Canada – Le magasin Ogilvy racheté par les Weston

Martin Vallières -La Presse le 31 juillet 2011

L’un des symboles du magasinage huppé de Montréal, le magasin Ogilvy de la rue Sainte-Catherine, passe de nouveau sous propriété torontoise, un an à peine après son achat par un groupe qui comprenait le Fonds de solidarité FTQ.

Le nouveau propriétaire d’Ogilvy est nul autre que la famille Weston de Toronto, déjà multimilliardaire du commerce de détail au Canada et au Royaume-Uni.

Au Canada, les Weston sont connus surtout pour leur participation majoritaire dans le géant alimentaire Loblaw, qui exploite notamment les supermarchés Maxi et Provigo au Québec.

Ils possèdent aussi un holding privé de commerces de détail, Selfridges, qui comprend des filiales comme le détaillant haut de gamme Holt Renfrew, au Canada, ainsi que les magasins à rayons Selfridges et Brown Thomas au Royaume-Uni.

C’est par l’entremise de leur société Selfridges que les Weston mettent la main sur Ogilvy, un détaillant de gamme supérieure établi au milieu du XIXe siècle par une riche famille montréalaise du même nom.

Par conséquent, Ogilvy se retrouve désormais sous la même propriété que l’un de ses principaux concurrents à Montréal, le chic magasin Holt Renfrew de la rue Sherbrooke.

Mais à la direction de Selfridges, à Toronto, on indique que les deux détaillants demeureront en gestion distincte, sinon concurrente pour certains articles et services offerts à leur clientèle.

«C’est notre philosophie d’affaires de garder chaque filiale en gestion distincte l’une de l’autre, même si nous avons plus d’un magasin dans un même marché», a expliqué Paul Gallagher, chef financier chez Selfridges, lors d’un entretien avec La Presse Affaires, hier.

«Chez Ogilvy, qui côtoie Holt Renfrew à Montréal depuis des décennies, ce sera donc «business au usual» après notre achat. Nous prendrons le temps d’accueillir ce nouveau membre de notre groupe de détaillants de distinction dans leur marché respectif.»

Quant aux projets d’expansion et de rénovations chez Ogilvy qui étaient envisagés par ses copropriétaires depuis un an, M. Gallagher en prévoit le suivi sur deux plans.

D’une part, le projet d’un nouveau magasin Ogilvy au quartier commercial DIX30 sur la Rive-Sud demeure courant.

«Nous sommes commis à ce projet, mais donc la réalisation dépend maintenant des échéanciers des gestionnaires de DIX30 «, a indiqué M. Gallagher.

D’autre part, à propos des travaux de rénovations intérieures chez Ogilvy, Selfridges entend se donner un peu de temps comme nouveau propriétaire afin d’en réévaluer les priorités et les moyens de réalisation.

« Nous avons certainement l’intention de maintenir et de rehausser l’attrait même d’Ogilvy dans son marché cible à Montréal, qui est dynamique et en croissance», selon Paul Gallagher.

Quant à la performance d’affaires d’Ogilvy, satisfaisante ou non, le chef financier de Selfridges préfère s’en tenir à la discrétion habituelle qui entoure les investissements d’affaires privés de la famille Weston.

Du côté des ex-copropriétaires d’Ogilvy, dont le Fonds de solidarité, on indique avoir fait une «très belle transaction» avec une revente du célèbre détaillant montréalais à la société Selfridges.

Il y a un an, au début de juillet 2010, la filiale immobilière du Fonds et des associés, dont la famille Bombardier, avaient acquis Ogilvy auprès d’une société immobilière de Toronto, Pysis Real Estate, qui le possédait depuis 10 ans.

Un an après cette transaction, la revente relativement rapide d’Ogilvy par le Fonds et ses associés est la conséquence d’une division de l’actif acquis en juillet 2010.

Ainsi, Selfridges achète le magasin Ogilvy comme tel, avec son immeuble historique et son fonds de commerce. La filiale immobilière du Fonds et ses associés demeurent propriétaires du terrain vacant, qui sépare l’édifice d’Ogilvy de celui de l’hôtel de la Montagne, dans une section très animée du centre-ville de Montréal.

Au Fonds de solidarité, on indique que ce terrain de 14 000 pieds carrés a été conservé à des fins de construction immobilière.

«Le zonage permet la construction d’un immeuble mixte [commercial et résidentiel] jusqu’à une hauteur de 22 étages. Ça fait partie de notre portefeuille de projets immobiliers au centre-ville «, indique Josée Lagacé, porte-parole du Fonds.

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