouveau logo, pour viser une nouvelle cible : les « urbains créatifs, ouverts et simples, pointus et attentifs, précurseurs et trendy, […] ultra connectés, anticonformistes, prenant soin d’eux, épicuriens, curieux, adeptes du Do It Yourself, baignés de culture et en quête de sens », indique la communication du BHV/Marais.
Le BHV/Marais ©
Pas question de les confondre avec les « bobos », bien que la comparaison soit tentante. D’autant plus que le BHV a décidé de tourner le dos à la rue de Rivoli, sur laquelle il est situé, pour s’ouvrir davantage au Marais. Le magasin revendique ouvertement son appartenance au quartier « bobo » de Paris, haut lieu de la culture parisienne, en accolant son nom à son sigle, et en offrant à ses clients un plan du Marais dessiné par l’artiste britannique Jenni Sparks.

Réorientation vers la cuisine et le bricolage

Cette métamorphose en douceur est l’occasion pour l’enseigne de renforcer sa présence dans l’univers de la maison. Le BHV/Marais se tourne ainsi vers deux domaines, la cuisine et le bricolage, reflet de la tendance persistante pour le « fait-maison ». 500 m² dédiés aux arts de la table ont été inaugurés en avril 2013. Quant au cultissime espace bricolage, 4.300 m² au sous-sol du magasin, il « a été enrichi de l’offre peinture ».

Pour se rapprocher de l’offre des grands magasins parisiens, le BHV a également inauguré un espace dédié aux chaussures femme, et un autre à la beauté. Et, pour se différencier de ses concurrents, au contraire, il a ouvert un rayon librairie, destiné à devenir « la plus grande librairie du Marais, en y ajoutant les arts créatifs, la papeterie et l’offre multimédia ».

www.bhv.fr

Le neuromarketing, nouveau joujou des industriels pour séduire les consommateurs

De nombreuses entreprises se lancent aujourd’hui dans le neuromarketing, méthode permettant de décortiquer les réflexes cognitifs des consommateurs afin de mieux les connaître, comprendre et appréhender leurs choix, le but final étant l’achat.

Tous les moyens sont bons pour vendre et les entreprises l’ont bien compris. Le consommateur est un être modulable qui agit souvent en conséquence d’un matraquage publicitaire de plus en plus constant et invasif. La perception gustative est alors remplacée par une vraie confiance en la pseudo-qualité d’un produit, assurée par la publicité quotidienne. C’est du moins ce qu’ont tenté de prouver de nombreuses études : une datant de 1980 a prouvé que notre cerveau transformait l’expérience que l’on faisait des produits par leur réputation.

Cette observation alliée à d’autres a donné naissance à un nouveau procédé, le neuromarketing, autrement dit une application des neurosciences au service de la vente. Plus concrètement, il s’agit de comprendre les mécanismes du cerveau, le comportement des consommateurs afin de parvenir à contrer la concurrence. Cette technique utilise les méthodes de mesures cérébrales comme l’IRM et peut être applicable dans toutes les branches du marketing. Récemment, deux psychologues allemands ont ainsi réalisé une nouvelle expérience sur l’alimentation, via les sodas. Publiée dans la revue PLOS One, l’étude s’est intéressée à l’effet « grande marque » dans la perception du goût, comme le rapporte le blog Passeur de sciences du Monde.

Quatre sodas identiques

Pour cela, l’expérience a fait appel à une quinzaine de cobayes volontaires qui ont accepté de noter quatre sodas différents en fonction de leur goût. Allongés dans un appareil IRM, ils se sont vu amener les sodas par un tuyau en visualisant au préalable, le temps d’une demi seconde, la marque de la boisson en question sur un écran. Ainsi, les marques proposées étaient Coca-Cola, Pepsi-Cola, River-Cola (générique d’une chaîne de supermarché allemands) et T-Cola (inventé, mélange à un tiers chacun de Coca, Pepsi et River). L’idée dans le cas du T-Cola étant de proposer une marque inconnue et non identifiable. Il est à noter que les trois autres sodas étaient également de composition relativement identique. Seul le nom changeait. L’utilisation de l’IRM a alors permis d’observer l’activité cérébrale, en particulier les zones du cerveau excitées lors de la dégustation. Sans surprise, c’est le Coca et le Pepsi qui ont enregistré les meilleures notes. Et les chercheurs ont constaté que la zone du cerveau activée était le Striatum Ventral, spécialisée dans la récompense et le plaisir. Ceci suggère que le cerveau s’attendait de toute façon à ce que ces boissons soient les meilleures. L’anticipation de l’effet aurait ainsi influencé le traitement de l’information gustative. Au contraire, les deux autres marques ont elles excité le cortex orbitofrontal qui assigne des valeurs. Les sujets étaient donc en train de décider s’ils devaient aimer ou non ces boissons moins connues et moins diffusées à la télévision. Si ces résultats sont à nuancer, l’étude étant réalisée sur seulement 15 personnes, l’impact de la publicité apparait une nouvelle fois important. Du « temps de cerveau » disponible Le neuromarketing pose actuellement certaines questions éthiques et notamment celle de savoir si l’on peut procéder à ce genre de modulation cérébrale sans encadrement. L’association des consommateurs Center for Digital Democracy a elle fortement critiqué le caractère invasif de cette pratique. Mais il n’est désormais plus un secret que de grandes marques réalisent des tests IRM ou électroencéphalogrammes afin d’observer les réactions de consommation à un nouveau produit. Ce procédé fait d’ailleurs écho à la déclaration de l’ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay, qui parlait de « temps de cerveau disponible » offert par les chaînes de télévision aux publicités, les émissions de télé ayant pour objectif de divertir et rendre le cerveau plus ouvert.

En savoir plus: http://www.maxisciences.com/cerveau/le-neuromarketing-nouveau-joujou-des-industriels-pour-seduire-les-consommateurs_art29856.html
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Le marché du livre résiste encore

Par Alexandre Debouté Mis à jour 
Selon des chiffres que s’apprête à communiquer le panéliste GfK, le marché du livre physique en France n’a reculé que de 1,45 % l’an dernier. Crédits photo : FRANCOIS GUILLOT/AFP

INFOGRAPHIE – Les ventes des libraires ont reculé de 1,5 % l’an dernier. Les graves difficultés de Virgin ne doivent pas cacher les performances de plusieurs enseignes très dynamiques.

Les temps changent. En 1988, quand Virgin s’est installé sur les Champs-Élysées à Paris, certains s’inquiétaient de la menace hégémonique que faisait peser le «mégastore» sur les librairies de quartier. Aujourd’hui, l’enseigne, placée en redressement, pourrait disparaître. La faute à Amazon, comme le laissent entendre certains, dont la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti?

La montée en puissance d’Internet, qui représente désormais 12 % des ventes, est en réalité une donnée du problème parmi d’autres. Selon des chiffres que s’apprête à communiquer le panéliste GfK, le marché du livre physique en France a reculé de 1,45 % l’an dernier, à 3,8 milliards d’euros. Il est donc loin de s’effondrer, alors que, dans le même temps, les ventes de livres numériques demeurent marginales. Virgin a été rattrapé par la crise de la musique, qui est restée trop longtemps le cœur de son offre. Mais c’est loin d’être le cas de tous les vendeurs de livres.

Leclerc, numéro 2

«Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, estime Yves Marin, spécialiste de la distribution chez Kurt Salmon. Même si les voies d’accès aux produits se sont multipliées, c’est un marché où la demande reste forte.» La Fnac, premier libraire en France avec une part de marché de 16 % tous circuits confondus, a suivi la tendance, avec un effritement de ses ventes de livres de 1,5 % en 2012. «Nous étions très inquiets au premier semestre, mais l’année s’est plutôt bien finie», indique Élodie Perthuisot, directrice du livre de la Fnac (PPR), qui défend le positionnement «référent» de l’enseigne (90 magasins en France).

«Internet ne tue pas le marché, renchérit Pierre Coursières, PDG du Furet du Nord. Pour réussir, il faut avoir le bon mix produits et des charges locatives raisonnables.» Parmi les libraires indépendants, le Furet tire très bien son épingle du jeu. Tout comme Decitre dans la région lyonnaise ou de grandes librairies de centres-villes, comme Ombres Blanches à Toulouse, Le Failler à Rennes ou Gibert à Paris. Ce sont des librairies qui misent sur un nombre important de références en littérature, ciblent les familles (scolaire, pratique, loisirs créatifs) et développent des politiques actives d’animation.

Loin du foin médiatique qui prédit la fermeture de centaines de points de vente du livre si rien n’est fait pour protéger les indépendants, victimes de la concurrence d’Internet et des grandes surfaces, deux enseignes se sont fait une place au soleil. Le distributeur alimentaire Leclerc a créé ses premiers «espaces culturels» dès 1989. Avec succès. L’enseigne dispose aujourd’hui d’une force de frappe de 215 points de vente en coopérative et revendique le rang de deuxième libraire de France. Son chiffre d’affaires aurait progressé de plus de 6 % l’an passé. Comme la chaîne concurrente Cultura, dont le patron est lié à la famille Mulliez (Auchan), Leclerc a ciblé les zones de chalandise où il y a un déficit d’offre: périphérie des grandes villes pour Cultura et petites ou moyennes agglomérations pour Leclerc.

 

Les petites librairies de quartier menacées

Dans les espaces culturels, la moitié de la surface de vente est consacrée aux livres (60.000 références, contre 10.000 en hyper) avec un personnel très qualifié. «Le livre est au cœur de notre offre avec une profondeur de spécialiste», explique Hugo Bélit, adhérent Leclerc à Pau. Cultura (52 succursales) poursuit de son côté une stratégie d’implantation dynamique depuis quinze ans en ouvrant de plus grands magasins (jusqu’à 6000 m2), où le livre réalise un gros tiers des ventes, à côté des loisirs créatifs et de la papeterie. L’enseigne, qui dispose d’une solide trésorerie, envisagerait de racheter une partie des 26 magasins Virgin. À périmètre constant, elle indique avoir enregistré une progression «significative» de ses ventes de livres en 2012.

Ce sont en fait surtout les petites librairies de quartier, dont les charges foncières sont trop élevées, qui sont le plus menacées. Leur très faible rentabilité rend leurs marges de manœuvre de plus en plus limitées.


La remise de 5 %: stop ou encore?

Un temps envisagée puis apparemment rejetée par le gouvernement, la suppression de la remise des 5 % sur le livre, la seule autorisée par la loi Lang, fera-t-elle partie du plan de soutien à la librairie indépendante que doit présenter la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, au Salon du livre fin mars? Le Syndicat national de la librairie (SNL) soutient que cette suppression permettrait aux petits libraires, dont la rentabilité est aujourd’hui quasi nulle, de récupérer 2 à 3 points de marge. Selon lui, le critère du prix n’est pas déterminant pour se rendre en librairie. Seuls les grands acteurs de la vente en ligne, Amazon en tête, et la grande distribution pratiqueraient ce rabais de 5 % pour tout achat. Il constituerait notamment un élément de dynamique commerciale sans condition de détention d’une carte de fidélité. De leur côté, la Fnac ou Cultura ne le feraient pas systématiquement. Les discussions se poursuivent entre les acteurs de la filière. Réponse au printemps.


L’avenir de Virgin

Les repreneurs éventuels ont jusqu’à la mi-mai pour se déclarer candidats à la reprise, totale ou partielle, des 26 magasins Virgin, placés en redressement judiciaire le 14 janvier dernier. Mais les offres ne se bousculent pas. Le chiffre d’affaires de l’enseigne (environ 300 millions d’euros en 2011) est en recul de plus de 10 % avec des pertes nettes de plus de 10 millions d’euros par an. Virgin a raté le virage du numérique dans la musique et la vidéo, où Apple et Amazon prospèrent. L’offre de Patrick Zelnik, PDG du label indépendant Naïve, qui souhaite redonner sa «vocation de spécialiste» au navire amiral de Virgin, sur les Champs-Élysées, ne tiendrait pas la route, faute de financement. Les seuls espoirs de l’enseigne, détenue à 74 % par le fonds Butler Capital Partners et à 20 % par Lagardère, viendraient de la chaîne Cultura, qui disposerait du cash suffisant pour reprendre certains magasins. Une vente par appartements que veulent à tout prix éviter les 1000 salariés de Virgin.


Amazon: les subventions de la discorde

Dans une tribune publiée en décembre dernier, les patrons de plusieurs enseignes (dont Cultura, Decitre ou Le Furet du Nord) se sont dits «révoltés» de l’obtention par Amazon d’aides publiques d’un montant de plus de 1 million d’euros pour le recrutement de 250 salariés affectés à son futur entrepôt logistique du Nord-Pas-de-Calais, subventions qui viendraient s’ajouter à celles perçues pour son site de Saône-et-Loire. Une situation qui a aussi suscité l’ire d’Alexandre Bompard, le patron de la Fnac, qui dénonce les «pratiques hégémoniques et le dumping fiscal et réglementaire» du géant américain de l’e-commerce. Les collectivités locales devraient confirmer ces aides. Mais l’affaire cristallise la haine des petits libraires contre le grand méchant Américain. Amazon est notamment accusé de pratiquer une remise interdite et de contourner la loi sur le prix unique en ne facturant pas les frais de port. Le Syndicat de la librairie française l’a attaqué en justice. Il a gagné en première instance, mais Amazon a fait appel.

Yves Rocher laureat des trophés de la MCMA pour la France

Le 6 décembre dernier, le prix de la meilleure chaine de magasins de l’année 2012 pour la France a été remis à Yves Rocher à l’occasion de la présentation à la presse et à l’ensemble du monde du retail du palmarès des Trophées de la MCMA 2012 lors d’une conférence à l’hôtel Bedford à Paris dans le 8ème.

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La Meilleure chaine de magasins est une enquête consommateurs ayant eu lieu chaque année de mai à septembre depuis 2008. Cette enquête, l’une des plus grandes d’Europe, a recueilli 2012, plus de 43 000 évaluations de consommateurs en France. Le but est de connaître l’avis des Français sur plus de 158 enseignes reconnues.

Les principaux enseignements de l’enquête :  

– Le score moyen de l’an dernier était de 6.14, il est cette année de 6.11.

– Les consommateurs ont donné la meilleure évaluation au critère Amabilité envers le client.

– L’aspect le plus important est, comme l’an dernier, le rapport Qualité / Prix.

– Les autres aspects Prix sont évalués comme les deuxième et troisième aspects les plus importants selon une enquête client Q&A Research & Consultancy effectuée entre avril 2012 et fin octobre 2012 auprès de 14 000 consommateurs français représentatifs de la population.

Pour la cinquième fois, les consommateurs ont pu évaluer leurs chaines de magasins favorites sur les aspects suivants : Rapport Qualité /Prix, Niveau de Prix, Promotions & Offres, Assortiment, Service, Expertise du Personnel, Innovation, Amabilité du Personnel envers le Client, et Atmosphère du Magasin.

Un échantillon est sélectionné au départ de l’enquête afin de déterminer l’importance à donner à chaque critère. De cette façon, les gagnants par catégorie sont déterminés de façon honnête et fiable.

Yves Rocher est la Chaîne de Magasins de l’Année France 2012

Yves Rocher est choisi par les consommateurs français comme le gagnant toutes catégories de l’élection. L’an dernier, Lidl avait terminé premier et Yves Rocher 8e. Cette année, Lidl est second, et Orchestra est troisième. Yves Rocher est numéro 1 grâce a son score exceptionnel sur les aspects Prix.

Le palmarès :

Cette année, les gagnants ont reçu leurs prix des mains de nos partenaires: Havas 360, Les Affranchis, Newim et Q&A.

Les Vainqueurs des 20 catégories sont les suivants:

Catégorie Enseigne Note globale /10
Agences de voyage Thomas Cook 6,15
Beauté et Parfumerie Yves Rocher 7,28
Bébé et enfant Orchestra 7,19
Bricolage et Jardinage BRICO DÉPÔT 6,90
Chaussures La Halle aux chaussures 6,34
Hypermarchés et Supermarchés Lidl 7,25
Joaillerie Maty 6,44
Jouets TOYS “R” US 6,73
Lingerie Etam lingerie 6,86
Livres, Culture et Jeux Fnac 6,58
Maison et Décoration IKEA 7,01
Mode et Accessoires Claire’s 6,13
Multimédia et Electroménager Darty 6,24
Opticien Générale d’Optique 6,51
Restauration à emporter Quick 5,69
Sandwicherie et Croissanterie La Brioche dorée 6,52
Sport DECATHLON 6,98
Téléphonie Bouygues Telecom 5,77
Vêtements femme MS Mode 7,14
Vêtements homme Kiabi 6,48

Les critères de prix déterminants

Les résultats de la recherche menée par Q&A Research & Consultancy, montrent que les critères prix (rapport qualité/prix, niveau de prix, promotions et offres) déterminent la performance à hauteur de 60%. Une légère baisse de 1% par rapport à la grille d’évaluation de l’an passé. Par ailleurs, si le score moyen a diminué, la note moyenne concernant l’Amabilité envers le Client a augmenté. La note moyenne sur cet aspect est de 7.06. Les aspects service obtiennent une meilleure note par rapport à l’an dernier.

Structure de l’étude

Les évaluations des consommateurs sont transmises sur le site internet www.meilleurechainedemagasins.fr. Durant trois mois, les retailers ont demandé aux consommateurs de participer à l’élection par l’usage de newsletters, banners sur leur site internet, et sur divers supports en magasin. En plus d’évaluer leur chaine de magasins favorite, les consommateurs avaient la possibilité d’évaluer deux autres enseignes dans la même catégorie ou dans une catégorie différente sur les neuf différents critères. Au préalable un échantillon représentatif est sélectionné dans un panel pour déterminer l’importance des différents critères, pour chacune des catégories.

Le réveil économique du « dragon » indonésien

LE MONDE ECONOMIE | Par Bruno Philip avec Chloé Hecketsweiler – Makassar (Indonésie), envoyé spécial
Le bâtiment de la Banque d'Indonésie à Djakarta en février 2010. L'Indonésie est désormais très convoitée par les investisseurs étrangers.

 

Le voyageur nostalgique à l’esprit encore habité par le souvenir littéraire des tribulations de Joseph Conrad sur la route des épices aura toutes les raisons d’être sidéré en débarquant dans le hall du luxueux aéroport de Makassar : rattrapée par la bouillonnante modernisation et le dynamisme économique de l’Indonésie, cette grande ville d’environ un million et demi d’habitants n’a plus rien àvoir avec l’aimable et proprette capitale des anciens sultans de Gowa, où l’écrivain-voyageur accosta à la fin du XIXe siècle. Dans ses rues, les McDonalds et les cafés Starbucks côtoient désormais les échoppes locales.

Située à 1 400 kilomètres au nord-est de Djakarta, Makassar, sur l’île de Sulawesi (l’ex-Célèbes), est l’un des symboles du réveil économique de l’Indonésie, qui affiche désormais la plus forte croissance des pays du G20 après la Chine (6,3 % en 2012). En 2012, le géant du conseil McKinsey a classé Makassar dans le peloton de tête des trois villes indonésiennes de taille moyenne en phase de décollage rapide : 8,6 % de croissance !

Le maire de la cité, Ilham Arief Sirajuddin, n’est pas peu fier de décrire la réussite de Makassar : « Comprenez d’abord que Makassar a l’avantage de sa position géographique : nous sommes devenus le « hub » de l’Indonésie orientale en termes de transports et de flux commerciaux car nous sommes idéalement situés entre Bornéo et la Papouasie, explique cet homme replet à la fine moustache. Dès mon arrivée aux affaires, j’ai senti que Makassar représentait une opportunité pour les investisseurs. » Surnommée « la porte de l’Indonésie de l’Est », Makassar doit maintenant se transformer en « salle de séjour » de la région, pour reprendre la métaphore préférée de M. Sirajuddin. « Un endroit où l’on ne fait pas que passermais où l’on s’installe. »

LE TOURNANT A LIEU EN 1998

L’évolution de Makassar s’inscrit, entre autres villes, dans le récent cheminement de cette nation jeune – son indépendance réelle date de 1949, quand le colonisateur hollandais a lâché pour de bon les rênes. Pour le pays, le tournant a lieu en 1998, avec le départ forcé du vieux dictateur Suharto, au pouvoir depuis 1967. L’avènement de la démocratie marque le début d’une nouvelle ère politiqueet économique qui a bouleversé cette nation de 246 millions d’habitants, à 88 % musulmane.

« Notre succès date du début des années 2000, mais il s’est confirmé grâce à ces huit dernières années durant lesquelles nous avons bénéficié d’une stabilité politique inédite, raconte ainsi à Djakarta le célèbre homme d’affaires sino-indonésien Sofjan Wanandi, qui fut dans une autre vie proche de l’ancien « général président » Suharto.

« Une cinquantaine de millions d’Indonésiens gagnent entre 3 500 et 5 000 dollars américains par an [soit moins qu’en Chine et en Thaïlande, mais beaucoup plus qu’en Inde et au Vietnam]. Nous avons une démographie dynamique, d’importantes ressources minières et agricoles. Mais notre gros problème est le manque d’infrastructures », soupire le magnat de 70 ans, sanglé dans sa chemise de batik bariolée.

Derrière lui, comme pour renforcer le versant optimiste de son propos, la capitale de l’Indonésie dresse ses dizaines de tours dans le ciel alourdi par les nuages de la mousson de janvier. « Si nos infrastructures étaient meilleures, le pays pourrait dépasser les 8 % de croissance », prédit-il.

UNE ENVELOPPE DE 420 MILLIARDS DE DOLLARS

Le gouvernement du président Susilo Bambang Yudhoyono, dont le deuxième mandat s’achève en 2014, en est bien conscient. Il a débloqué l’an passé une enveloppe de 420 milliards de dollars (309 milliards d’euros) pour financer le développement d’autoroutes, d’aéroports et de ports.

Une manne pour l’industrie indonésienne qui a vu, en quelques années, émerger des groupes très puissants, tel celui de l’ancien vice-président Jusuf Kalla, qui a notamment construit le nouvel aéroport de Makassar.

A leurs côtés, les étrangers aussi se précipitent : leurs investissements ont bondi de 37 % en 2011, pour atteindre un total de 19 milliards de dollars, et le Fonds monétaire international estime qu’ils dépasseront les 21 milliards cette année.« Les Japonais et les Coréens sont de loin les premiers investisseurs, mais les Européens commencent à se réveiller, précise Jean-Pierre Felenbok, associé du cabinet de conseil Bain & Company, qui vient d’ouvrir un bureau à Djakarta.Echaudés par la crise asiatique de 1997, les Français sont un peu en retard mais les positions sont loin d’être figées. »

Parmi ceux qui ont fait très tôt le pari de l’Indonésie : Alstom, Schneider, Total, Lafarge, Danone ou encore L’Oréal, qui a inauguré, en novembre 2012, près de Djakarta sa plus grande usine au monde.

Pour tous les groupes installés dans l’archipel, l’objectif est double : profiter bien sûr de l’explosion de la demande intérieure, mais aussi faire du pays une base d’exportation pour rayonner dans l’ensemble de la région. Avec un atout : le coût de sa main-d’oeuvre, encore relativement faible par rapport à celui d’autres pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est et même de la Chine.« Aujourd’hui, la main-d’oeuvre indonésienne coûte moitié moins cher que la main-d’oeuvre chinoise employée dans les grandes zones industrielles de l’est de la Chine », constate M. Felenbok.

LOURDEURS BUREAUCRATIQUES

Seul frein à cet enthousiasme : l’apparition avec la démocratie de lourdeurs bureaucratiques dont la dictature ne souffrait pas autant. « Nous avons été trop rapides dans le processus de décentralisation, regrette encore M. Wanandi. Il n’aurait pas fallu l’imposer dans nos quelque 500 districts. Le processus de décision est trop lent, trop compliqué désormais. Tout projet doit être approuvé depuis le gouvernement central jusqu’aux gouvernements locaux en passant par le Parlement. » M. Wanandi a beau vanter les mérites de la démocratie, on sent que les difficultés liées à son essor le dérangent un peu.

Fauzi Ichsan, l’un des directeurs de la Standard Chartered Bank, à Djakarta, est plus nuancé : « Pour évoluer, nous avions le choix entre deux modèles : l’Inde ou la Chine. Nous avons choisi l’Inde, en essayant de combiner démocratie et économie libérale. Ce type de modèle a inévitablement des effets induits, telle l’inefficacité bureaucratique de gouvernements locaux », souligne ce banquier, en insistant aussi sur les efforts faits par le pays pour se restructurer après la crise économique asiatique de 1997.

Egalement optimiste, Philippe Courrouyan, président à Djakarta de la branche indonésienne du comité des conseillers du commerce extérieur français, assure que « l’Indonésie est un pays en marche, au rythme souvent chaotique, mais qui bouge et où tout reste à faire ! ».

Tous les investisseurs, en revanche, pointent du doigt le fléau de la corruption. Malgré les efforts affichés par le gouvernement, le mal demeure endémique. Dans son classement 2012, l’ONG Transparency International a même rétrogradé le pays de 18 places, l’Indonésie étant maintenant 118e sur 176.

A Makassar, le maire balaie d’un revers de la main ces critiques : « Ici, martèle M. Sirajuddin, on va vite. On fait accélérer les choses, on peut vous donner un permis de construire en trois jours, là où ça en prend douze ailleurs ; et une licence d’import-export en un mois, là où ça traîne dans d’autres provinces. » Des réflexes hérités d’une longue histoire de carrefour commercial : dès le XVIe siècle, commerçants portugais, chinois, arabes, indiens, javanais, siamois et malais accostaient à Makassar pour acheter l’or, les perles, le cuivre et les épices, dont le clou de girofle et la noix de muscade.

INSTALLATION PORTUAIRE EN PLEIN ESSOR

Makassar, lovée dans une crique, offre désormais le spectacle d’une ville moderne, ouverte sur le détroit qui porte son nom. Une mosquée un peu futuriste, bleu et blanc, dresse ses minarets pointus sur le front de mer, bétonné de neuf. Le long de la jetée, de grandes et orgueilleuses lettres rouges fixées sur la rambarde affichent en grand le nom de Makassar et la couleur de ses ambitions.

Dans le port, sitôt quittée la rue qui le longe et où s’alignent bars louches et maisons de passe déguisées en karaoké, on prend la mesure d’une installation portuaire en plein essor : d’immenses grues montées sur roues chargent des conteneurs dans des cargos quand, un peu plus loin, des passagers venus de Java, de Papouasie, des Moluques débarquent d’un bateau de ligne.

« Depuis Makassar, nous commandons un réseau couvrant 24 ports de l’Indonésie de l’Est, explique dans son bureau du port Abdul Azis, l’un des responsables de l’administration. Nous sommes le troisième port du pays après Djakarta et Surabaya, avec un mouvement de 800 000 conteneurs par an. Nos capacités en termes de stockage de conteneurs augmentent de 15 % annuellement depuis 2007. »

Un appel d’offres a été lancé pour la construction d’un port encore plus grand, qui pourra relier directement Makassar au reste de l’Asie et du monde – ce qui n’est pas encore le cas. Les nouvelles installations devraient voir le jour d’ici une dizaine d’années, non loin de l’actuel port de pêche où la houle fait encore danser sur les vagues de nombreuses goélettes blanches traditionnelles…

PÉTROLE, GAZ, OR, NICKEL, COBALT…

Dans les cargos qui quittent l’Indonésie, on trouve du charbon, (l’Indonésie est le premier exportateur mondial), du pétrole, du gaz, de l’or, du nickel, du cobalt, du caoutchouc et, bien sûr, de l’huile de palme. Autant de richesses qui dopent la croissance économique du pays, avec des géants mondiaux comme Sinar Mas, Wilmar, Golden Agri-Resources (tous trois dans l’huile de palme), Bumi Resources ou Adaro Energy (charbon). A lui seul, Wilmar, qui emploie près de 90000 personnes, est l’un des plus grands groupes agroalimentaires d’Asie. En 2011, son chiffre d’affaires a dépassé les 44 milliards de dollars.

Les exportations ne représentent cependant que 25 % du produit intérieur brut indonésien, comparé aux 70 % en moyenne dans les autres pays de l’Asie du Sud-Est. Résultat : bien qu’elles aient chuté de 8,5 % au deuxième trimestre 2012, la croissance économique indonésienne n’a pas fléchi.

Son véritable moteur ? Un gigantesque marché intérieur dopé par le développement rapide de sa classe moyenne, ces 50 millions d’Indonésiens qui gagnent plus de 4 000 dollars par an. « Et ce chiffre progresse de 3 % à 5 % par an! », souligne M. Felenbok.

On voit aujourd’hui ces Indonésiens aux revenus plus confortables se bousculerdans ces malls gigantesques qui se multiplient partout. A Makassar, il vient de s’enouvrir un, fréquenté par une population encore assez maigrelette en ce dimanche pluvieux de fin janvier. Mais tous les ingrédients du succès sont là : chaînes de restauration rapide américaines, magasins d’électronique, supermarché Carrefour… Comme dit M. le Maire : « Mon but, c’est de faire évoluer la marque Makassar. » Le souvenir de Joseph Conrad et des sultans assoupis de Gowa s’est dissipé dans les brumes du détroit.

Phox et Boulanger mutualisent leurs achats

Publié le 5 février 2013, par Philippe Beaulieu

L’enseigne coopérative Phox (230 points de vente pour 185 adhérents) a mis en place un partenariat pour des achats en commun avec Boulanger (130 magasins).

Le réseau Phox, qui se définit comme « le shop photo » a donné, depuis le début 2013, un mandat exclusif à la centrale de Boulanger (2 milliards de francs de chiffre d’affaires, 130 magasins) pour négocier pour son compte les conditions générales de référencement, d’achat, les contrats-cadres et les contrats de service après-vente. En revanche, les approvisionnements et la logistique demeurent spécifiques à chaque réseau. L’accord, assez logique dans la mesure où les deux enseignes interviennent sur les mêmes marchés, leur permet de former désormais le deuxième acteur à l’achat du marché de la photo, juste derrière la Fnac.
« Cette alliance à l’achat ne retire en rien l’indépendance stratégique des deux enseignes« , précise toutefois dans un communiqué, Bruno Lauvray, Directeur Général de Phox. La chaîne (230 points de vente pour 185 adhérents) avait déjà choisi, en 2008, de s’allier à Euronics France pour la distribution d’un certain nombre de produits numériques (tablettes, écrans, etc.).
Cette stratégie permet à Phox, dans un contexte où, depuis l’arrivée du numérique, le secteur a tété durablement touché, de poursuivre son repositionnement en élargissant son offre et en développant de nouveaux services, tout en améliorant sa rentabilité. Parmi les autres projets en cours : un nouveau concept magasin, qui devrait voir le jour dans le courant de l’année.

Printemps cherche une solution pour sa filiale Made in Sport

Copyright Reuters

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la tribune.fr | 05/02/2013,

Le groupe de distribution chercherait à se débarrasser de sa filiale qui perd de l’argent, et dont le concept est à bout de souffle. L’enseigne pourrait se transformer en magasins Citadium, plus haut-de-gamme.

Made in Sport passera-t-il le printemps ? En tout cas, sa maison-mère chercherait à s’en séparer, d’après une information du Figaro. La chaîne de boutiques de sport fait perdre de l’argent à Profida, filiale du groupe Printemps. Sur son exercice 2011-2012, la société qui possède également les magasins Citadium, avait perdu 2,43 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 78,86 millions d’euros.

Selon Frédéric Tain, de la lettre professionnelle sport-guide.com, cité par Le Figaro, l’enseigne souffre d’un manque de stratégie de la part de la direction qui se contente d’une « gestion a minima » depuis une vaine tentative de revente il y a deux ans. Le réseau de la marque s’est également beaucoup réduit, passant de 20 à 13 points de vente.

Un concept en échec

Il faut dire que le concept du magasin qui consiste à vendre des produits dérivés de grands clubs sportifs n’a pas convaincu les consommateurs. Les concurrents (Courir, Foot Locker…) vendent les mêmes produits tout en mettant en avant des produits de grande consommation, comme les chaussures de sport notamment drainant ainsi une plus large clientèle. L’autre volet du concept de Made in Sport qui consiste à gérer des boutiques consacrées à des clubs de football, ou à de grands événements sportifs (24h du Mans, Dakar), est également à bout de souffle. L’Olympique de Marseille vient de lui retirer la licence pour les trois boutiques sous ses couleurs.

Made in Sport remplacé par Citadium?

Le groupe réfléchit à transformer son réseau sous l’enseigne Citadium qui, lui, remporte un franc succès. La boutique de Beaubourg est ainsi déjà devenue une enseigne Citadium. Un spécialiste du secteur, cité par le quotidien, estime que Made in Sport pourrait tout simplement disparaitre dans le courant de l’année.

Le groupe Printemps est actuellement à la recherche de repreneurs. Deutsche Bank, qui possède 70% du capital via sa filiale de capital-investissement, a annoncé l’année dernière son intention de vendre sa participation. Les Galeries Lafayette ont fait part de leur intérêt, mais veulent s’emparer de l’ensemble du capital. Or, la famille Borletti (30% du capital) ne souhaite pas vendre et cherche un repreneur alternatif aux Galeries Lafayette.

Excellente performance de LVMH en 2012

31 janvier 2013

Les ventes de LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton, leader mondial des produits de luxe, progressent de 19 % en 2012 et atteignent 28,1 milliards d’euros. Ce chiffre tient compte de l’intégration de Bulgari depuis le 30 juin 2011. La croissance organique des ventes ressort à 9 %. Tous les groupes d’activités connaissent une excellente dynamique en Europe, en Asie et aux Etats Unis. Louis Vuitton, en particulier, enregistre à nouveau sur l’année une croissance à deux chiffres de ses ventes.

Au quatrième trimestre, les ventes augmentent de 12 % par rapport à la même période de 2011. La croissance organique s’établit à 8 %. Les tendances sur le dernier trimestre montrent une légère accélération de la croissance par rapport au troisième trimestre 2012.

Le résultat opérationnel courant s’élève à 5 921 millions d’euros, en hausse de 13 %, une performance d’autant plus remarquable qu’elle se compare à une année 2011 déjà en très forte progression. La marge opérationnelle courante ressort à 21 % en 2012. Le résultat net part du Groupe s’établit pour sa part à 3 424 millions d’euros, en croissance de 12 % par rapport à 2011.

M. Bernard Arnault, Président-Directeur Général de LVMH, a déclaré : « LVMH accomplit à nouveau en 2012 une performance remarquable indépendamment du contexte de ralentissement économique en Europe. Toutes nos Maisons ont fait preuve d’un dynamisme exceptionnel porté par l’innovation et la qualité de leurs produits, renforçant leurs positions dans leurs marchés historiques et poursuivant leur développement dans les nouveaux marchés. Au-delà de l’attractivité de nos marques, l’efficacité de notre stratégie est le fruit du talent de nos équipes et de leur motivation. LVMH compte renforcer encore en 2013 son avance mondiale dans l’univers des produits de haute qualité en s’appuyant sur la pertinence de sa stratégie à long terme ».

L’année 2012 a été marquée par :

• Un résultat opérationnel courant qui approche les 6 milliards d’euros,
• De nouveaux gains de parts de marché partout dans le monde,
• Une forte dynamique aux Etats-Unis,
• La poursuite d’une avancée rapide en Asie,
• Une forte progression des Vins et Spiritueux,
• Une croissance à deux chiffres des ventes de Louis Vuitton, qui s’accompagne d’un niveau exceptionnel de rentabilité,
• Une amélioration des performances des autres marques de Mode et Maroquinerie,
• Le parcours remarquable de Parfums Christian Dior qui accentue son avance dans son univers concurrentiel,
• Un renforcement continu des positions de DFS et de Sephora grâce à leurs offres innovantes de produits et de services,
• Les excellents résultats de TAG Heuer et l’intégration pour la première fois sur une année pleine de Bulgari,
• Un cash flow disponible de 2,5 milliards d’euros.

En millions d’euros 2011 2012 % variation
Ventes 23 659 28 103 + 19 %
Résultat opérationnel courant 5 263 5 921 + 13 %
Résultat net part du Groupe 3 065 3 424 + 12 %
Cash flow disponible* 2 177 2 474 + 14 %

* Avant investissements financiers, opérations en capital et opérations de financement.

Par groupe d’activités, l’évolution des ventes est la suivante :

En millions d’euros 2011 2012 % variation
2012 / 2011
Publiée Organique*
Vins & Spiritueux 3 524 4 137 + 17 % + 11 %
Mode & Maroquinerie 8 712 9 926 + 14 %  + 7 %
Parfums & Cosmétiques 3 195 3 613 + 13 %  + 8 %
Montres & Joaillerie 1 949 2 836 + 46 %  + 6 %
Distribution sélective 6 436 7 879 + 22 % + 14 %
Autres activités et éliminations (157) (288)
Total LVMH 23 659 28 103 + 19 %  + 9 %

à structure et taux de change comparables.

Par groupe d’activités, le résultat opérationnel courant a évolué comme suit :

En millions d’euros 2011 2012 % variation
Vins & Spiritueux 1 101 1 260 + 14 %
Mode & Maroquinerie 3 075 3 264 + 6 %
Parfums & Cosmétiques 348 408  + 17 %
Montres & Joaillerie 265 334  + 26 %
Distribution sélective 716 854  + 19 %
Autres activités et éliminations (242) (199)
Total LVMH 5 263 5 921  + 13 %

Vins et Spiritueux : fortes avancées des cuvées et qualités prestigieuses

L’activité Vins et Spiritueux réalise une croissance organique de 11 % de ses ventes. Son résultat opérationnel courant progresse de 14 %. Dans la continuité de la tendance favorable du marché des vins et spiritueux en 2011, la demande est restée soutenue en 2012. Outre la progression des volumes, l’amélioration du mix produits et une politique de prix ajustée contribuent à cette excellente performance. L’activité champagne connaît de fortes avancées de ses cuvées de prestige, rosés et millésimes. Les vins pétillants et tranquilles d’Estates & Wines enregistrent une nouvelle croissance significative. Le cognac Hennessy réalise une très belle année pour l’ensemble de ses qualités et dans toutes les régions. La vodka Belvedere connaît une bonne dynamique hors des frontières américaines tandis que les whiskies single malt Glenmorangie et Ardbeg enregistrent des progressions rapides sur leurs marchés clés. L’ensemble des maisons du groupe d’activités profite ainsi pleinement de la stratégie de valeur poursuivie, s’appuyant sur l’image de leur marque et la puissance de leur réseau de distribution.

Mode et Maroquinerie : excellente performance de Louis Vuitton et des autres marques

L’activité Mode et Maroquinerie enregistre une croissance organique de 7 % de ses ventes en 2012. Le résultat opérationnel courant est en hausse de 6 %. Louis Vuitton, qui connaît une nouvelle année record, continue d’accentuer son avance parmi les marques artisanales de maroquinerie. Avec une croissance de ses ventes à deux chiffres, Louis Vuitton maintient sa ligne stratégique historique fondée sur l’extrême qualité de ses produits et l’excellence de sa distribution. La Maison continue d’enregistrer un niveau exceptionnel de rentabilité dans un contexte d’investissements soutenus dédiés au renforcement de ses savoir-faire. L’inauguration de sa première boutique et de son premier atelier de Haute Joaillerie place Vendôme à Paris et la réouverture de la Maison Louis Vuitton de Shanghai sont parmi les temps forts de l’année. Fendi poursuit une expansion qualitative de son réseau de distribution. Son sac emblématique Baguette réalise, à l’occasion de son 15e anniversaire, une année record. Continuant d’affirmer avec force son identité, Céline accomplit une performance remarquable pour toutes ses catégories de produits et dans l’ensemble des zones géographiques. Les autres marques de mode continuent d’améliorer leurs performances.

Parfums et Cosmétiques : excellente dynamique

L’activité Parfums et Cosmétiques enregistre une croissance organique de 8 % de ses ventes. Son résultat opérationnel courant s’établit en hausse de 17 %. Parfums Christian Dior réalise une performance remarquable toujours portée par la forte vitalité de ses lignes phares, notamment Miss Dior et J’adore. Le rouge à lèvres Dior Addict Lipstick confirme sa place de numéro un sur les principaux marchés et le soin Prestige connaît une croissance soutenue. Guerlain poursuit une belle dynamique de croissance tirée notamment par les excellents résultats de sa nouvelle fragrance La Petite Robe Noire. Parfums Givenchy voit son axe maquillage progresser fortement sous l’effet d’une distribution étendue et du succès du mascara Noir Couture. Benefit, Make Up For Ever et Fresh réalisent une nouvelle année de forte croissance.

Montres et Joaillerie : renforcement des lignes emblématiques et développement des capacités industrielles

L’activité Montres et Joaillerie réalise une croissance organique de 6 % de ses ventes en 2012. Le résultat opérationnel courant progresse de 26 % notamment sous l’effet de la performance de Bulgari, consolidé depuis le 30 juin 2011. Les marques horlogères de LVMH font preuve d’une belle dynamique soutenue par de nombreuses innovations et la force de leurs modèles iconiques comme en témoignent les excellents résultats de la ligne Carrera chez TAG Heuer, King Power chez Hublot et El Primero chez Zenith. Dans le domaine de la joaillerie, Bulgari confirme le succès de ses collections Serpenti et B.Zero1, enrichies de nouvelles créations, et renforce la qualité de sa distribution. Chaumet et Fred poursuivent le développement de leurs lignes phares.

Distribution sélective : développement rapide grâce à une offre innovante de produits et services

L’activité Distribution sélective enregistre en 2012 une croissance organique de 14 % de ses ventes. Son résultat opérationnel courant est en hausse de 19 %. Forte de la stratégie de qualité de ses magasins, DFS bénéficie du dynamisme des clientèles asiatiques. Trois concessions majeures ont été remportées en 2012 à l’aéroport de Hong Kong et celle de l’aéroport de Los Angeles a été renouvelée. L’ouverture à Hong Kong d’une troisième Galleria constitue également un des temps forts de l’année. Sephora continue à réaliser d’excellentes performances et gagne des parts de marché dans toutes ses zones d’implantation. Les ventes en ligne se développent fortement. En Europe, deux nouveaux pays, le Danemark et la Suède, sont inaugurés. Aux Etats-Unis, la rénovation de plusieurs magasins emblématiques à New-York renforce la désirabilité de la marque. Sephora accentue son expansion en Chine tout en accélérant le programme de rénovation de son réseau existant. Ses premiers magasins sont ouverts sur les marchés à fort potentiel du Brésil et de l’Inde.

Perspectives favorables pour LVMH en 2013

Dans un environnement économique incertain en Europe, LVMH dispose des meilleurs atouts pour poursuivre en 2013 sa dynamique de croissance pour l’ensemble de ses métiers. Le Groupe maintiendra une stratégie centrée sur le développement de ses marques porté par un renforcement de ses savoir-faire et par une politique soutenue d’innovation et d’expansion dans les marchés porteurs.

Fort de la grande réactivité de son organisation et de la bonne répartition entre ses différents métiers et les zones géographiques où il opère, LVMH aborde l’année 2013 avec confiance et se fixe à nouveau comme objectif de renforcer son avance sur le marché mondial du luxe.

Dividende en hausse de 12 %

Lors de l’Assemblée Générale du 18 avril 2013, LVMH proposera un dividende de 2,90 euros par action, en hausse de 12 %. Un acompte sur dividende de 1,10 euro par action a été distribué le 4 décembre dernier. Le solde de 1,80 euro sera mis en paiement le 25 avril 2013.

Annexe – Répartition des ventes par groupe d’activités et par trimestre

Année 2012

En millions d’euros Vins & Spiritueux Mode & Maroquinerie Parfums & Cosmétiques Montres & Joaillerie Distribution sélective Autres activités et éliminations  Total 
1er trimestre 926 2 374 899 630 1 823 (70) 6 582
2e trimestre 833 2 282 828 713 1 767 (39) 6 384
3e trimestre 1 006 2 523 898 690 1 862 (79) 6 900
4e trimestre 1 372 2 747 988 803 2 427 (100) 8 237
Total des ventes 4 137 9 926 3 613 2 836 7 879 (288) 28 103

 

Année 2011

En millions d’euros Vins & Spiritueux Mode & Maroquinerie Parfums & Cosmétiques Montres & Joaillerie Distribution sélective Autres activités et éliminations  Total 
1er trimestre 762 2 029 803 261 1 421 (29) 5 247
2e trimestre 673 1 942 715 315 1 410 (10) 5 045
3e trimestre 871 2 218 793 636 1 547 (54) 6 011
4e trimestre 1 218 2 523 884 737 2 058 (64) 7 356
Total des ventes 3 524 8 712 3 195 1 949 6 436 (157) 23 659

 

Le Conseil d’Administration s’est réuni le 31 janvier pour arrêter les comptes de l’exercice 2012. Les procédures d’audit ont été effectuées et le rapport d’audit est en cours d’émission.
L’information réglementée liée à ce communiqué ainsi que la présentation des résultats annuels et le rapport «Documents financiers» sont disponibles sur le site web www.lvmh.fr.

Pinault prépare la scission de la Fnac

le 3 février 2013

L’enseigne historique de produits culturels, propriété du groupe Pinault-Printemps-Redoute, va bientôt entrer en Bourse, dans un secteur en pleine crise.

L’agitation provoquée par la débâcle de Virgin masque un bouleversement majeur dans l’univers du commerce de biens culturels. La Fnac prépare discrètement l’introduction de la majorité de son capital en Bourse. Elle est programmée pour le mois de juin. François-Henri Pinault, PDG de PPR et propriétaire de l’enseigne évoquera cette scission (ou spin-off) le 15 février lors de la présentation des résultats annuels. En clair, le groupe, qui souhaite se consacrer à ses marques de luxe et de sport (Gucci, Alexander McQueen, Puma…), distribuera des titres Fnac à ses actionnaires, qui pourront les mettre sur le marché. PPR ou plutôt la holding Artémis gardera environ 40% du capital de la Fnac – sans exercer le contrôle – pendant deux ans, avant de se désengager progressivement.

Rothschild et Lazard à la manœuvre

Sur le papier, l’affaire est classique. Mais les déboires de Virgin, la concurrence des sites marchands comme Amazon, et la puissance des syndicats Fnac d’Île-de-France inquiètent les investisseurs. Contre vents et marées, François-Henri Pinault et Jean-François Palus, directeur général délégué de PPR, conservent leur feuille de route. Et pour cause. « Même si l’action Fnac s’effondre, les actionnaires de PPR seront gagnants, précise un analyste. Cela fait des années que le titre subit une décote d’environ 30% en raison de la branche distribution. Ces six derniers mois, suite à l’annonce de la scission de la Fnac, le cours de PPR a grimpé… de 30%. Le rattrapage a déjà eu lieu. La performance boursière est la meilleure dans tout le secteur du luxe. »

Selon nos informations, l’opération financière est confiée aux banques Rothschild pour la Fnac et Lazard pour PPR. Prudents, les analystes valorisent la Fnac entre 200 et 800 millions d’euros. Une fourchette basse et large, car ils manquent d’enseignes comparables pour appuyer leur évaluation. Ni Darty, Dixons ou Best Buy ne sont à la fois positionnés sur la culture et les produits high tech. Et un des concurrents les plus directs, le britannique HMV est en liquidation. Dans cette confusion, il faut chercher les atouts : une marque mythique, la billetterie de spectacles, le site Fnac.com, les 3,3 millions d’adhérents au programme de fidélité…

300 millions d’euros de trésorerie en 2012

Le patron de la Fnac, Alexandre Bompard, se lancera dans une vaste plaidoirie à partir de mai à l’occasion des traditionnels road-shows destinés aux investisseurs. Motivé, cet ancien élève de l’Éna de 41 ans, passé par Canal + et Europe 1, dirige depuis 2011 l’enseigne, qu’il tente d’adapter aux temps modernes. Selon nos informations, le chiffre d’affaires 2012 accuse une légère baisse – entre 2% et 3% – malgré des gains de parts de marché. Avec une trésorerie estimée à 300 millions d’euros.

De fait, le Plan 2015 lancé en juillet 2011 donne ses premiers résultats. L’offre en magasin est diversifiée avec des espaces dédiés aux enfants, à l’électroménager ou à des partenaires comme SFR. Et puis, il y a l’enjeu du digital. La Fnac, qui assure avoir vendu 180.000 liseuses Kobo en 2012, doit concilier ventes en rayon et commerce en ligne. Les offres « click and collect » rapprochent points de vente et Internet : les clients commandent sur Fnac.com et retirent les achats en magasin. « Je ne veux plus entendre : “Je n’ai pas trouvé tel ou tel produit à la Fnac”, martèle Alexandre Bompard au JDD. Amazon propose tout et à toute heure : nous aussi, avec le conseil et le service après-vente en plus. »

40% des loyers des magasins renégociés

Autre évolution engagée : les petits formats de magasins. Une quinzaine de « mini-Fnac » de 300 m² à 80 m² ont ouvert dans les gares et les aéroports en 2012. S’ajoutent des franchises – avec versement de royalties – à La Roche-sur-Yon (Vendée) et Melun (Seine-et-Marne). Un mode opératoire qui évite à l’enseigne d’investir.

Car la Fnac se serre la ceinture pour se présenter plus désirable aux investisseurs. La direction assure être en ligne avec le plan de 80 millions d’euros d’économie en année pleine. D’autant que malgré la suspension du plan social par la justice jusqu’en mars, 500 personnes sur un total prévu de 510 ont quitté le groupe. Il a fallu aussi couper certains foyers de perte : l’activité italienne a été cédée, et environ 40% des loyers – la Fnac ne possède pas ses murs – auraient été renégociés. Opération boursière ou pas, Alexandre Bompard assure qu’il va rester à la manœuvre : « L’introduction est une étape importante. Mais ma préoccupation principale est d’asseoir le modèle permettant le développement de la Fnac. »

Le centre-ville de Marseille vers la renaissance ?

Publié le mardi 05 février 2013

Malgré la crise et l’arrivée d’équipements en périphérie, le centre séduit encore de grandes enseignes

Moribond le centre-ville ? Peut-être pas tant que ça vu l’engouement sans faille des enseignes qui se refilent les bons emplacements et même doublent leur présence souvent de la Rue de la République à la rue Saint-Fé.

Rues désertes et sales. Vols à l’étalage. Rideaux tirés des magasins, passants -pas de clients !- qui se comptent sur les doigts d’une main comme un 1er janvier. Bref, une vision apocalyptique d’un centre-ville à l’agonie.

Telle est la version futuriste de certains professionnels qui jouent volontiers les Cassandre en annonçant la fin de centaines de commerçants entre la rue de la République et Castellane. Motif : un centre-ville mal fichu et des projets titanesques prévus en 2014 qui vont l’achever.

800 000 € d’investissement

Alors le centre-ville, chronique d’une mort annoncée ? Pas si sûr à en croire des groupes plutôt confiants comme Del Arte qui signe pour un deuxième restaurant sur le quai des Belges, après s’être offert l’Escale Borély pour Noël. C’est un coup de poker comme le rappelle Laurent Martinez à la tête du restaurant de l’Escale et qui gère l’ouverture du nouvel établissement à la place du Bistrot 31.

« Pour l’Escale Borély, c’était une opportunité avec un emplacement sur 600m²« . L’enseigne a dégainé 800 000€ d’investissement. Et compte remettre un budget conséquent pour le centre-ville. « On n’a pas hésité pour le Vieux-Port qui doit ouvrir en mai. C’était important pour nous d’être à Marseille car nous ne sommes pas trop implantés dans le sud. Or le Vieux-Port, mondialement connu, et refait, est primordial en terme de communication« .

« Le commerce appelle le commerce »

Comme de nombreuses enseignes, Del Arte connaît les atouts et les faiblesses du centre historique. »Oui, il y a des choses à améliorer au niveau de la sécurité peut-être mais la Ville et la Communauté urbaine ont déjà repris en main pas mal de choses. Marseille est quand même la 2e ville de France. On y croit vraiment. Et moi qui reviens de Toulouse, je peux vous dire que Marseille n’est pas plus propre ! »

Un point pour la ville donc… largement défendue par Solange Biaggi. Qui « entend les inquiétudes de certains« . Mais souligne que « le commerce appelle le commerce« . L’adjointe UMP au commerce n’hésite pas à rappeler la stratégie initiale de la municipalité : »Il fallait déjà agrandir le centre-ville. On partait à la base de trois rues ! Saint-Fé, Rome et Paradis. Avec le tramway, on a ouvert sur République, là on ouvre via Castellane vers le Stade Vélodrome ou la Capelette. L’objectif est toujours de faire du centre l’agora, l’espace attractif. Et on y arrive avec des infrastructures et des réfections. Place Lulli, le flux piéton a augmenté de 17 %, de 12 % rue de la République dont la deuxième partie commence à se faire« .

Lifting pour la rue de Rome

L’artère fête de nouvelles arrivées comme l’EFS, le McDo, la Brioche Dorée, le Monoprix et un Picard. L’élue a des arguments dans sa besace, de ceux qui devraient changer la donne et les flux de circulation : »Le musée d’histoire, la réfection du Centre Bourse, fort déjà de 7 millions de visiteurs qui va ouvrir la circulation vers Belsunce« . Elle n’oublie pas la Canebière qui fait encore grise mine : »On est encore en dessous de nos souhaits mais on mise sur l’Odéon refait, l’Université et les logements étudiants, le Gymnase et bien sûr à l’îlot Feuillants, l’hôtel 4 étoiles du Groupe Avenir avec la brasserie et l’épicerie fine de Christian Ernst (le tout pour 25 millions d’ de budget et une ouverture en 2015)« .

La rue de Rome aura droit elle aussi à son lifting grâce au tram. Une urgence car elle demeure franchement boudée par les enseignes : »Elle s’est vraiment paupérisée c’est vrai« . Vivement la requalification ad hoc. « On travaille beaucoup sur les locaux manquants mais aussi des animations avec des artistes dans le cadre de MP 2013« .

Booster l’attractivité du centre-ville

Solange Biaggi compte par ailleurs s’atteler à un vieux serpent de mer, la rue Paradis, laissée pour compte (budget oblige) au profit du Vieux-Port : »Il faut qu’on s’attaque à la partie Estrangin-Canebière en agrandissant les trottoirs, améliorant les livraisons« . Idem pour la rue Saint-Fé, totalement abandonnée depuis la tentative infructueuse de relooking : »On refait l’éclairage. Il faut que tout soit rénové« . Le plus étonnant c’est que l’état de dégradation de l’artère n’altère en rien son dynamisme et son poids en chiffre d’affaires.

Résultat, le groupe Inditex s’offre un nouvel espace pour une de ses marques. Après Zara (et Zara Home), Pull & Bear, Massimo Dutti, Bershka, c’est Stradivarius qui va s’installer dans l’hyper centre à la place de Magnetic. Et d’autres géants devraient s’imposer place Félix Baret avec un nouveau Starbucks et même un Apple Store éphémère (en attendant l’ouverture des Terrasses du Port !)

Enfin côté luxe, l’aménagement en fanfare de Vuitton rue Grignan est pour l’élue un symbole du rayonnement de la rue. D’ailleurs, Hermès suit le mouvement et va déménager d’ici quelques mois. Enfin, pour preuve de la complémentarité avec les futurs grands projets, Solange Biaggi cite les Terrasses du Port. Hammerson va mettre à partir de l’an prochain et pendant quatre ans 500 000 € sur la table pour booster l’attractivité du centre-ville. Qui, malgré tout, en a donc bien besoin.

Agathe Westendorp

http://www.marseille.fr/sitevdm/economie/le-commerce-a-marseille

optimiste Swatch

 

Par Silke Koltrowitz

ZURICH, 4 février (Reuters) – Swatch Group SA a déclaré qu’il était optimiste quant à 2013, comme l’a signalé des marges plus élevées, une preuve supplémentaire du secteur des produits de luxe a été fixé à bénéficier d’une demande améliorée sur les principaux marchés tels que la Chine et les États-Unis.

Le groupe, qui fait des montres en plastique colorés ainsi que des montres Omega et Breguet, vise une croissance à deux chiffres cette année, après avoir joui d’une «croissance toujours solide en Janvier. »

« Les signaux provenant des marchés du monde entier indiquent clairement continué potentiel de croissance sain pour l’industrie horlogère suisse et le Swatch Group», a déclaré le groupe qui réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires en Asie.

Pour l’avenir, il a dit s’attendre à une croissance durable dans l’industrie horlogère suisse de 5-10 pour cent par an.

Swatch commentaires viennent après les pairs du secteur comme LVMH et Burberry a annoncé le mois dernier qu’ils attendaient de bonnes conditions commerciales en Chine aidé par l’amélioration de la confiance des consommateurs après le changement de régime.

Ventes de produits de luxe à la fin de l’année 2012 ont été affectés par le calendrier de la nouvelle année chinoise qui tombe en Février de cette année par rapport à Janvier l’année dernière, ce qui conduit à des attentes de la demande refoulée de ce mois.

Richemont, ce qui rend Cartier montres et des stylos Montblanc, a déclaré des ventes avait broyé pour une halte dans la région Asie-Pacifique au quatrième trimestre. Mais les analystes de l’industrie ont dit qu’ils croyaient l’accalmie était momentané.

La Chine est devenue le principal moteur de la croissance pour les biens de luxe grâce responsables au pouvoir dans le pays d’achat en hausse tandis que les touristes chinois voyageant en Europe ont permis de compenser la demande atone des consommateurs locaux.

Swatch positifs les résultats perspectives et les prévisions de battre contribué à sortir le stock de plus de 3 pour cent, par rapport à un indice sectoriel européen inchangé.

Les actions, qui ont augmenté de plus de 12 pour cent cette année, après une hausse de 31 pour cent en 2012, ont augmenté de 2,8 pour cent à 532 francs suisses par 1205 GMT.

Swatch a dit s’attendre à une croissance à venir aussi bien du bras de bijoux haut de gamme de Harry Winston laquelle elle a acquis le mois dernier et les analystes s’attendent à commencer les ventes de levage et de profit dans la seconde moitié de cette année.

L’acquisition renforce la présence de Swatch dans le marché de la bijouterie – qui est fixé à bénéficier d’une croissance solide cette année – ainsi que dans les Etats-Unis où il n’était pas très présent et où les cadres de luxe voir un rebond.

Le groupe a souligné son optimisme avec une augmentation de 17 pour cent de son dividende à 6,75 francs suisses (7,48 $) par action au porteur de 5,75 francs en 2011, et à 1,35 francs par action nominative, auparavant 1,15 francs.

«[C’est un] ensemble solide de données entraînées par une meilleure rentabilité dans les montres et la production. Je suppose que beaucoup de qui est en panne de mises à niveau dans le secteur manufacturier, ce qui rend le processus de production plus efficaces», Kepler Capital Markets analyste Jon Cox.

Résultats annuels du Swatch, qui fait aussi des montres Tissot, a montré le bénéfice net en hausse de 26 pour cent à 1,61 milliards de francs suisses (1,78 milliards de dollars), loin devant des attentes selon les analystes interrogés par Reuters.

La marge opérationnelle du groupe s’élève à 25,4 pour cent, contre 23,9 pour cent il ya un an, ce qui Vontobel analyste René Weber oppose à la baisse la semaine dernière par le plus grand groupe mondial du luxe LVMH marchandises.

«Cette augmentation de la marge se démarquer dans l’industrie du luxe », indique Weber dans une note, mais il a ajouté qu’il s’attendait à aucune amélioration de la marge en 2013 en raison de la consolidation de l’entreprise Harry Winston.

http://www.swatch.com/zz_en/home.html

Les nouveaux profils des « shoppers »

Par Philippe Bertrand | 19/11

Pyramide des âges et nouveaux réflexes vont changer les attitudes en magasin. Les pistes du PDG de Nielsen France.

A la veille des 40 es journées de l’Institut français du merchandising qui démarrent demain et se dérouleront jusqu’au 22 novembre au Cnit de La Défense, à Paris, Laurent Zeller, PDG du panéliste Nielsen, dépeint pour « Les Echos » le nouveau visage du « shopper » qui arpente les rayons des grandes surfaces.

Un acheteur de plus en plus senior

« La simple projection de la pyramide des âges, explique Laurent Zeller, montre qu’en France, en 2060, sur 73 millions d’habitants, on comptera 24 millions de 60 ans et plus. » Cela aura des conséquences sur le contenu des chariots, sur la façon d’afficher les informations en magasin pour des gens qui voient moins bien, etc. En termes de tendances de consommation, ces acheteurs seniors vont renforcer l’attrait des magasins de proximité. En effet, les seniors, qui n’ont plus charge de famille, achètent en plus petites quantités et rechigneraient à effectuer de grands déplacements pour faire leurs courses.

Un consommateur plus multi-ethnique

Si Laurent Zeller rappelle qu’il est interdit en France d’effectuer des statistiques ethniques, il constate : « En raison de la population d’origine immigrée, on estime à 5 millions le nombre de musulmans dans notre pays et on sait que 9 musulmans sur 10 préfèrent manger halal ». Conséquence, le succès des rayons spécialisés ne devrait pas se démentir. Mais le consommateur multi-ethnique, c’est aussi un voyageur qui est exposé régulièrement aux cultures alimentaires d’autres pays et qui aime à son retour retrouver les ingrédients des cuisines étrangères.

Un « shopper » de plus en plus connecté, malin et informé

Laurent Zeller confirme ce qu’indiquent la plupart des études sur l’impact d’Internet sur la consommation. L’e-commerce se développe à une vitesse exponentielle. Mais le Web sert aussi à préparer ses achats en amont, en s’informant sur les produits, en comparant les prix. « Le phénomène s’accentue avec l’utilisation des smartphones, poursuit-il. On sait que 40 % des « mobinautes » ont déjà surfé depuis leur mobile en magasin. En point de vente, c’est le consommateur qui va désormais vers le vendeur. »

P.B., Les Echos

Le nouveau patron de Vivarte livre ses orientations stratégiques

Par Philippe Bertrand | 28/11 |

Pause dans la création de nouveaux magasins et accent mis sur la rénovation du parc existant : lors d’une convention réunissant ses principaux cadres, Marc Lelandais a donné hier à Paris les orientations stratégiques qu’il a établies, cinq mois après son arrivée à la tête de Vivarte. Au-delà de la gestion des 4.700 magasins, l’heure est à la création de valeur au sein du conglomérat regroupant une vingtaine d’enseignes, spécialisées dans l’équipement de la personne allant d’André à Caroll, en passant par Minelli, Kookaï et La Halle aux vêtements. Selon nos informations, celui qui a opéré la montée en gamme et le retour à la profitabilité de Lancel entend insuffler un nouvel esprit « mode » au sein du groupe qui pèse 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Pour lui, l’activité du gigantesque réseau de boutiques ne doit pas évoluer seulement au gré de l’indice de consommation des Français, mais être tirée par un nouveau pouvoir d’attraction de chacune des marques, dopée par un effort renouvelé de créativité. Au passage, certaines marques, comme Mosquitos, voire Pataugas, constituent plus, à ses yeux, des « labels » de familles de produits que de véritables marques-enseignes. Le développement d’un vrai département marketing doit permettre de développer une « empathie » avec le consommateur. Pour appuyer son propos, Marc Lelandais avait invité à sa convention Jaume Tapies, le président de la chaîne hôtelière Relais & Châteaux. Autre chantier : la modernisation de la chaîne d’approvisionnement.

A l’évidence, la page Georges Plassat, l’emblématique patron de Vivarte parti chezCarrefour, semble tournée. Il faut dire que, depuis quelques mois, le secteur de l’équipement de la personne souffre des tensions sur le pouvoir d’achat des Français.

Philippe Bertrand, Les Echos

Interview Lorraine de Gournay chez Eric Bompard

26SEPT

Eric Bompard, vous connaissez ? L’ode au cachemire sous toutes ses formes, toutes ses couleurs, toutes ses variantes de tricotage. Ahhhhhh, je me damne pour Bompard…

Tant et si bien que deux-trois emails plus tard, une petite prise de contact avecAgnès Calef, directrice communication de la marque, et hop, c’était parti pour une interview d’une quarantaine de minutes auprès de Lorraine De Gournay, directrice générale chez Eric Bompard. J’en profite pour la remercier de me l’avoir accordé, d’avoir été si disponible et rendu l’interview si agréable.

1/ Comment Eric Bompard a-t-il décidé de commencer une activité cachemire ?

En 1985, au cours d’un voyage professionnel en Mongolie intérieure, Eric Bompard découvre le cachemire grâce à la chèvre Capra Hisca au poil long et doux qui la préserve du froid. Il se passionne alors pour cette matière précieuse qui s’achète au poids et ouvre sa société de prêt-à-porter qui s’y spécialise.

J’en profite pour préciser qu’il existe une méprise du cachemire : son origine vient exclusivement de cette région des hauts plateaux très retirés de Mongolie, certainement ni d’Italie, ni d’Ecosse, comme on veut nous le faire croire parfois. Quelques tentatives ont été cependant mises en oeuvre pour élever la Capra Hisca loin de son pays d’origine, mais sa qualité dépérit et il ne s’agit alors plus de cachemire.

Depuis les années 80, Eric Bompard a décliné des lignes cachemire chez la femme, l’homme et enfin l’enfant plus récemment (il y a une dizaine d’années). Forte de son succès, la marque a ouvert 45 boutiques en France, en Europe et en Chine.

2/ Bompard célèbre bientôt son trentième anniversaire. Pourriez-vous me dire ce que vous retiendriez de ces trente années de création ?

L’histoire d’Eric Bompard tient à une matière, le cachemire, à sa qualité, à la façon dont on le travaille, dont on le tricote. Il s’agit donc d’une matière très complexe (qui peut parfois devenir une qualité médiocre chez certains concurrents).

De ces trente années, je retiendrais également les couleurs qui font de la marque ce qu’elle est aussi aujourd’hui. En effet, 40 nouvelles couleurs dont les pigments sont naturels sont créées chaque année ! Très peu d’entre elles contiennent des agents chimiques. Sur l’hiver 2012 par exemple, le fushia fluorescent nommé « gloss » a vu le jour après plus d’un an de recherche technique.

 

3/ Comment définiriez-vous la marque auprès de quelqu’un qui ne la connaît pas ?

Je dirais que Bompard est le spécialiste n°1 du cachemire en Europe pour la femme, l’homme et l’enfant, de la couverture à l’étole en passant par le prêt-à-porter. La marque entend utiliser une technicité élaborée. Pour cette saison, nous découvrons notamment la « photo print », les strass ou les mélanges de mailles avec des cachemires travaillés de manière spécifique se tricotant parfois jusqu’à 12 fils.

4/ La collection hiver 2012 semble construite sur le thème de la nature. D’où est venue cette inspiration ?

C’est exact, Eric Bompard a toujours beaucoup apprécié la nature et a souhaité shooter sa campagne de publicité en Laponie Suédoise, plutôt qu’en studio. Beaucoup de prises de vue ont été faites la nuit. Son concept hiver 2012, c’est la notion d’étreinte, inspirée également par le thème de la chasse. (citation ndlr d’Eric Bompard : « En choisissant pour 2012 l’étreinte, ce mot qui peut tout sublimer, nous célébrons trente années de passion pour la douceur, le toucher et le cachemire. »)

Une vidéo a aussi été filmée en choisissant le yéti comme mascotte, un yéti qui étreint une jeune femme habillée d’un cardigan en cachemire Bompard (voir le lien suivant http://www.youtube.com/watch?v=Ar8WnNNFSVo&feature=player_embedded). La marque tend donc à ne pas se prendre au sérieux et cela est valable aussi bien par l’image qu’elle renvoie d’elle que par le lien qui est créé en interne au bureau de style, au sein du département communication, etc.

5/ Où fabriquez-vous vos collections ?

Toute la production est conçue en Mongolie, pays d’origine du cachemire.

6/ Vous possédez des boutiques en Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, Suisse, Chine et France bien sûr. Quels sont vos projets de développement ?

Dans les deux mois qui viennent, nous préparons l’ouverture de boutiques à Saint-Germain-en-Laye (78), rue Vielle du Temple en plein quartier du Marais (Paris) et à Zurich (Suisse). A moyen terme, la société souhaite implanter son concept à Londres, Vienne, Copenhague et Stockholm. 

La structure est encore gérée de façon familiale, même si 250 collaborateurs sont aujourd’hui employés par la marque. Cela étant dit, nous espérons développer le siège social afin d’être opérationnels à plus long terme pour ouvrir des boutiques aux Etats-Unis.

7/ Selon vous, qui est la femme Bompard ?

La femme Bompard est élégante, aime les couleurs et a tout simplement bon goût ! Elle sait reconnaître les belles choses, dont le cachemire. Elle est aussi intergénérationnelle puisque Bompard ne se limite pas à une cible mais se concentre sur la matière uniquement. Toutes les femmes adoptent ainsi la marque, de la jeune fille qui demande son premier pull cachemire pour Noël, à la trentenaire qui étoffe sa garde-robe par des vêtements plus pointus, plus qualitatifs, qui durent, à la femme plus classique d’une soixantaine d’années. 

Le maître-mot d’Eric Bompard étant de se faire plaisir avant tout !

http://www.eric-bompard.com/

France’s PPR to Snatch Up Chinese Jeweler Qeelin

PARIS—PPR SA PP.FR +0.39% is acquiring Chinese fine-jewelry maker Qeelin Ltd., the French company’s first Asian label, highlighting the powerful role China is playing in the luxury world.

Gucci parent company PPR is acquiring Chinese fine-jewelry maker Qeelin, highlighting the powerful role China is playing in the luxury world. Grainne McCarthy has details on Markets Hub. Photo: Reuters.

China is « already an absolutely immense market, it will become even more so, » said François-Henri Pinault, chief executive of PPR, whose labels include Gucci, Yves Saint Laurent and Stella McCartney. « A brand whose origins, its codes, its DNA are Chinese will benefit from a considerable advantage. »

Affluent Chinese shoppers have been a growth engine for European luxury houses, with an appetite for brand-name bags and pricey trinkets fueling double-digit growth. While the market’s growth has cooled somewhat lately, the acquisition suggests that luxury executives see considerable potential in Chinese brands as the appetite for high-end products evolves in the country.

Qeelin is on a natural path to develop in China, he said, « but it has an international potential also. »

Qeelin, which was founded in 2004 by Chinese designer Dennis Chan and French entrepreneur Guillaume Brochard, has 14 boutiques: 11 in China and Hong Kong and three in Europe. The label translates mythical Chinese symbols such as the Lion Dance, used in a gem-encrusted representation of a lion, into luxury jewelry.
« There is a high probability that [Qeelin] speaks more to a Chinese clientele, given that it uses the codes and tradition of that culture, » Mr. Pinault said.

PPR didn’t disclose the financial terms. But Mr. Pinault said the deal was smaller than the company’s acquisitions last year of surf-and-skate brand Volcom and menswear brand Brioni. PPR bought the labels for $608 million and around €300 million, or roughly $390 million, respectively.

Qeelin is « a young company, which is still a modest size compared with its potential, » Mr. Pinault said.

Qeelin—the name comes from the Mandarin word qilin, describing an auspicious mythical hoofed creature—sells pieces for roughly €2,000 to €30,000.

Messrs. Chan and Brochard will retain minority stakes and remain with Qeelin after the sale. The deal is expected to close in January.

With the move, PPR follows other purveyors of high-end goods, such as Hermès International RMS.FR -0.55% SCA and Cie. Financière Richemont SA, CFR.VX -0.41% that are investing in prestigious Chinese names to broaden their footholds in the country’s luxury market.

Hermès recently said it has plans to invest tens of millions of euros over the next five years to develop Chinese boutique label Shang Xia—selling traditionally inspired apparel, jewelry and furniture—in which it bought a majority stake in 2008.

Richemont, which has owned fashion line Shanghai Tang since the mid-’90s, has plans to expand in China. Shanghai Tang has more than 50 shops globally.

Mr. Pinault said that when he began looking to invest in a Chinese luxury brand, he focused on jewelry rather than fashion. « Clothing as a means of expression was born in Latin cultures, in France, in Italy.…When you look at jewelry, there is a strong tradition in Europe, but also in Asia, in India and China, » he said.

Mr. Pinault compared Qeelin with Bottega Veneta or Balenciaga in the early 2000s, when the two brands were bought by Gucci. Bottega Veneta reported 2001 revenue of €34 million. Last year, the Italian brand posted sales of €682.6 million.

Mr. Pinault said he came across Qeelin in August 2008, when shopping for a gift for his baby daughter. A shopping expedition in a Qeelin store in Hong Kong, where he purchased a small panda bear pendant for his one-year-old, led to another purchase in Paris shortly after, he said.

« I arrived with a gift that was so appreciated by [my wife], that I then bought her the larger version made for adults, » said Mr. Pinault, who is married to the actress Salma Hayek.

While luxury-goods companies posted strong sales gains last year, that has slowed in recent months as China’s economic growth has cooled. U.K.-based Burberry Group BRBY.LN -0.38% PLC warned in September of slower sales and lower profit, citing a slowdown in China. Diamond merchant De Beers SA projected that sales growth in China would slow to 10% this year from more than 20% last year.

In PPR’s luxury division, sales growth, excluding the effects of currency exchange and acquisitions, came in at 16% over the first nine months of this year, cooling from 24% a year earlier.

« Growth was so phenomenal in 2011. To believe that it would continue exactly that way, you would be a bit of a dreamer, » Mr. Pinault said.

But he said he remained confident in the long-term growth potential of China’s luxury market.

Qeelin is being acquired not only because of its strong presence in China, but also because it would fill gaps in the company’s portfolio of offerings.

« We’re not doing it to plant a little flag in China, » Mr. Pinault said.

Write to Nadya Masidlover at nadya.masidlover@dowjones.com

http://eu.qeelin.com/

L’avenue des Champs-Elysées, artère commerçante la plus huppée d’Europe

 
Source : Capital.fr
14/11/2012

En dépit de la crise, les Champs-Élysées sont toujours aussi prisés. La célèbre avenue parisienne est même l’artère commerçante la plus chère d’Europe, devant la Bond Street de Londres, selon une étude de Cushman & Wakefield, un groupe spécialisé dans l’immobilier d’entreprise.

Il faut dire que nombre de marques françaises et internationales se battent toujours pour obtenir une place sur les Champs, afin de doper leur visibilité. Le fabricant de vêtements Levi’s est ainsi venu s’installer cette année. Et le joailler américain Tiffany projette d’en faire autant l’an prochain.

Conséquence : les loyers des immeubles commerciaux de l’avenue se sont envolés de 30% par rapport à l’an dernier. Ils se négocient, en moyenne, à 9.573 euros par mètre carré et par an, contre 7.942 euros dans New Bond Street à Londres (+3,1%).

Dans le monde, les Champs-Élysées se hissent sur la troisième marche du podium, soit deux places de plus qu’en 2011. L’avenue est devancée par la Causeway Bay de Hong Kong, où les loyers commerciaux atteignent 22.307 euros par m2 et par an (+34,9%), et la 5ème avenue de New York (21.204 euros, +11,1%).

D’autres rues commerçantes parisiennes ont vu, elles aussi, leur valeur locative bondir cette année. Les loyers de l’avenue Montaigne, par exemple, ont grimpé de 23,1%, à 5.891 euros par mètre carré et par an. « Les plus grandes marques françaises et étrangères ont consolidé leur présence dans les secteurs traditionnels du Triangle d’Or – avec Louis Vuitton, Place Vendôme, Berluti, rue du Faubourg Saint-Honoré, ou encore Chanel, Revillon, Fendi, Yves Saint-Laurent ou Armani sur l’avenue Montaigne », explique Cushman & Wakefield.

Quelques villes de province sont aussi représentées parmi les 326 artères commerçantes les plus cotées au monde. La valeur locative de la rue de la République à Lyon est évaluée à 1.620 euros par an et par mètre carré, celle de la rue St Ferréol à Marseille à 1.473 euros.

Le Top 10 des pays aux artères commerçantes les plus chères du monde en 2012

Source: Cushman & Wakefield

Histoire

L’avenue des Champs-Élysées (ou simplement les Champs-Élysées, parfois même les Champs) est une grande et célèbre avenue de Paris. Elle est considérée par beaucoup1 comme la plus belle avenue de la capitale2, et, selon une expression couramment utilisée en France et principalement par les Parisiens, comme la plus belle avenue du monde3. Elle tire son nom desChamps Élysées, le lieu des Enfers où séjournaient les âmes vertueuses dans lamythologie grecque. C’est aussi un des principaux lieux touristiques de la capitale.

L’avenue des Champs-Élysées est située dans le 8e arrondissement de Paris, au nord-ouest de la ville. Elle s’étend sur 1 910 mètres, d’est en ouest, reliant la place de la Concorde, où se dresse l’Obélisque, et la place Charles-de-Gaulle (ancienne place de l’Étoile), située au sommet de la butte de Chaillot (ce qui explique le dénivelé entre les deux extrémités), au centre de laquelle se trouve l’arc de triomphe de l’Étoile. Sa largeur est de70 mètres (30 mètres sont occupés par une 2×4 voies, tandis que le reste accueille deux trottoirs de 20 mètres chacun).

Son tracé rectiligne offre une longue perspective née du palais du Louvre, dans laquelle s’alignent la statue équestre de Louis XIV dans la cour Napoléon duLouvre, l’arc de triomphe du Carrousel, le jardin des Tuileries, l’Obélisque, l’arc de triomphe de l’Étoile, et plus loin à l’ouest, en dehors de Paris, l’arche de la Défense. Il s’agit de l’axe historique de l’ouest parisien.

Dans sa partie inférieure, à l’est du Rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault, l’avenue est bordée par des contre-allées (baptisée « Promenade des Champs-Élysées ») longeant les jardins des Champs-Élysées que l’avenue traverse ainsi sur toute leurs longueurs (soit 700 mètres).
Ces jardins, larges de 300 à 400 mètres, sont divisés en espaces rectangulaires appelés carrés :

À l’exception du dernier, chacun de ces carrés comporte, depuis les aménagements effectués sous la direction de l’architecte Jacques Hittorff en 18401847, une fontaine.

Dans la partie supérieure de l’avenue, à l’ouest du rond-point, on trouve de nombreuses boutiques de luxe, des lieux de spectacle (descinémas, notamment les UGC Normandie et George-V ; le Lido ; de célèbres cafés et restaurants (Fouquet’s)…

L’avenue a inspiré la création du Paseo de la Reforma à Mexico (Mexique) en 1860, de la Avenida 9 de julio à Buenos Aires, de laBenjamin Franklin Parkway à Philadelphie (Pennsylvanie) en 1917 et du Corso Sempione à Milan.

À l’origine, les Champs-Élysées ne sont que des terrains marécageux et inhabités. En 1616Marie de Médicis décide d’y faire aménager, le long de la Seine, une longue allée bordée d’arbres : le cours la Reine.

Louis XIV, vers 1670, charge André Le Nôtre, le paysagiste du château de Versailles et, à Paris, du jardin des Tuileries, de poursuivre l’aménagement de ces terrains. Celui-ci trace dans l’axe du pavillon central du Palais des Tuileries, depuis l’actuelle place de la Concorde jusqu’à l’actuel rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault, en direction de la montagne du Roule – qui se situait à l’emplacement de l’actuelle place de l’Étoile – une belle avenue bordée de terrains où sont aménagés des allées d’ormes et des tapis degazon. On l’appelle le Grand-Cours pour la distinguer du cours la Reine, ou encore la Grande allée du Roule, l’avenue du Palais des Tuileries (1680) et bientôt les Champs-Élysées.

Les Champs-Élysées au 18e siècle

La nouvelle avenue se développe au-delà de l’enceinte de Louis XIII et franchit (au niveau de l’actuelle rue Marbeuf) le Grand-Égout, qui suivait le tracé d’un petit ruisseau descendant de Ménilmontant pour se jeter dans la Seine au niveau de l’actuel pont de l’Alma. Ce n’est qu’en 1710 que le duc d’Antin, surintendant des Bâtiments du Roi, fait jeter un pont de pierre au-dessus de cet égout. Ce pont permet de prolonger l’avenue jusqu’à ce que l’on appelait alors l’étoile de Chaillot – correspondant à l’ensemble du tracé actuel. Cette entreprise est achevée en 1724.

En 1722, le roi avait annexé le village du Roule aux faubourgs de Paris. En 1765, il permet la construction de bâtiments de part et d’autre de l’avenue des Champs-Élysées. En 1770, le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, Arts, Jardins et Manufactures, fait entreprendre le nivellement de la montagne du Roule, renouvela les plantations et fait tracer les actuelles avenues de Marigny et Matignon ainsi que l’allée des Veuves (actuelle avenue Montaigne). En 1774, il fait élargir l’avenue et la fait prolonger à l’ouest jusqu’à la Seine, au niveau du pont de Neuilly, par les actuelles avenues de la Grande Armée à Paris et Charles-de-Gaulle àNeuilly-sur-Seine. On parle alors d’avenue de la Grille royale jusqu’à la barrière de Chaillot et d’avenue de Neuilly au-delà de celle-ci.

Malgré ces travaux, les Champs-Élysées ont longtemps mauvaise réputation. C’est un lieu de médiocres guinguettes qui attirent de mauvais garçons, des prostituées et même des brigands. Quelques baraques de foire y sont installées4. Un luxueux parc de loisirs ouvauxhall, le Colisée, est inauguré en 1771 au niveau du rond-point des Champs-Élysées, mais il ne tarde pas à péricliter car le public hésite à se rendre le soir dans ce quartier mal famé, et l’établissement fait faillite dès 1780. Les promeneurs préfèrent diriger leurs pas le long du cours la Reine, qui suit le tracé de la Seine et où l’on peut jouer aux quilles, à la paume ou aux barres. Au bout du cours la Reine, se trouve d’ailleurs un établissement populaire, quoique de mauvaise réputation, le Petit Moulin-Rouge, bâti sur des terrains appartenant à Madame du Barry5. Pour améliorer la sécurité du quartier, un poste de Gardes Suisses contigu à la barrière de Chaillot6est établi en 1777.

La popularité des Champs-Élysées, qui prennent alors leur dénomination définitive d’avenue des Champs-Élysées (1789), ne décolle véritablement que sous la Révolution française. C’est par les Champs-Élysées que passe le cortège de mégères qui, le 5 octobre 1789, sous la conduite de Théroigne de Méricourt et de Reine Audu, se dirige vers Versailles pour ramener la famille royale à Paris7. C’est aussi par les Champs-Élysées que la famille royale est ramenée dans Paris le 25 juin 1791 après la fuite à Varennes, entre deux haies de gardes nationaux qui rendent les honneurs la crosse en l’air. Sous la Terreur, la place de la Concorde est le théâtre des exécutions capitales. Au bas de l’avenue, Huzard fait placer, sur des socles dessinés par le peintre David, les groupes de chevaux en marbreexécutés par Guillaume Coustou pour l’abreuvoir du château de Marly.

Le Directoire fait élargir l’avenue centrale, fermer quelques bouges et combler les caves et souterrains où se réfugiaient les malfaiteurs pour échapper à la police. Des cafés élégants ouvrent leurs portes comme celui des Ambassadeurs8, dont les plans auraient été dessinés par Jean-Jacques Rousseau, ainsi que des restaurants comme celui du traiteur Dupe, ouvert en 1800 et qui attire toutes les célébrités de l’heure, à commencer par Barras, dans une jolie maison blanche à volets verts là où s’élève aujourd’hui le restaurant Ledoyen9. Le quartier des Champs-Élysées devient un lieu de promenade élégante, point de passage pour aller prendre l’air à la campagne, vers le quartier de Longchamp. Le pèlerinage à l’abbaye de Longchamp durant la Semaine sainte redevient une sorte de chevauchée mondaine qui suscite les protestations de l’archevêque de Paris.

Les aménagements de Jacques Hittorff au 19e siècle

C’est par l’avenue que s’effectue, le15 décembre 1840, le retour des cendres de Napoléon Ier, devant 100 000 spectateurs.

Le quartier reste cependant peu sûr : en 1804, la veille du sacre de Napoléon IerPhilippe Lebon, inventeur du gaz d’éclairage, est assassiné dans un fourré des jardins des Champs-Élysées. Le 2 avril 1810, c’est par l’avenue, parée pour l’occasion d’un arc de triomphe factice, que la nouvelle impératrice des Français, Marie-Louise d’Autriche, fait son entrée dans la capitale. C’est par le même chemin qu’elle la quitte le 29 mars 1814. Le surlendemain, le tsar de RussieAlexandre Ier, le roi de PrusseFrédéric-Guillaume III et leprince de Schwarzenberg prennent place dans une tribune dressée à proximité du Palais de l’Élysée pour assister au défilé des troupes alliées. Celles-ci10 bivouaquent dans les jardins qu’elles laissent dans un état déplorable.

Louis XVIII le fait remettre en état11 et ouvrir l’avenue Gabriel. Pour poursuivre l’aménagement de l’avenue, le préfet de la Seine, le comte Chabrol de Volvic, par une loi des 20-27 août1828, fait affecter l’ensemble des jardins à la Ville de Paris : «Sont concédés à la ville de Paris, à titre de propriété, la place Louis XVI et la promenade dite des Champs-Elysées, telles qu’elles sont désignées au plan annexé à la présente loi, y compris les constructions dont la propriété appartient à l’Etat et à l’exception des deux fossés de la place Louis XVI qui bordent le jardin des Tuileries. Ladite concession est faite à la charge de la ville de Paris :

  1. ° de pourvoir aux frais de surveillance et d’entretien des lieux ci-dessus désignés ;
  2. ° d’y faire, dans un délai de cinq ans, des travaux d’embellissement jusques à concurrence d’une somme de deux millions deux cent trente mille francs au moins ;
  3. ° de conserver leur destination actuelle aux terrains concédés, lesquels ne pourront être aliénés en tout ou en partie »12.

La Ville construit les premiers trottoirs. À partir de 1834, l’architecte Jacques Hittorff est chargé de réaménager les jardins des Champs-Élysées, parallèlement à son intervention sur la place de la Concorde.

Avec l’accord du nouveau préfet de la Seine, le comte de Rambuteau, Hittorf entreprend de créer des massifs à l’anglaise et de faire de nouvelles plantations. Il élève quatre fontaines13 de style homogène :

  • la fontaine des quatre saisons, dite aussi fontaine du Cirque, est la première installée en 1839. Elle est ornée d’un groupe de quatre enfants, symbolisant les saisons. Elle est l’œuvre du sculpteur Barre ;
  • la fontaine de Diane, fut confiée au sculpteur Desprez14 ;
  • la fontaine de Vénus, appelée parfois fontaine des Ambassadeurs, érigée comme la précédente en 1840 est l’œuvre de Duret ;
  • la quatrième, appelée fontaine de la grille du coq, est d’une facture plus simple, elle ne possède pas de sculptures et date aussi de 1840.

Hittorf dessine également les réverbères en fonte toujours en place mais alors alimentés au gaz et qui achèvent de donner aux Champs-Élysées, selon la Revue de l’Art: « l’effet le plus agréable qu’il soit donné de voir »15.

Sculptures et réverbères profiteront à partir de 1856 du système de cuivrage industriel, mis au point par Léopold Oudry, qui assurera leur protection16.

Dans le projet qu’il soumet au conseil municipal de Paris en 1835, Hittorff propose également de créer un Panorama, un cirque, des restaurants et cafés de grand luxe17 et un théâtre.

Le Cirque d’été et la fontaine des Quatre saisons

  • Le Panorama des Champs-Élysées, construit pour remplacer celui édifié en 1831 dans la rue des Marais, se situait dans un espace circulaire situé entre le cours la Reine et le grand carré des Jeux, à l’emplacement où se dressent aujourd’hui le Grand et le Petit Palais. C’était une vaste rotonde de 40 mètres de diamètre et 15 mètres de hauteur. Hittorff en avait lui-même donné les plans et en avait confié la direction artistique au peintre Jean-Charles Langlois (17891870). La nouvelle attraction, édifiée en quelques mois, ouvrit ses portes en mai 1839 avec L’incendie de Moscou, réalisé par Langlois, qui remporta un grand succès public. En 1855, le Panorama fut intégré aux bâtiments de la première exposition universelle comme salle d’exposition où étaient présentés les productions des manufactures de Sèvres et des Gobelins ainsi que les joyaux de la couronne de France. Il fut démoli l’année suivante afin de créer une allée reliant le Palais de l’Industrie au cours la Reine. Un nouveau Panorama fut alors édifié en 1860 par l’architecte Gabriel Davioud, toujours avec le concours de Langlois, à l’angle de l’avenue d’Antin (Voir théâtre du Rond-Point).
  • En 1855, Hittorff fit construire par l’architecte Gar dans le carré Marigny, à l’angle de l’avenue Gabriel et de l’avenue Marigny, à l’emplacement du spectacle de « physique amusante, fantasmagorie et curiosité » proposé depuis 1835 à cet emplacement par un prestidigitateur, le théâtre Marigny, doté de 600 places, et confié pour cinq ans à Jacques Offenbach. Il est remplacé en 1880 par l’édifice actuel, plus vaste, construit par l’architecte Charles Garnier et transformé par Édouard-Jean Niermans.
  • Un peu plus bas, dans le carré de l’Élysée (no 8 avenue Gabriel), Hittorff fit construire en 1841 l’Alcazar d’été célèbre café-concert où s’illustrèrent la chanteuse Thérésa et le chansonnier Paulus. C’est aujourd’hui le Pavillon Gabriel.
  • Plus bas encore, dans le carré des Ambassadeurs, le café des Ambassadeurs fut également construit par Hittorff à l’emplacement d’un restaurant dont la création avait été originellement autorisée en 1772 par l’abbé Terray et qui était tenu en 1816 par la Veuve Rouget. Reconstruit en 1841, cet établissement se développa et accueillit, à partir de 1897, des spectacles de revues avant d’être démoli en 1929 pour être remplacé par le théâtre des Ambassadeurs et le restaurant du même nom. C’est aujourd’hui l’Espace Cardin.
  • De l’autre côté de l’avenue se trouvait un autre café-concert, le concert de l’Horloge, situé d’abord vers l’extrémité ouest du cours la Reine, à l’emplacement où s’installa ensuite, en 1896, le Jardin de Paris (V. Place du Canada). Il dut être démoli en 1852 pour permettre la construction du Palais de l’Industrie et fut transféré par sa propriétaire, Mme Picolo plus à l’est, là où commence aujourd’hui l’avenue Edward-Tuck. Il présentait l’agrément d’un toit mobile formé de deux parties coulissantes qui permettait de mettre le public à l’abri des intempéries.
  • Les restaurants Laurent et Ledoyen s’installèrent respectivement dans les carrés Marigny et Ledoyen dans des pavillons à frontons et colonnes polychromes dessinés par Hittorff lui-même.

Les Champs-Élysées sous le Second Empire

Affiche de Jules Chéret pour la patinoire du Palais de Glace au Rond-Point des Champs-Élysées, 1893.

Rond-Point des Champs Elysées, vers 1880

L’ingénieur Jean-Charles Alphand, sous Napoléon III, est à son tour chargé de l’aménagement des jardins18. Grâce à ses efforts, conjugués avec ceux de Hittorff, lors de l’Exposition universelle de 1855, les Champs-Élysées sont devenus le lieu à la mode. Alors que l’avenue ne comptait que six maisons en 180019, elle est bientôt bordée d’immeubles, d’hôtels particuliers et de maisons bourgeoises tandis que deux nouveaux quartiers se construisent au nord et au sud, à l’emplacement des anciens jardins Beaujon20 et Marbeuf21.

Le Second Empire est une période faste pour les Champs-Élysées. L’avenue, bordée de luxueuses demeures, devient le haut-lieu de la vie élégante parisienne. L’avenue est desservie par la ligne C de l’Omnibus Louvre Pont-de-Neuilly, ainsi décrit en trois vers.

C, trottant tout le long des Champs-Elyséens,
Glanant bonnes d’enfants, promeneurs, lycéens,
Du beau Pont-de-Neuilly jusqu’au Louvre les roule.22

À partir de 1853, le grand carré des Jeux est occupé par le Palais de l’Industrie, gigantesque construction de 200 mètres de long, édifiée par l’architecte Victor Viel et inauguré le15 mai 1855 par Napoléon III. Le bâtiment sert aux expositions universelles de 18551878 et1889, et est utilisé pour divers salons, expositions agricoles et horticoles, concours hippiques, fêtes et cérémonies publiques… Pour préparer l’exposition universelle de 1900, l’édifice est détruit à partir de 1896 pour laisser place au Petit et au Grand Palais. Sa disparition permet de relier l’Hôtel des Invalides au Palais de l’Élysée par le pont Alexandre-III.

En 1898, toujours dans le cadre de la préparation de l’exposition de 1900, le restaurant du Petit-Paillard ouvre ses portes dans le carré de l’Élysée dans un pavillon en pierre de style éclectique construit par l’architecte Albert Ballu (aujourd’hui Pavillon de l’Élysée) à la place de l’ancien restaurant Langer, d’abord modeste café concédé en 1866 à Thollier, devenu propriété de la famille Moène. Pour le décor de la salle à manger, consistant en un élégant plafond peint inscrit dans un écrin de staff, Ballu fit appel à l’un de ses collaborateurs privilégiés Jean-Baptiste Hugues (18491930), grand prix de Rome de sculpture en 187523.

Les Champs-Élysées au 20e siècle

L’Avenue des Champs-Élysées est la première au monde à recevoir un revêtement en bitume, en 1938.

Les Champs-Élysées ont bénéficié d’un réaménagement coûteux (250 millions de francs) mais nécessaire en 1994, avec l’intervention de Bernard Huet (urbaniste), Jean-Michel Wilmotte et Norman Foster (designers de mobilier urbain). Cela s’est traduit, entre autres, par la suppression des contre-allées, remplacés par des trottoirs larges d’environ 20 mètres.

Économie

Jusque dans les années 1950, l’avenue comprenait essentiellement des boutiques chics. Puis progressivement, ces dernières ont laissé place à des sièges sociaux de groupes en quête de prestige. L’arrivée du RER A modifie la donne : de nombreux parisiens et franciliens de toutes conditions pouvant accéder facilement aux Champs-Élysées, les boutiques d’enseignes plus populaires vont alors se multiplier. La rénovation lancée en 1994 par le maire de Paris de l’époque,Jacques Chirac, en relation avec Roland Pozzo di Borgo (Comité des Champs-Élysées), va donner à l’avenue une nouvelle image de marque. Mais elle reste le reflet de la mixité de la population qui la fréquente avec une distinction entre les deux trottoirs. Le trottoir nord — côté pair — est le côté ensoleillé mais aussi celui qui connaît la plus forte fréquentation en partie du fait qu’il se situe dans le prolongement de la sortie RER. Les boutiques et galeries commerçantes y sont plus nombreuses. 500 000 personnes en semaine, 750 à 850 000 le week-end pour 30 à 40 % de moins sur l’autre côté de la rue, côté impair. L’ouverture de la plupart des magasins jusqu’à minuit et le dimanche participent aussi au succès commercial de l’avenue.

L’avenue a longtemps été l’adresse incontournable des marques de luxe, la portion située entre l’avenue George-V et le rond-point des Champs-Élysées est toujours la limite nord du « triangle d’or ». Si certaines avaient eu tendance à déserter dans les années 1970, la plupart sont revenues. Les compagnies aériennes, elles, ont presque toutes disparu, mais la plupart des marques automobiles y disposent d’un espace d’exposition souvent couplé à un bar ou à un restaurant. Les restaurants et les cinémas contribuent d’ailleurs fortement à la fréquentation de l’avenue. Les cinémas, 29 salles, dont l’essentiel de la programmation est en version originale, y organisent des premières. Pour beaucoup d’enseignes, une installation sur les « Champs », même si elle est très coûteuse, présente un double intérêt : la publicité par l’emplacement, mais aussi de fortes ventes de par la fréquentation touristique.

Les commerçants de l’avenue sont regroupés dans une association, le Comité Champs-Élysées, créé en 1860 sous le nom de Syndicat d’initiative et de défense des Champs-Élysées, qui a pris son nom actuel en 1980. Cette association a pour objectif de maintenir une image prestigieuse de l’avenue. Pour y parvenir, le comité intervient auprès des autorités locales pour obtenir des mesures favorisant l’embellissement des lieux (éclairage, décorations, etc.) et l’activité commerciale (horaires d’ouverture des magasins, qui par dérogation sont beaucoup plus étendus qu’ailleurs à Paris et en France). De plus, ce comité a un rôle purement consultatif sur les demandes d’installation de sociétés ou de commerces dans l’avenue. Le président qui a redynamisé le comité et l’avenue a été Roland Pozzo di Borgo qui a collaboré à la modernisation de l’avenue voulue par Jacques Chirac.

Prestigieuse et populaire, mais aussi luxueuse, l’avenue des Champs-Élysées est donc de plus en plus chère. Les prix de l’immobilier y sont tels, et la spéculation immobilière si forte, que seule une poignée de personnes y résident encore, les étages supérieurs des immeubles de l’avenue étant généralement occupés par des bureaux24. Cependant, les prix ne sont pas uniformes. Par exemple le côté nord (trottoir droit en montant) est plus cher car mieux exposé au soleil et plus fréquenté que le côté sud, où les vitrines sont dans l’ombre des bâtiments. Mais depuis les années 2000 les prix ont tendance à se rapprocher, le côté Sud ayant été choisi par des marques telles que LancelLacosteHugo BossLouis VuittonNikeOmega, Eden Shoes et le palace parisien le Fouquet’s Barrière et le côté Nord par CartierGuerlainMontblancMcDonald’sAdidas, et le célèbre et seul hôtel ayant son entrée sur l’Avenue : le Marriott.

L’avenue des Champs-Élysées étant un des emplacements les plus chers du monde; en 2007 l’avenue se classait en troisième position pour le prix du m² à l’achat après la Cinquième avenue à New York et Causeway Bay, un quartier de Hong Kong, le montant élevé des loyers pourrait nuire à la diversité commerciale ; les magasins de textile, et ceux dits de luxe, font partie des rares commerces à pouvoir les absorber. Selon une étude commandée par la mairie de Paris, 20 % des magasins de l’avenue sont dévolus au textile. Si on y inclut les commerces des galeries commerciales, il se rapproche de 39 %. « C’est un maximum, selon une adjointe au maire. Au-delà, il n’y a plus de diversité commerciale »25.

Le comportement des propriétaires fonciers de la célèbre avenue pourrait ainsi nuire à l’attrait de l’avenue sur les visiteurs, et ironie du sort, affaiblir leurs investissements à moyen terme. Mais à ce jour, seules des mesures politiques incitées par le militantisme associatif semblent pouvoir, à court terme, sauver la diversité unique des Champs-Élysées qui est l’un de ses attraits majeurs.

De même, il ne reste plus que sept cinémas (quarante écrans) fin 2006 contre treize en 1985 avant la fermeture annoncée de l’UGCTriomphe, qui connaît un succès public, mais est déficitaire à cause de la pression des loyers. D’autres activités culturelles pourraient être menacées.

Habitants célèbres

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

  • no 25 : Hôtel de la Païva : Cet hôtel particulier, l’un des derniers de l’avenue, a été construit entre 1856 et 1866 par l’architectePierre Manguin pour Esther Lachmann, marquise de Païva, dite La Païva (18181884), célèbre courtisane du Second Empire, sur un terrain laissé libre par la faillite de l’ancien Jardin d’hiver et acquis de Mme Grelet, née Lemaigre de Saint-Maurice34. D’un luxe exceptionnel, l’hôtel, célèbre pour le faste de sa décoration intérieure, constitue l’un des meilleurs exemples conservés d’architecture privée du Second Empire. Après la mort de La Païva, l’hôtel fut vendu à un banquier de Berlin puis, en 1895, au restaurateur Pierre Cubat. Depuis 1904, il abrite un cercle privé, le Travellers. Il a récemment fait l’objet d’une restauration extensive.
  • no 36 : Hôtel de M. G. Béjot (en 1910)28. Subsiste mais très dénaturé.
  • no 37 (angle de la rue Marbeuf) : Résidence de Béatrice Charlotte Antoinette Denis de Kérédern de Trobriand (18501941). Elle était la fille du comte Régis de Trobriand (18161897), aristocrate français naturalisé américain et général des armées de l’Union durant laGuerre de Sécession, et de Mary Jones, riche héritière, fille de Mary Mason Jones, grand-tante d’Edith Wharton. Tandis que son mari vivait à New York, la comtesse de Trobriand résidait la plupart du temps à Paris35 ainsi que sa fille qui épousa à Paris le9 décembre 1869 John Burnett-Stears, fils du créateur de l’usine à gaz qui alimentait les réverbères de Brest à la fin du xixe siècle. Ils possèdaient plusieurs propriétés en Bretagne dont le château de Ker Stears, grosse demeure bourgeoise construite par John Stears père et transformée ultérieurement, et le manoir de Leuhan sur la commune de Plabennec. John Burnett-Stears mourut à Brest le 16 janvier 1888 et sa veuve se remaria le 20 novembre 1900 à Paris avec le comte Olivier Marie-Joseph de Rodellec du Portzic, hobereau de campagne de vingt-cinq ans son cadet. Dans la soirée du 2 août 1906, après une réception au château de Ker Stears, on constata de la disparition d’une bague ornée d’un diamant d’une valeur de 50 000 francs or. Le bijou fut retrouvé vingt jours plus tard caché dans le flacon de dentifrice du diplomate attaché à l’ambassade de Russie qui avait participé à la fête. Faute de preuves, celui-ci fut laissé libre mais, en juillet 1907, le diplomate intenta un procès en diffamation aux époux de Rodellec du Portzic. Ce procès public occasionna un déballage de mauvais goût sur la vie privée des deux parties et causa un scandale mondain dans la presse. La comtesse vécut séparée de son époux après cette affaire36. Cet épisode a inspiré à Maurice Leblanc le chapitre 2 intitulé « Le diamant bleu » de son roman Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1908).
  • no 42 : Citroën C42.
  • no 63 : Abritait en 1910 l’Aéro-Club de France32 qui se trouve aujourd’hui no 6, rue Galilée.
  • no 68 : Immeuble construit en 1913 par l’architecte Charles Mewès pour le parfumeur Guerlain37. Décor intérieur.
  • no 76-78 : Arcades du Lido : L’immeuble élevé à cette adresse comporte au rez-de-chaussée une galerie marchande qui donne d’un côté sur les Champs-Élysées et de l’autre sur la rue de Ponthieu. Les Arcades des Champs-Élysées, « une kermesse permanente de commerces de luxe », furent construites en 1925 par l’architecte Charles Lefebvre et ses associés Marcel Julien et Louis Duhayon à l’emplacement de l’ancien hôtel Dufayel. La parcelle de terrain, étroite, entre l’avenue et la rue de Ponthieu, avait été acquise par le diamantaire et promoteur immobilier Léonard Rosenthal. Les Arcades furent inaugurées le 1er octobre 1926. Quelques colonnes en marbre, provenant de l’ancien hôtel Dufayel, sont utilisées dans la réalisation. La décoration de la galerie est l’œuvre du ferronnier René Gobert, des maîtres-verriers Fernand Jacopozzi et René Lalique, auteur de fontaines de verre, aujourd’hui disparues. Le sous-sol du passage abritait le Lido jusqu’en 1976. Inaugurés en 1928, il s’agissait à l’origine de salons de beauté avec une piscine mondaine. Ils avaient été conçus par l’architecte René Berger. Transformés en cabaret en 1946, ils furent à l’origine du nom actuel du passage, les Arcades du Lido.
  • no 91 (angle de la rue Quentin-Bauchart) : Immeuble où le journaliste et patron de presse Léon Bailby (18671954) installa dans lesannées 1930 les bureaux du quotidien Le Jour38.
  • no 99bis39 : « Vers 1900Mme Sorel n’avait eu encore que peu d’occasions d’opposer sa crânerie aux brocards de la ville. Les brocards dont elle commençait à se vêtir étaient ceux du répertoire de l’Odéon, où elle débutait, obscurément sinon modestement. Elle débutait un peu moins modestement dans le Tout-Paris, car elle avait déjà maison montée, au coin de l’avenue George-V, juste au-dessus de l’actuel Fouquet’s. Un universitaire chevronné, Gustave Larroumet, venait ici lui donner des leçons particulières pour l’initier aux secrets des grands classiques. […] quand elle s’était attardée en quelque maison de couture pour ses affaires d’atours, on pouvait apercevoir, sur le balcon de Mme Sorel, Gustave Larroumet, guettant le retour de son élève, impatient de reprendre la leçon interrompue. »40 L’immeuble abrite au rez-de-chaussée la célèbre brasserie Fouquet’s et, dans les étages, l’Hôtel Fouquet’s Barrière, inauguré en octobre 2006.
  • no 103 : Élysée-Palace : Hôtel de voyageurs construit en 1898 pour la Compagnie des wagons-lits par l’architecte Georges Chedanne. Ce fut le premier des grands hôtels de voyageurs édifiés sur les Champs-Élysées. Il fut bientôt suivi par l’hôtel Astoria (1904) et l’hôtel Claridge (1912). Auparavant, les palaces se trouvaient dans le quartier du Louvre et de l’Opéra. Le décor original a été détruit par le Crédit commercial de France, qui a acquis l’immeuble en 1919 pour y installer son siège social37.
  • no 114 : Alberto Santos-Dumont (18731932), pionnier de l’aviation, a habité cet immeuble devant lequel il fit atterrir en 1903 sondirigeable no 9 (plaque commémorative).
  • no 119 : Hôtel Carlton : Construit en 1907 par l’architecte Pierre Humbert. Devenu en 1988 le siège de la Compagnie Air France.
  • no 120 : James Gordon Bennett junior (18411918), propriétaire du New York Herald et mécène de l’aérostation, habitait cet immeuble41.
  • no 121 : Cet imposant immeuble haussmannien fut construit en 1907 par l’architecte Pierre Humbert.
  • no 122 : Le comte Henry de La Vaulx (18701930), pionnier de l’aviation, a habité à cette adresse de 1898 à 1909 (plaque commémorative42).
  • no 124 (et no 2, rue Balzac) : Hôtel particulier construit peu avant 1858 pour Santiago Drake del Castillo, l’un des rares exemples conservés des hôtels qui bordaient l’avenue sous le Second Empire.
  • no 127 (et no 26 rue Vernet) : Cet immeuble fut construit par Pierre Humbert et abrite aujourd’hui le flagship Lancel.
  • no 136 (et no 1, rue Balzac) : Hôtel particulier de Mme C.B. de Beistegui (en 1910)43. Aujourd’hui le rez-de-chaussée est occupé par le showroom des automobiles Peugeot, malgré tout il a conservé un riche décor dans les salons du premier étage.
  • no 138 : Hôtel de William Kissam Vanderbilt (18491920) : « il réunissait dans les salons du 138 une inestimable collection de tableaux et d’objets d’art, mais qu’il ne consentait à faire admirer qu’à certains privilégiés. »44
  • no 144 : entrée du tunnel de l’Étoile, tunnel routier reliant l’avenue de la Grande-Armée en passant sous l’arc de triomphe de l’Étoile
  • no 152 (angle de la rue Arsène-Houssaye) : Dans cet immeuble, construit à l’emplacement de l’hôtel Musard, Mme de Loynes tint au début du xxe siècle, à l’entresol45, un influent salon littéraire et politique dont le critique Jules Lemaître était le grand homme.

Bâtiments détruits

  • no 15 : Hôtel de Morny : L’agrandissement, à l’initiative de l’industriel Marcel Dassault, de l’hôtel Le Hon (V. no 9, rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault) en 196246 a fait disparaître le petit hôtel que le duc de Morny avait fait construire pour lui-même en 1844 à côté de celui de sa maîtresse, la comtesse Le Hon, et qui avait été surnommé plaisamment à l’époque « la niche à Fidèle ». Il s’ouvrait sur les Champs-Élysées et se composait à l’origine d’un rez-de-chaussée percé d’une large fenêtre encadrée de sculptures. Morny le légua à sa fille naturelle, Léopoldine (18381931), mariée en 1858 au prince Stanislas Auguste Frédéric Poniatowski. Celle-ci fit surélever l’hôtel d’un étage. L’hôtel fut ensuite la résidence d’Edmond Archdeacon (18641906), agent de change et député de Paris, et de son épouse née Anne-Françoise de Rocquigny du Fayel. Celle-ci « recevait beaucoup et donnait des bals fort élégants »47. Il abrita ensuite un décorateur. Dans les années 1970, la façade a été remontée dans le parc du château que Marcel Dassault possédait à Coignières dans les Yvelines.
  • no 27 : Ancien hôtel Binder (V. le no 102 ci-dessous).
  • no 31 : Hôtel Dutuit : Hôtel des collectionneurs Eugène (18071886) et Auguste (18121902) Dutuit dont la collection, léguée en1902 à la mairie de Paris par Auguste, est aujourd’hui au Petit Palais48.
  • no 33 : « Au 33, le salon très mondain de Mme Victor Pignatel49 ouvrait ses fenêtres à l’endroit où s’étaient élevées les hautes verrières du Jardin d’Hiver, qui s’étendait jusqu’au Rond-Point. »50
  • no 42 : Hôtel du prince de Saxe-Cobourg51.
  • no 50 (angle de la rue du Colisée) : Hôtel de Poilly : Hôtel de style xviiie siècle de la baronne de Poilly qui y « possédait une belle galerie de tableaux anciens. Seigneurs et marquises Louis XV et Louis XVI animaient ce décor plusieurs fois l’an, car la baronne de Poilly avait le goût du bal costumé. Elle donnait aussi des réceptions où le monde tout court côtoyait le monde des lettres. On y vit le bon CoppéeMontesquiou l’extravagant, Paul Bourget, le professeur Pozzi (mais où ne le voyait-on pas ?) et, vers la fin de sa vie, le « Connétable » Barbey d’Aurevilly lui-même. »52
  • no 52 (angle de la rue La Boétie) : Hôtel de Massa.
  • no 53 : « Les victorias, les landaus et les coupés qui paradaient sur la chaussée, affrontaient l’examen sévère du maître carrossier de l’époque, M. Mülbacher, qui habitait au 53, et qui se distrayait de la construction des huit-ressorts en composant une collection des maîtres français du xviiie siècle. Plus tard, on nota dans le même immeuble la présence de Polaire qui battait alors les deux records de la taille la plus mince et des perles les plus grosses de Paris. »50
  • no 66 : Hôtel particulier de M. Amodru (en 1910)32.
  • no 68 : Hôtel particulier de la comtesse Blanc (en 1910)32.
  • no 74 : Hôtel Sommier : Il avait son entrée au no 57, rue de Ponthieu32.
  • no 76 :
    • Hôtel d’Espagne, puis d’Uzès: En 1880, la duchesse d’Uzès (18471933), devenue veuve en 1878, décide de vendre l’hôtel familial de la rue de la Chaise pour s’installer rive droite, probablement pour se rapprocher du bois de Boulogne où elle monte à cheval et mène ses équipages quotidiennement. Elle fait l’acquisition de l’hôtel particulier construit pour la reine Marie-Christine d’Espagne (18061878) à l’emplacement d’une maison ayant appartenu à la duchesse de Caumont-La Force. Il s’agit d’un hôtel entre cour et jardin, construit sur une parcelle de deux tiers d’hectare s’étendant jusqu’à la rue de Ponthieu et donnant sur l’avenue par une porte cochère. La duchesse l’achète pour 3 millions de francs, dont elle règle une partie en œuvres d’art (plusieurs toiles de Meissonnier), à un industriel suisse, M. Secrétan, qui va s’installer rue Moncey. Le prix est jugé excessif pour un hôtel « médiocre et mal construit ». L’hôtel comporte des plafonds peints par Fortuny. Progressivement, la duchesse le modernise et en fait une des demeures les plus confortables de Paris : cette « demeure […] passait, vers 1900, pour être une des plus remarquables du Paris moderne […] Le salon de l’avenue des Champs-Élysées fut bientôt le rendez-vous de toutes les notabilités d’alors. Et la petite histoire a enregistré les entrevues mémorables qui eurent lieu ici entre la grande dame et legénéral Boulanger »53. Elle y installe son atelier de sculpture54.
    • Hôtel Dufayel : En 190255, la duchesse d’Uzès vendit son hôtel à Georges Dufayel (18551916), propriétaire des Grands magasins Dufayel (26, rue de Clignancourt) depuis 1892, amateur d’art et collectionneur, domicilié un peu plus haut sur l’avenue, au no 90. L’hôtel d’Uzès fut démoli en 1905 et remplacé par un nouvel hôtel particulier construit par l’architecte Gustave Rives56. Le commanditaire n’habita jamais son nouvel hôtel, jugé par le New York Times « l’un des plus chers et des plus prétentieux hôtels au monde »57Georges Sorel, dans une lettre du 21 mai 1918 à Roberto Michels le qualifie de « type de l’architecture du parvenu »58. « Les Parisiens d’alors […] baptisèrent par dérision [le nouvel hôtel] palais de la beauté. »55 Décor sculpté deLaurent Marqueste et Lucien Schnegg ; plafonds peints par Édouard Detaille. Durant la Conférence de Paris de 1919, l’hôtel fut utilisé par le gouvernement comme une sorte de club luxueux pour les délégations et la presse étrangères. Il fut acquis en 1920par la Standard Oil et démoli en 1925.
  • no 77 : « Somptueux hôtel »59 de Louis Louis-Dreyfus (18671940), financier et homme politique (en 1910)32.
  • no 90 : Hôtel Dufayel : Georges Dufayel, directeur-propriétaire des Grands magasins Dufayel (V. le no 76), y résida jusqu’en 1906. L’hôtel fut alors acquis par le patron de presse Pierre Laffitte (18721938) et bientôt rebaptisé « la Maison des magazines » où, aux côtés de la librairie et d’un studio de photographie, il ouvrit, l’année suivante, « la Salle des fêtes de Fémina-Musica » devenue rapidement le théâtre Fémina, actif jusqu’en 1929. Les concerts, conférences et spectacles de ce lieu de divertissement se complétaient d’un conservatoire destiné aux amateurs, placé sous la direction du compositeur Xavier Leroux où enseignèrent entre autres Raoul Pugno (piano) ou Nadia Boulanger (accompagnement).
  • no 92 (angle de la rue de Berri) : Hôtel de Langeac : Élégante folie bâtie vers 1773 par l’architecte Chalgrin pour la comtesse de Langeac, maîtresse en titre du comte de Saint-Florentin. Celle-ci, pressée par des ennuis d’argent, vendit la maison en 1772 aucomte d’Artois qui y logea sa maîtresse, l’actrice Louise Contat. De 1785 à 1789Thomas Jefferson loua l’hôtel pour y installer l’ambassade des États-Unis en France. Vendu en 1793 comme bien national, l’hôtel fut démoli en 1842 et remplacé par l’hôtel de Belleyme-Trévise, où résida le prince Napoléon (Jérôme) et qui fut lui-même démoli en 1898.
  • no 102 : Hôtel Binder : Hôtel de Louis Germain Binder (18211910), de la maison de carrosserie Binder Frères, habité après lui par ses enfants, Charles Henri Maurice Binder (†1944) et Marguerite Sophie Julie Marie Binder, épouse de Pierre Paul Laffleur de Kermaingant33André Becq de Fouquières évoque cette demeure qui existait encore en 1953 et était encore habitée par la même famille : « Peu de temps avant la guerre de 1870, M. Binder, qui habitait, en face, au 27, un hôtel assez sombre, suivit le conseil de son médecin, le Dr Grouby, et acquit pour la somme de 300 000 francs cet autre hôtel du 102, bien exposé au soleil. Mlle Binder devait épouser M. de Kermaingant, auteur de plusieurs ouvrages historiques […] Et, fidèle au soleil, à cette demeure qui n’a pas changé d’aspect, les Binder et les Kermaingant opposent un démenti formel à un bouleversement si total qu’un homme de ma génération, qui aurait poussé par ici son cerceau, ne reconnaîtrait plus rien de ce qu’il vit alors. »60
  • no 103 : Deux hôtels jumeaux en pierre et briques construits par Henri Fontenilliat (17931864), Régent de la Banque de France, pour ses deux filles : Camille (18231912), Mme Auguste Casimir-Perier, et Jemmy-Mary (18251903), duchesse d’Audiffret-Pasquier par son mariage avec Gaston d’Audiffret-Pasquier (18231905). « Le premier des deux beaux-frères (Audiffret-Pasquier) était, à laChambre, leader du centre droit, le second (Casimir-Perier) leader du centre gauche. Leurs demeures étaient séparées par une cour qui allait devenir, dans le Paris de 1879, comme la baraque de Pan-Munh-Jonh (Panmunjeom) dans la Corée de 1953 : une zone démilitarisée pour les négociations d’un armistice entre la droite et la gauche. C’est en effet par cette cour qu’allèrent et vinrent les émissaires des deux partis jusqu’à l’accord qui fit du Sénat « le grand conseil des communes de France ». »61 Jean Casimir-Perier, futur Président de la République française vit le jour en 1847 dans l’un de ces hôtels. Les deux hôtels furent détruits en 1898 pour construire l’hôtel Élysée Palace.
  • no 104 : Hôtel « où la baronne de Mesnil offrait à ses invités l’audition de rares musiques »51. Ensuite magasin d’exposition des automobiles Talbot.
  • no 116bis : Hôtel de M. A. Dufaur (en 1910)43.
  • no 125 : « Maison construite en 1836 par l’architecte Levicomte et décorée de cariatides, œuvres du sculpteur Aimé Millet. (propriété de Mme Revenaz). »43
  • no 127 :
    • Hôtel de la marquise de Lambertye43.
    • Hôtel de M. Wanamaker construit en 190543. « Mon condisciple de la rue de Madrid, rapporte André Becq de Fouquières, Jean de Gouy d’Arsy, habitait là, avec sa mère remariée au marquis de Beauvoir62, un de ceux qui se montrèrent toujours dévoué auxPrinces d’Orléans. À peine âgé de vingt ans, M. de Beauvoir avait accompagné le jeune duc de Penthièvre dans son voyage autour du monde. Il publia, de cette expédition, un récit brillant qui eut le plus vif succès, l’honneur des gros tirages et celui d’être couronné par l’Académie française. Plus tard, Jean de Gouy d’Arsy devait épouser la fille naturelle du duc de Penthièvre63. L’hôtel qu’habitaient les Beauvoir avait été construit en 1905 sur l’emplacement de celui de la marquise de Lambertye, par M. Wanamaker, un riche américain qui possédait à New York de multiples magasins. Plus une trace, bien entendu, de cette opulente demeure : les chemins de fer nationaux, un organisme de tourisme, y débitent des invitations au voyage. »64
  • no 133 :
    • Hôtel du duc de La Force43.
    • Hôtel Astoria : Hôtel de voyageurs construit en 1907. Selon le marquis de Rochegude : « l’élévation exagérée et agressive de cet hôtel détruit la belle harmonie de la place de l’Étoile »43.
  • no 140 : Hôtel du baron Édouard de Rothschild (18681949) (propriété Bischoffsheim) (en 1910)43. « Parmi les acquisitions du baron Édouard de Rothschild, on pouvait voir un admirable van Dyck qui, par la grâce des héritiers du baron, est devenu un des joyaux duLouvre : le portrait d’une fille de Henri IVHenriette de France, qui devait épouser Charles Ier d’Angleterre. »44
  • no 142 : Hôtel de M. Soubiran (en 1910)43.
  • no 152 (angle de la rue Arsène-Houssaye) : Hôtel Musard : Hôtel du chef d’orchestre Philippe Musard (17921859)51.

Événements

Les Champs-Élysées sont le théâtre des grands événements historiques français : défilé de la Libération en 1944 ou rassemblement des Parisiens pour célébrer la victoire lors de la coupe du monde de football en 1998.

Dans un registre plus grave, les Champs-Élysées ont été le théâtre de deux attentats meurtriers en 1986. Le 20 mars, une bombe explose dans la galerie Point Show des Champs-Élysées à Paris faisant 2 morts et 29 blessés. le 14 septembre, une bombe est découverte au Pub Renault avenue des Champs-Élysées à Paris sous une table du restaurant par un maître d’hôtel, Jean-Claude Blanger. Celui-ci prend le paquet suspect, le descend au sous-sol, remonte. Il prévient deux policiers en faction, au moment où ils redescendent tous les trois, la bombe explose. 2 personnes tuées et une blessée.

Chaque année, à l’occasion de la fête nationale française le 14 juillet, le principal défilé militaire de France, terrestre et aérien, a lieu sur les Champs-Élysées. Les troupes des quatre armées, armée de terremarine nationalearmée de l’air et gendarmerie, de la police et des pompiers civils et militaires, descendent l’avenue et passent devant le président de la République, le gouvernement et les ambassadeurs étrangers rassemblés sur une tribune officielle montée place de la Concorde, face à l’avenue (Voir l’article concerné pour plus d’informations).

Les Champs-Élysées sont aussi le lieu traditionnel d’arrivée de la dernière étape du Tour de France (Étape du Tour de France des Champs-Élysées).

Chaque année, de fin novembre à fin décembre, le comité Champs-Élysées offre les illuminations de l’avenue, tradition mise en place sous la présidence de Roland Pozzo di Borgo.
Le coup d’envoi étant donné par une célébrité, tels Alain DelonCatherine DeneuveJohnny HallydayPatrick BruelFlorent PagnyLara FabianMonica BelucciVanessa Paradis, ou Marion Cotillard, la dernière en date étant Mélanie Laurent en 2010.
Chaque année, au soir du 31 décembre, les Champs-Élysées sont réservés aux piétons pour célébrer la nouvelle année.

Manifestations exceptionnelles

Antoine Bourdelle, Le Centaure mourant.

La notoriété nationale et internationale de l’avenue, son accessibilité (métro et RER) et sa dimension en font un lieu pour certaines grandes manifestations au caractère exceptionnel :

  • Du 11 avril au 9 juin 1996, « Les Champs de la Sculpture », exposition de sculptures d’artistes contemporains ;
  • Du 15 septembre au 14 novembre 1999, « Les Champs de la Sculpture 2000 », exposition de sculptures d’artistes contemporains ;
  • Le dimanche 5 juin 2005, l’avenue des Champs-Élysées se transforme pour la journée en un immense terrain de sports avec piste d’athlétisme, bassins aquatiques, tatamis, etc. pour mettre en valeur la candidature de Parispour l’organisation des Jeux olympiques de 2012. Immense succès populaire avec plus de 700 000 spectateurs (selon la mairie de Paris) ;

Arrivée du Tour de France

Chaque année depuis 1975, la dernière étape du Tour de France se termine sur les Champs-Élysées par une véritable parade après plus de trois semaines de course. Les coureurs parcourent entre six et dix tours d’un circuit montant et descendant l’avenue avant de se disputer une arrivée prestigieuse, diffusée en direct dans plus de 150 pays.

Films

De nombreux films, au moins pour quelques scènes, ont eu les Champs-Élysées comme décor. Parmi les scènes mythiques tournées sur l’avenue :

Parmi les tournages réalisés sur l’avenue, citons notamment :

  • Durant l’été 2007, pendant une matinée seulement, l’avenue la plus fréquentée de Paris, profitant de la répétition du défilé du 14 juillet, a été vidée de ses passants pour les besoins du film d’Éric et RamzySeuls Two.
  • Dans Les vacances de Mister Bean, on le voit traverser l’Avenue au milieu de la route en se faisant klaxoner par les automobilistes.
  • 2008: Les Champs-Élysées -et tout particulièrement le Lido – marquent l’aboutissement de l’épopée dérisoire d’Elias, le héros ballotté par les événements du film de Costa-GavrasEden à l’ouest

Tourné en studio, le film de Sacha GuitryRemontons les Champs-Élysées, retrace avec fantaisie l’histoire de l’avenue de la place de la Concorde en 1617 à la place de l’Étoile en 1938

Notes et références

  1.  Carnet de notes sur l’Occident, Shuchang Li, Kangqiang Shi, Viviane Alleton…, ed. MSH, 1988.
  2.  Une semaine à Paris, Edwin Faxon Bacon, ed.American book Co., 1901
  3.  L’Artiste, Achille Hermant: Les fêtes publiques, ed. Aux bureaux de L’Artiste, 1856
  4.  Les premiers chevaux de bois sont installés en juin 1777. Le fameuxguignol des Champs-Élysées ne remonte, lui, qu’à 1818.
  5.  Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Vie et histoire du VIIIearrondissement, Paris, Éditions Hervas, 1991, p. 26-27
  6.  emplacement de l’actuel no 73 de l’avenue
  7.  Chateaubriand, témoin de la scène, l’a rapportée dans un passage célèbre des Mémoires d’outre-tombe (Livre V, chapitre 10).
  8.  devenu aujourd’hui l’Espace Cardin
  9.  Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Op. cit.p. 28
  10.  Les cosaques russes en 1814, puis les troupes anglaises du7 juillet 1815 au 1er janvier 1816.
  11.  Les allées furent exhaussées et sablées et les arbres, replantés.
  12.  [PDF] Conseil d’État, « Avis sur la propriété et la domanialité du Grand Palais [archive] », Conseil d’État, 25 juillet 2005. Consulté le 28 août 2011
  13.  Les fontaines de Paris: l’eau pour le plaisir, Marie-Hélène Levadé, Hughes Marcouyau, ed. chapitre douze, 2006
  14.  Louis Desprez (1799-1870), sculpteur, Prix de Rome en 1826
  15.  cité par Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Op. cit.p. 28
  16.  Les merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes, Louis Figuier, ed.Furne, 1868
  17.  « des établissements plus particulièrement destinés aux différents genres d’exploitation auxquels leur situation pouvait les rendre plus propices » (cité par Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Op. cit.p. 33)
  18.  Les promenades de Paris, Adolphe Alphand, Emile Hochereau, ed.J. Rothschild, 1873
  19.  Source : Avenue des Champs-Élysées – Les jardins [archive] sur le site Mon village : le faubourg du Roule et ses environs [archive](consulté le 2 janvier 2009)
  20.  Voir Nicolas Beaujon.
  21.  Voir rue Marbeuf.
  22.  A. B. C. des Omnibus ou l’alphabet qui court les rues,Paris, 1856 (consulter sur Gallica [archive])
  23.  « Les deux hommes avaient déjà décoré ensemble une brasserie parisienne, le Café Riche (bas-relief en céramique polychrome pour la devanture, la Danseuse de café-concert). Le statuaire, qui ici se confrontait pour la première fois à un décor plafonnant, s’associa les services d’un sculpteur ornemaniste du nom de Poulain. Cependant, il était par ailleurs fortement sollicité pour d’autres travaux liés à l’exposition (statue pour la gare d’Orsay, frise de dix bas-reliefs pour lePetit Palais). Aussi réadapta-t-il des motifs conçus pour la façade du palais voisin, créant ainsi entre les deux bâtiments des liens plus étroits qu’un simple voisinage. Une figure, intitulée le Vin, fut notamment reprise telle quelle, la pose ayant été simplement inversée par rapport au sujet original ; d’autres éléments semblent provenir de la même source. De fait, au-delà du gain de temps et d’argent qu’implique le remploi de formes préexistantes, le procédé montre la grande liberté du sculpteur et la confiance de l’architecte. » (Laurent NOET in : Evolution et diffusion de la gypserie en France (du XVIIe au XIXe. Siècle.) [archive], consulté le 3 janvier 2009)
  24.  En 2008, les loyers se situent entre 6 000 et 10 000 euros par mètre carré et par an.
  25.  Les loyers élevés menacent l’identité des Champs-Élysées, Mustapha Kessous, Le Monde, 24 décembre 2006
  26.  André Becq de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens. Vol. 1, Paris, Pierre Horay, 1953p. 17
  27.  André Becq de Fouquières, Op. cit.p. 122
  28. ↑ a et b Rochegude, Op. cit.p. 85
  29.  André Becq de Fouquières, Op. cit.p. 121
  30.  André Becq de Fouquières, Op. cit.p. 123
  31.  André Becq de Fouquières, Op. cit.p. 16
  32. ↑ abcde et f Rochegude, Op. cit.p. 86
  33. ↑ a et b Rochegude, Op. cit.p. 88
  34.  Rochegude, Op. cit.p. 83, s’inscrivant en faux contre l’allégation d’Arsène Houssaye dans ses Confessions selon laquelle ce dernier aurait été le propriétaire, et ajoutant que le terrain n’appartenait pas davantage à Émile Pereire.
  35.  Source : The Comtesse de Trobriand [archive] (consulté le 28 mars 2009). Le portrait de la comtesse de Trobriand a été peint par Frederick William MacMonnies en 1901.
  36.  Source : Comtesse de Rodellec du Portzic [archive] sur www.wiki-brest.net [archive], consulté le 28 mars 2009. Selon André Becq de Fouquières : « Personne n’ignorait que le 37 abritait un brillant fameux, le diamant bleu, et dont l’heureuse propriétaire était la comtesse de… Trobriand. Elle commit l’erreur d’emporter avec elle ce trop brillant joyau dans sa villa de Bretagne, d’où il ne revint pas, car il fut volé et ne fut jamais retrouvé. Mme de Trobriand se choisit plus tard un très jeune mari, le comte de Rodellec, ce qui était peut-être une autre imprudence. » (Becq de Fouquières, Op. cit.p. 124)
  37. ↑ a et b Source : Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Paris, Paris, Hachette, 1994p. 158
  38.  Becq de Fouquières (Op. cit.p. 123) le situe à tort à l’angle de la rue Lincoln.
  39.  Rochegude (Op. cit.p. 88) donne le no 99. Becq de Fouquières (Op. cit.p. 120) situe précisément la maison « au coin de l’avenue George-V, juste au-dessus de l’actuel Fouquet’s » ce qui correspondrait auno 99bis.
  40.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 120-121
  41.  Journal de la Société des Américanistes [archive], année 1906, vol. 3, p. 154
  42.  no 120 selon Becq de Fouquières, Op. cit.p. 29. Le numéro 120 est confirmé par le Journal de la Société des Américanistes [archive], année 1906, vol. 3, p. 156.
  43. ↑ abcdefgh et i Rochegude, Op. cit.p. 89
  44. ↑ a et b Becq de Fouquières, Op. cit.p. 31
  45.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 45
  46.  1970 selon certaines sources
  47.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 129
  48.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 124 et erratum in André de FouquièresMon Paris et mes Parisiens. II. Le quartier Monceau, Paris, Pierre Horay, 1954p. 260
  49.  Victor Pignatel, riche rentier issu d’une famille de soyeux lyonnais, fut l’un des gros actionnaires du Crédit lyonnais lors de la fondation de la banque. Sa femme était née Célestine Lacombe.
  50. ↑ a et b Becq de Fouquières, Op. cit.p. 124
  51. ↑ ab et c Becq de Fouquières, Op. cit.p. 27
  52.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 20
  53.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 24
  54.  Source : Patrick de Gmeline, La duchesse d’Uzès, Paris, Perrin, 2002,p. 93-94.
  55. ↑ a et b Becq de Fouquières, Op. cit.p. 25
  56.  Rochegude, Op. cit.p. 86. Deux permis de construire avaient été délivrés les 10 décembre 1902 (hôtel particulier de deux étages) et12 mars 1904 (bâtiment de communs de trois étages).
  57.  « Oil Giants buy French Palaces [archive] », New York Times,9 décembre 1920
  58.  Georges Sorel, Giovanni Busino. Lettres de G. Sorel à L. Einaudi, E. Rod et R. Michels, Mil neuf cent. Revue d’histoire intellectuelle (Cahiers Georges Sorel), 1983, no 1, p. 91
  59.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 123
  60.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 26-27
  61.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 119-120
  62.  Née Wilhelmine Stéphanie Marie Rosalie Jeanne Jacobine Minna de Löwenthal (18451938), sœur de la duchesse Decazes, elle épousa en1866 le comte Marie François Régis Théodore Anthonin de Gouy d’Arsy (°1840), puis devenue veuve, se remaria en 1881 avec Ludovic Charles Marie Hébert de Beauvoir du Boscol (18461929), marquis de Beauvoir, diplomate, chef du service d’honneur du comte de Paris (Source :L’Intermédiaire des Chercheurs et des Curieuxno 962, 20 mars 1902,p. 407).
  63.  Jeanne Lebesque, née en 1879 d’Angélique Lebesque, épousa Jean de Gouy d’Arsy en 1903 au château d’Arc-en-Barrois.
  64.  Becq de Fouquières, Op. cit.p. 119
  65.  Site Web consacré à la manifestation [archive], consulté le 24 mai 2010

Bibliographie

  • Encyclopédie des gens du monde…Artaud de Montor, ed.Librairie de Treuttel et Würtz, 1835
  • Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Félix Lazare et Louis Lazare, 1844
  • Paris en miniature Guide pittoresque du voyageur, Felix Lemaistre, Garnier frères, 1856
  • Histoire de Paris: depuis le temps des Gaulois jusqu’à nos jours, Théophile Lavallée, ed.Michel Lévy frères, 1857
  • Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III, Charles Lefeuve, 1863
  • Les promenades de Paris, Adolphe Alphand, Emile Hochereau, ed.J. Rothschild, 1873
  • Le Paris du Baron Hausmann, P de Moncan, CH. Mahout, ed. Seesam-RCI, 1991
  • L’illusion monumentale: Paris, 1872-1936, Marilù Cantelli, Jacques Guillerme, ed. Mardaga, 1991
  • Les Champs-Élysées: trois siècles d’histoire, Roland Pozzo di Borgo, ed. La Martinière, 1997
  • Historia:Les Champs-Élysées au cœur de l’histoire, Christophe Courau, no 637, janvier 2000
  • Dictionnaire des monuments de Paris, Gilles Marchand, ed.Jean-paul Gisserot, 2003
  • Paris au temps des fiacres, Philippe Mellot, Hippolyte Blancart…, ed.de Borée, 2006
  • Flagrants délits sur les Champs-Élysées : Les dossiers de police du gardien Federici (1777-1791), Arlette Farge et Laurent Turcot, Gallimard, coll. Mercure de France, 2008.
  •  » Former une promenade publique : les Champs-Élysées au XVIIIe siècle « , Laurent Turcot, dans, La nature citadine au siècle des Lumières, promenades urbaines et villégiature, Paris, William Blake & Co., Coll. Centre Ledoux, Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, tome V, 2005, p. 50-60.
Sources

source wikipedia

Travail dominical: les magasins Bricorama d’IDF en appellent aux préfets

 

Créé le 02-11-2012

 PARIS (AFP) – Les magasins franciliens Bricorama, menacés de fermeture dominicale après le rejet par la justice de leur demande d’appel mercredi, s’adressent aux préfets, pour qu’ils réexaminent leurs demandes de dérogations, a annoncé vendredi l’enseigne de bricolage.

Le 31 octobre, la Cour d’appel de Versailles a contraint Bricorama à respecter la loi sur le travail dominical, en confirmant un jugement lui interdisant d’ouvrir ses magasins en Ile-de-France le dimanche sans dérogation, sous peine d’astreinte de 30.000 euros par établissement.

« Les directeurs des magasins Bricorama (…) sollicitent à nouveau des rendez-vous auprès des préfets pour le réexamen des demandes de dérogations exceptionnelles et temporaires pour l’ouverture dominicale jusqu’à ce que les problématiques liées à la distorsion de la concurrence, instaurées par la législation actuelle soient définitivement réglées », indique Bricorama dans un communiqué.

En effet, le directeur de l’enseigne Jean-Claude Bourrelier a déjà interpellé le président de la République, le gouvernement et les parlementaires, pour réclamer un changement de la loi qui régit les ouvertures le dimanche.

Il fait notamment valoir que le bricolage, troisième poste de loisirs des Français, est exclu de la liste des commerces autorisés à ouvrir le dimanche, contrairement à l’ameublement et au jardinage.

Dénonçant une « injustice », il ajoute que Bricorama est « le seul à être poursuivi », alors que nombre de ses concurrents sont ouverts le dimanche « en toute impunité depuis parfois plusieurs dizaines d’années ».

Dans son communiqué, Bricorama argue en outre qu’il en va de l’intérêts de ses collaborateurs, environ 300, volontaires, qui bénéficient d’une récupération et voient « leur salaire horaire de base multiplié par trois », en cas de travail dominical.

Un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire a déjà été convoqué pour le 7 novembre, indique le communiqué.

L’enseigne avait indiqué mercredi qu’elle envisageait « très sérieusement », sur les conseils de ses avocats, de fermer dès le 11 novembre ses 32 magasins d’Ile-de-France – qu’elle avait maintenus ouverts malgré l’interdiction – mais qu’elle devait d’abord consulter ses salariés

http://www.bricorama.fr/